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Les États-Unis devraient donner 500 millions de doses de vaccin à d'autres pays

Une fiole du vaccin de Pfizer-BioNTech et des seringues

L'administration Biden achètera des centaines de millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech dans le but de les donner à d'autres États, rapportent plusieurs médias américains.

Photo : Reuters / Yves Herman

Exhortée à faire davantage pour aider les pays pauvres à juguler la pandémie, l'administration Biden partagera 500 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19, ont indiqué mercredi de nombreux médias américains.

Le président Biden devrait en faire l'annonce jeudi, au premier jour du sommet du G7, qui se tiendra dans les Cornouailles, dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne, du 11 au 13 juin.

Les millions de doses seront partagées dans le cadre du mécanisme de redistribution internationale des vaccins contre le coronavirus COVAX, codirigé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon les sources du New York Times, premier média à rapporter la nouvelle, et de l'Associated Press, 200 millions de doses du vaccin seraient distribuées cette année, et 300 millions le seraient dans la première moitié de 2022. Le vaccin de Pfizer et BioNTech nécessite deux doses.

Interrogé par les journalistes sur une éventuelle stratégie de vaccination de la Maison-Blanche pour la communauté internationale à son départ pour l'Europe, Joe Biden y a fait allusion, sans donner de détails. J'en ai une, et je vais l'annoncer, a-t-il répondu avant de monter à bord d'Air Force One pour son premier voyage présidentiel à l'étranger.

Nous devons mettre fin à la COVID-19, pas seulement chez nous – ce que nous faisons –, mais partout, a-t-il déclaré ensuite, après son arrivée au Royaume-Uni au cours d'une allocution prononcée à la base aérienne de Mildenhall devant des militaires américains.

Critiquée pour avoir tardé à partager ses vaccins avec le reste du monde, la Maison-Blanche tente désormais de se poser en leader sur ce dossier.

Le président américain s'est récemment engagé à envoyer à l'étranger 80 millions de doses d'ici la fin du mois. Les trois quarts doivent passer par le COVAX, le reste doit être réservé à des situations de crise comme celles vécues par l'Inde ou les territoires palestiniens, et aux pays voisins.

La semaine dernière, Joe Biden a précisé que 25 millions de doses seraient envoyées en priorité aux pays d'Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie du Sud et du Sud-Est, ainsi que de l’Afrique.

En mai, son administration s'était dite favorable à la levée des brevets sur les vaccins contre la COVID-19 pour aider à juguler la pandémie le plus rapidement possible.

L'OMS estime à 11 milliards le nombre de doses nécessaires à la vaccination de la population mondiale.

Plaidoyer auprès du G7

Des organisations comme l'OMS ou l'UNICEF exercent de fortes pressions sur les États-Unis, mais aussi sur les autres pays riches, accusés d'accaparer les vaccins au détriment des pays pauvres et appelés à faire davantage pour combler les disparités.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab a déjà précisé que l'accès équitable aux vaccins COVID-19 serait l'un des principaux enjeux abordés au cours du sommet du G7.

À l'aube de cette réunion, des experts de l'ONU ont appelé les pays membres à la solidarité, les pressant de garantir l'accès aux vaccins dans les pays en développement. Des milliards de personnes dans les pays du Sud sont laissées pour compte, ont-ils déploré dans un communiqué.

Une centaine d'anciens leaders – présidents, premiers ministres et ministres des Affaires étrangères – ont eux aussi appelé récemment les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, le Japon et l'Italie à aider les pays pauvres dans leurs efforts de vaccination.

Au cours des derniers mois, plusieurs organisations ont dénoncé la mainmise des pays riches sur les vaccins. Amnistie internationale les a par exemple accusés d'avoir établi un « quasi-monopole » sur les approvisionnements en vaccins.

Cela laisse les pays avec le moins de ressources confrontés aux pires conséquences en matière de santé et de droits de la personne, et donc aux perturbations économiques et sociales les plus longues, déplorait en avril l'organisation de défense des droits de la personne dans son rapport annuel.

Un fossé immense

Deux hommes transportent des boîtes de doses de vaccins à bord d'un véhicule sur le tarmac de l'aéroport d'Accra.

La première cargaison de vaccins contre la COVID-19 du programme COVAX est arrivée à l'aéroport d'Accra, au Ghana, le 24 février 2021.

Photo : AFP / Nipah Dennis

Près de 1 milliard de personnes à travers le monde ont jusqu'ici reçu au moins une première dose du vaccin contre la COVID-19, soit 11,6 % de la population mondiale. La fracture entre les nations déshéritées et les pays riches dans cette course à la vaccination est néanmoins profonde.

Sur le 1,8 milliard de doses administrées, l'OMS évaluait la semaine dernière que seulement 0,4 % l'avaient été dans les pays à faible revenu. Une situation que son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifiée d'inacceptable d'un point de vue éthique, épidémiologique et économique.

Si les quantités de doses achetées par certains pays riches, comme le Canada, dépassent largement les besoins de leur population, les pays à faible revenu peinent à obtenir des vaccins.

Israël, en tête de peloton, a déjà pu administrer deux doses à près de 60 % de sa population, alors qu'Haïti, par exemple, n’attend ses premières doses qu’à la fin du mois de juin.

Lundi, l'OMS a demandé aux fabricants de vaccins de mettre à disposition du COVAX la moitié de leur production de doses cette année. En février, son directeur général avait accusé certains pays riches de « saper » ce système en persistant à s'adresser directement aux pharmaceutiques pour avoir accès à davantage de doses.

Le COVAX vise à fournir cette année des vaccins à 20 % de la population de quelque 200 pays et territoires participants, mais il comporte surtout un mécanisme de financement qui permet à 92 économies à faible et moyen revenu d'y avoir accès.

Au 4 juin, ce programme international a permis de livrer plus de 80 millions de doses dans 129 pays et territoires. Même s'il est un pays riche, le Canada a lui-même pu en bénéficier.

Un an et demi après l'apparition du premier cas connu de COVID-19 en Chine, le coronavirus a tué au moins 3,75 millions de personnes sur l'ensemble de la planète et contaminé officiellement près de 175 millions de personnes, selon les données colligées par l'Université Johns Hopkins.

Les cas sont cependant sous-évalués, entre autres à cause de la faible capacité de certains pays à effectuer des tests de dépistage, des difficultés initiales des pays riches à administrer les tests et du fait que certains régimes embellissent volontairement leurs statistiques nationales.

Avec les informations de New York Times, Associated Press, et Agence France-Presse

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