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L’Ontario pas entièrement satisfait par l’assouplissement aux frontières

Des voyageurs qui arrivent à l'aéroport Pearson avec leurs bagages. Une voyageuse porte un masque.

À partir du début juillet, les personnes complètement vaccinées n'auront plus à s'isoler à l'hôtel.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Le bureau de la solliciteure générale de l’Ontario s’est dit « heureux » mercredi de la décision d’Ottawa de lever prochainement la quarantaine obligatoire à l'hôtel pour les voyageurs canadiens et résidents permanents complètement vaccinés revenant de l’étranger par avion.

Le gouvernement Ford continue toutefois d’exiger un renforcement de la quarantaine pour le reste des voyageurs.

Cela inclut les personnes non vaccinées et celles qui n'ont reçu qu'une dose qui rentrent au pays par avion.

Ces voyageurs demeureront assujettis aux règles en vigueur actuellement, à savoir une quarantaine obligatoire de 14 jours, dont les trois premiers dans un hôtel désigné et aux frais de la personne.

La province insiste depuis plusieurs semaines pour qu’Ottawa fasse appliquer ces mêmes règles aux personnes qui reviennent au Canada par voie terrestre ou maritime, mettant en avant la menace que pose l’entrée au pays des différents variants de la COVID-19.

La semaine dernière, l’Ontario avait envoyé au fédéral des recommandations sur des changements aux règles sanitaires pour les voyageurs de retour au Canada.

Si l’autorisation pour les voyageurs internationaux admissibles d’entrer satisfait à l’une des requêtes ontariennes, l’absence de changements aux exigences sanitaires appliquées aux autres voyageurs continue de poser problème au gouvernement Ford.

L'annonce d'aujourd'hui ne fait rien pour contenir les risques sérieux posés par les voyageurs non vaccinés ou partiellement vaccinés. Le gouvernement fédéral doit mettre en œuvre rapidement une approche de dépistage et de quarantaine efficace, appliquée et cohérente à tous les points d'arrivée, qu'ils soient terrestres, aériens ou maritimes.

Une citation de :Porte-parole de la solliciteure générale de l’Ontario, dans un courriel à Radio-Canada

La frontière utilisée comme diversion par Ford?

Le premier ministre Doug Ford a accusé à plusieurs reprises le gouvernement Trudeau de ne pas en faire assez pour empêcher la COVID-19 d'entrer au Canada par des voyageurs en provenance de l'étranger. Il estime que la troisième vague de la pandémie est en grande partie due à des frontières poreuses.

C’est sur cet argumentaire que le chef progressiste-conservateur a notamment justifié le prolongement de la fermeture des écoles, la semaine dernière. Même chose plus tôt dans l’année, lorsqu’il essuyait des critiques sur son refus d’accorder des congés de maladie payés pour les travailleurs infectés par le coronavirus. Une requête que son gouvernement a finalement approuvée fin avril.

Justin Trudeau de profil dans un halo de lumière en conférence de presse.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, estime que Doug Ford utilise la question des restrictions aux frontières comme une façon de détourner l'attention de sa gestion de la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Justin Trudeau a répondu vendredi que ces attaques répétées relevaient d’une tentative de Doug Ford de détourner les critiques de sa gestion de la pandémie.

Je sais que la pression monte sur le premier ministre Ford, et c'est toujours une chose facile d'essayer de détourner [l’attention] et de pointer du doigt, a-t-il déclaré lors d’un séminaire organisé par l’Université Ryerson de Toronto.

Lors d’une entrevue avec Radio-Canada, la politologue Geneviève Tellier a décrypté l’attitude du leadership ontarien avec la même lentille.

On a l’impression depuis plusieurs mois que M. Ford a des difficultés à gérer la crise et il ne veut surtout pas être blâmé pour ça puis essaie de trouver d’autres responsables de la crise pour dire du fédéral, oui, c’est lui qui est pas assez sévère. C’est une façon pour M. Ford de s’éloigner lui-même de la responsabilité de ce qui se passe en Ontario.

Une citation de :Geneviève Tellier, professeure à l'École d'études politiques à l'Université d'Ottawa

Par ailleurs, Mme Tellier a relevé une contradiction chez le premier ministre Ford, alors que l’Ontario va amorcer son déconfinement le 11 juin. Est-ce qu’on veut déconfiner? Si oui, on déconfine, ce qui veut dire à un moment donné on ouvre les frontières, et si on le fait, on pourra plus continuer à attaquer le gouvernement fédéral.

De son côté, Justin Trudeau a régulièrement invité le Cabinet Ford à lui faire parvenir ses demandes par lettre officielle. Au cours de l’hiver et au printemps, selon Doug Ford, l’Ontario a envoyé quatre demandes au sujet des contrôles aux frontières qui n'ont amené aucun changement.

Il y a un peu ce jeu de, c’est pas à moi d’être blâmé, c’est à l’autre, donc il y a cette petite joute politique qu’on sent entre le fédéral et l’Ontario, a avancé Geneviève Tellier.

Les prochaines échéances électorales, possiblement à l'automne pour le fédéral, puis en 2022 en Ontario, pourraient enfin jouer un rôle dans la relation qu'entretiennent les deux leaders, a-t-elle souligné.

Avec les informations de CBC News

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