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Les échecs des élèves francophones augmentent de 50% pendant la pandémie

Le nombre de cours échoués par les élèves francophones a augmenté au Nouveau-Brunswick.

Des enfants suivent leurs cours à la maison.

La pandémie a forcé les élèves du secondaire au N.-B. à suivre leur enseignement en ligne une journée sur deux.

Photo : CBC/Tyson Koschik

François Vigneault

L'enseignement en ligne une journée sur deux pour les élèves des écoles secondaires du Nouveau-Brunswick semble avoir eu des effets néfastes sur leur apprentissage dans les trois districts scolaires francophones.

Selon des données obtenues par Radio-Canada, à la suite d'une demande d'accès à l'information auprès des trois districts scolaires francophones du Nouveau-Brunswick, le nombre d'échecs a augmenté de 50 % pendant le semestre de l'automne 2020 comparativement au premier semestre de 2019, soit avant la pandémie.

Toutes matières confondues, le nombre de cours échoués a grimpé de 463 à 699. Les maths, la physique, la chimie et les sciences sont les matières les plus touchées.

Les échecs doublent dans le Nord-Est

Dans le District scolaire francophone Nord-Ouest (DSFNO), le nombre d'échecs est passé de 67 à 91, alors que dans le District scolaire francophone Sud (DSFS), il est passé de 186 à 211.

Pour le District scolaire francophone Nord-Est (DSFNE), l'augmentation est encore plus marquée pour ce qui est du nombre de cours échoués. En fait, c'est presque le double, allant de 210 à 397 échecs.

Il faut faire attention, il ne faut pas trop extrapoler rapidement par rapport à ces résultats-là.

Une citation de :Marc Pelletier, directeur général du District scolaire francophone Nord-Est

Le directeur général du DSFNE, Marc Pelletier, croit qu'il y a plusieurs facteurs à analyser. Il souligne que l'année scolaire précédente, écourtée par la pandémie, a obligé les enseignants à effectuer un certain rattrapage au retour en classe en septembre dernier.

C'est difficile d'arriver à une conclusion parce qu'il y a une partie de ce semestre-là qui a été consacré à ce rattrapage-là, dit-il.

Marc Pelletier interviewé dans son bureau.

Marc Pelletier, directeur-général du District scolaire francophone Nord-Est.

Photo : Radio-Canada

Marc Pelletier ajoute qu'il ne faut pas trop s'attarder non plus à l'ampleur des chiffres.

Un élève peut peut-être échouer une matière, mais en réussir sept ou huit autres. Faudrait pas arriver comme à une conclusion qu'il y a des élèves qui ont échoué leur année, prévient-il.

Il reconnaît que la pandémie a sûrement joué un rôle dans la hausse des échecs cette année.

Il ne faudrait pas non plus négliger le fait qu'on a été dans une année COVID. Donc il y a certainement des habitudes qui ont changé chez nos élèves. Il y a des parents qui nous l'ont définitivement confirmé que c'était un petit peu plus difficile de motiver leur enfant.

Plusieurs distractions dans l'enseignement virtuel

Annette Hondas est une directrice d'école à la retraite qui offre depuis septembre un service de tutorat à des élèves qui en ont besoin. Elle accompagne certains élèves pendant qu'ils suivent un de leurs cours en ligne.

Annette Hondas pose à l'intérieur de son local où elle fait l'encadrement des élèves.

Annette Hondas a démarré en septembre le Centre d'apprentissage La Zone.

Photo : Radio-Canada / François Lejeune

Elle croit que cette augmentation du nombre d'échecs est notamment lié à un encadrement moins serré pour les élèves en mode virtuel.

Donc quand ils viennent puis qu'ils doivent établir leur propre horaire, établir l'organisation puis tout ça, je pense que ça devient un petit peu plus difficile sur la motivation des jeunes, souligne-t-elle.

Jacob Savoie, un élève de dixième année, estime lui aussi que l'enseignement en ligne exige beaucoup d'adaptation.

Moi j'ai un cours de math pendant l'heure du dîner. Donc la moitié du temps je suis en train de manger pendant que je fais mon cours de math puis quand tu manges, tu n'es pas 100 % en train de regarder ton écran et en train d'écouter le cours, témoigne-t-il.

Un deuxième semestre mieux réussi?

Le directeur général du DSFNE est confiant que la situation se soit améliorée au cours du deuxième semestre qui s'achève. Marc Pelletier croit qu'une certaine stabilité s'est installée et que les prochaines statistiques devraient le démontrer.

Il estime aussi que ces données aideront à mieux mesurer l'impact de la pandémie sur l'apprentissage des élèves du secondaire.

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