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Un homme meurt après s'être rendu trois fois à l'hôpital en 24 heures

Rocky Whitford et son fils.

Rocky Whitford avec son fils en août 2019.

Photo : Gracieuseté de Kellie Burgis

Radio-Canada

Un homme autochtone originaire de l’Alberta est mort dans les toilettes de l’Hôpital mémorial G.R.-Baker, à Quesnel, en Colombie-Britannique, le mois dernier. Sa conjointe affirme que l'hôpital ne l’a pas soigné malgré le fait qu’il avait fait part de pensées suicidaires à plusieurs reprises.

Kellie Burgis explique que Rocky Whitford, âgé de 37 ans, son conjoint depuis sept ans et le père de son enfant, cherchait de l'aide lorsqu'il s'est rendu à l'hôpital trois fois en moins de 24 heures durant un voyage en famille, mais qu'il n'a pas été ni soigné ni admis dans l'établissement.

D'après elle, la famille de M. Whitford pense que ses préoccupations n'ont pas été prises au sérieux en partie parce qu'il est Autochtone, membre de la Première Nation Alexander, dans le centre de l'Alberta.

Mme Burgis précise qu’un changement s’est produit il y a quelques semaines chez M. Whitford. Il semblait plus déprimé. Il ne voulait pas autant sortir de la maison, dit-elle.

Il a été transporté à l'hôpital de St. Paul, en Alberta, près de son domicile à Lac La Biche, mais a rapidement reçu son congé après que le personnel médical lui a dit qu'il ne pouvait rien faire pour lui.

Mme Burgis a suggéré un voyage à Quesnel, en Colombie-Britannique, pour voir sa famille, espérant qu'un changement de lieu pourrait l'aider. Or il a demandé à se rendre à l'hôpital dès leur arrivée, le 12 mai. Le médecin qui l'a vu hésitait à lui faire une prescription, car sa famille et lui n'allaient pas rester longtemps sur place, dit-elle.

M. Whitford n'arrêtait pas de dire qu'il voulait être emmené dans une pièce pouvant être fermée à clé, où il serait en sécurité. D'après Kellie Burgis, les membres du personnel ont initialement refusé, mais, en fin de compte, ils les ont assurés qu'ils allaient le faire. M. Whitford s'est calmé en croyant qu'il avait trouvé un endroit sûr et a dit à sa conjointe de partir avec leur enfant de 4 ans.

Quelques heures plus tard, un médecin de l'hôpital a appelé pour dire que M. Whitford était parti, que la police avait été appelée et qu'elle craignait qu'il ne soit un danger pour lui-même et pour les autres.

M. Whitford a appelé sa compagne le lendemain matin pour lui dire qu'il avait attendu des heures, mais qu'il n'avait jamais été emmené en lieu sûr, et donc, qu'il était parti. Elle l'a convaincu de retourner à l'hôpital et, à 8 h 30, elle a été appelée pour aller le chercher.

Il m'a dit qu'il ne viendrait pas avec nous. Que c'était fait. C'était fini. Il n'y avait plus rien à faire, raconte Mme Burgis, ajoutant qu'il est parti à pied.

Vers 20 h, elle a reçu un appel de la police. Celle-ci lui a dit que son mari s'était suicidé dans les toilettes après être retourné à l'hôpital pour une troisième fois cet après-midi-là.

Où obtenir de l'aide :

Enquêtes en cours

Le Service des coroners confirme qu'il enquête sur un décès à l'hôpital de Quesnel le 13 mai, mais ne divulgue pas la cause du décès.

La Régie de la santé du Nord confirme que le coroner a été appelé à ce sujet. Chaque fois qu'il y a un décès inattendu dans un établissement de santé, nous procédons à un examen des circonstances. À partir de l'examen, nous pouvons voir s'il y a quelque chose que nous pouvons apprendre pour l'avenir , indique-t-elle dans un communiqué.

Un porte-parole précise que les informations sur les patients sont confidentielles, mais qu'en général une personne ayant des pensées suicidaires serait évaluée par un médecin urgentiste en collaboration avec l'unité psychiatrique pour déterminer un traitement.

Le ministère de la Santé dit qu'il ne peut pas commenter l'affaire en raison du respect de la vie privée, mais qu'il est conscient que la régie enquête. Il ajoute qu'il s'engage à fournir des soins sûrs, de haute qualité, accessibles et culturellement appropriés pour tous les peuples.

Des experts disent qu'il existe encore de nombreux obstacles pour les gens qui recherchent un traitement de santé mentale.

Maureen David, directrice générale de la filiale du nord de la province de l'Association canadienne pour la santé mentale, dit qu’une réponse adéquate est cruciale lorsque les gens en arrivent à demander de l’aide.

Même si l'aide n'est pas immédiatement disponible, un soutien, une assurance qu'ils sont sur la bonne voie peuvent suffire à aider les gens à se dire : "D'accord, je peux attendre un peu plus longtemps."

Mme Burgis envisage de déposer une plainte officielle auprès de la Régie de la santé.

Il est allé demander de l'aide plusieurs fois et on ne l'a jamais aidé, déplore-t-elle. J'espère juste que cela pourra être différent pour d'autres familles à l'avenir.

Avec les informations de Susana da Silva

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