•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Télétravail : des massothérapeutes débordés

Une thérapeute masse le tendon d'Achilles d'un patient, qui est couché sur le ventre sur une table de massage.

La situation n’est toutefois pas Certaines cliniques cherchent toutefois encore à courtiser une nouvelle clientèle.

Photo : Getty Images / endopack

Marie-Ève Brassard

Le télétravail et le stress ont poussé plusieurs personnes à rechercher les soins d'un massothérapeute. Dans la région de Moncton, il est parfois difficile d'obtenir un rendez-vous dans une clinique ou un spa.

Au Spa Somanti, à Dieppe, l’attente a doublé depuis le début de la pandémie selon sa gérante, Julie Boudreau. On entend souvent des clients qui ont besoin de ce relâchement de stress là. C’est sûr que depuis la COVID-19 nos besoins ont augmenté (...). Il y a beaucoup de gens, parce qu’ils travaillent de la maison, ils ont le besoin de sortir (...). Puis ils n’ont pas nécessairement les bonnes chaises à la maison, ni la bonne posture, affirme-t-elle.

Julie Boudreau, souriant devant une étagère avec des produits d'esthétique.

Selon la gérante du Spa Somanti Julie Boudreau, la liste d'attente pour obtenir un rendez-vous de soir à doublé depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Alors qu’il fallait de deux à trois semaines avant de mettre la main sur un rendez-vous en soirée - les plus prisés par les clients - il faut maintenant prévoir de quatre à six semaines. Ainsi, l’horaire des trois massothérapeutes de l’entreprise est bien rempli.

L’attente est toutefois moins longue pour les rendez-vous de jour qui sont offerts dans un délai d’une à deux semaines.

Au Usva Spa Nordik, la massothérapie est l’un des services les plus recherchés par la clientèle.

Nous on ouvre nos calendriers de massothérapie et en fait de tous nos soins un mois à l’avance. Aussitôt qu’une date devient ouverte, la massothérapie est quelque chose qui se réserve presque instantanément, explique la propriétaire Geneviève Nolet. Les clients peuvent donc s’attendre à patienter jusqu’au début du mois prochain avant de pouvoir réserver un rendez-vous, une situation qui peut engendrer des frustrations, admet-elle.

Geneviève Nolet dans son bureau.

Geneviève Nolet est propriétaire du Usva Spa Nordik à Moncton.

Photo : Radio-Canada

Par contre, Mme Nolet n’attribue pas la demande directement à la pandémie. Pour des raisons d’affaires, le spa a décidé de réduire le nombre de massothérapeutes qu’il emploie dans le but de diversifier ses services.

L’entreprise compte actuellement sur les services d’une seule massothérapeute à temps plein, et le retour d’une seconde qui est en congé de maternité, mais souhaite embaucher une autre personne d’ici l’automne afin de répondre à la demande.

Une attente causée par plusieurs facteurs

Cette situation est attribuable à plusieurs causes dont le petit nombre de professionnels dans la province selon la présidente de l'Association néo-brunswickoise des massothérapeutes du Nouveau-Brunswick, Christine Léger.

La province compte actuellement 705 professionnels, mais ce n’est pas assez selon Mme Léger. Une massothérapeute qui fait cinq clients par jour peut seulement masser 25 personnes dedans une semaine, explique-t-elle.

Parmi quatre provinces réglementées par la Fédération des autorités de réglementation en massothérapie du Canada, le Nouveau-Brunswick se classe troisième en ce qui concerne le nombre de massothérapeutes par tranche de 100 000 personnes, derrière la Colombie-Britannique et l'Ontario.

Christine Léger souhaiterait que le métier soit davantage publicisé auprès des jeunes, mais aussi des moins jeunes qui désirent effectuer un changement de carrière ou tout simplement ajouter une corde à leur arc. Étant aussi professeur au Collège Atlantique de Massage Thérapeutique, Christine Léger témoigne avoir eu dans ses classes plusieurs professionnels de la santé comme des kinésiologues et des infirmières.

La pandémie a aussi eu un impact sur le nombre de clients qui ont pu être traités selon elle, surtout dans les plus gros établissements. En plus des phases de fermeture complète, le respect des mesures sanitaires a forcé les professionnels à être moins nombreux dans leur espace de travail et à nettoyer en profondeur leur salle et leur équipement après chaque client.

Encore des places

La situation n’est toutefois pas généralisée puisque certaines cliniques cherchent encore à courtiser une nouvelle clientèle. C’est le cas de la clinique Mendlife à Moncton, dont le propriétaire Aarron Murray s’est associé avec Jolène Arseneault en janvier dernier.

M. Murray affirme que des cases horaires sont libres dès la semaine suivante à sa clinique. Même son de cloche du côté de son associée. La jeune femme est massothérapeute depuis quatre ans déjà, mais elle s’est beaucoup déplacée dans la province, donc sa clientèle est à rebâtir.

Jolène Arseneault à l'extérieur devant un immeuble.

Jolène Arseneault est massothérapeute depuis quatre ans. Elle cherche à développer sa clientèle à Moncton.

Photo : Radio-Canada

Elle fait aussi remarquer que la massothérapie, comme la coiffure, est le genre d’industrie dans lequel le bouche-à-oreille joue un rôle crucial pour développer la clientèle. Le monde a peur de l’inconnu, puis c’est avec des références que les gens vont venir nous voir.

Elle continue donc de plancher sur des initiatives, avec son collaborateur, qui donneraient envie à de nouveaux clients de venir lui rendre visite en clinique.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !