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Crise des opioïdes : l’Alberta testera la naloxone sous forme de vaporisateur nasal

Une main ouverte présente un emballage de naloxone en vaporisateur.

La naloxone en vaporisateur nasal est plus facile à utiliser que celle à injecter, affirme le ministre adjoint de la Santé mentale et des Dépendance (archives).

Photo : Associated Press / G-Jun Yam

Radio-Canada

À compter du 15 juin, un organisme d’Edmonton distribuera des trousses contenant un vaporisateur nasal de naloxone pour les victimes de surdose d'opioïdes.

Le ministre albertain adjoint de la Santé mentale et des Dépendances, Jason Luan, en a fait l’annonce mercredi au cours d’une conférence de presse.

Un budget de 1,5 million de dollars est prévu pour ce projet pilote qui durera un an.

La crise des opioïdes est un problème tragique et complexe [...], mais nous pouvons en faire davantage, a affirmé le ministre adjoint de la Santé en conférence de presse mercredi.

Pour commencer, ces trousses seront offertes au centre George-Spady, à Edmonton, pour les personnes qui sont à risque de faire une surdose ou d‘être en être témoin, a expliqué M. Luan.

Dans un second temps, d’autres organismes d'Edmonton en distribueront également.

Les vaporisateurs sont plus faciles à utiliser, selon le ministre adjoint.

Ce projet pilote ne remet pas en question le programme existant et les trousses disponibles partout dans la province qui contiennent de la naloxone à injecter.

D’après le gouvernement, plus de 350 000 trousses ont été distribuées depuis le début de 2016, et elles ont permis d’annuler les effets d’au moins 26 000 surdoses aux opioïdes,

Dans un an, le gouvernement évaluera le projet pilote.

Le chef du Service de police d’Edmonton, Dale McFee, salue l’initiative de la province.

La crise des opiacés ne touche pas seulement les individus concernés. Elle touche toute la communauté. [...] L’application [de la loi] n’est pas suffisante pour faire face au danger immédiat auquel font face les gens, dit-il.

Des lits supplémentaires

En parallèle, le gouvernement albertain va financer 35 lits de désintoxication médicaux au sein du centre George-Spady. Les lits sont déjà offerts depuis le mois d'août 2020.

Le financement est de 2,1 millions de dollars en trois ans.

Selon M. Luan, cela permettra à environ 4500 personnes en Alberta de recevoir les soins dont elles ont besoin.

Nous nous engageons à assurer à toute la population albertaine l'accès à un large éventail de services dans son parcours pour sortir de la dépendance, de la prévention au traitement, en passant par l’intervention et le rétablissement, a déclaré Jason Luan dans un communiqué de presse.

Un médicament coûteux

La professeure adjointe à l'École de santé publique de l'Université de l'Alberta Elaine Hyshka pense que la stratégie du gouvernement n’est pas la bonne.

Le fait d'avoir plus de lits de désintoxication est toujours positif [...], mais ces lits ne peuvent pas remplacer les maisons. Nous savons que l’itinérance est un grand facteur de risque pour les personnes qui consomment de la drogue dans les villes, explique-t-elle.

Ces lits n'engendreront pas un déclin significatif des surdoses dans la province.

Une citation de :Elaine Hyshka, professeure adjointe à l'École de santé publique de l'Université de l'Alberta

Elle ajoute que le vaporisateur nasal de naloxone est facile d’utilisation, mais qu’il coûte très cher. Une trousse contenant deux doses coûte 150 $, comparativement à 40 $ pour une trousse de naloxone injectable contenant elle aussi deux doses.

Les gens ne sont pas réticents à l’idée de se faire les injections, surtout ceux qui sont à haut risque de surdose et qui utilisent déjà des drogues injectables, précise Elaine Hyshka.

Un programme insuffisant

Selon l’opposition officielle, le programme pilote annoncé par la province est loin d’être suffisant pour contrer la crise des opioïdes que vit l’Alberta.

Selon la porte-parole de l'opposition néo-démocrate en matière de santé mentale et de toxicomanie, Lori Sigurdson, 123 personnes sont mortes d’une surdose en Alberta au mois de mars, ce qui représente une augmentation de 50 % par rapport à l’année précédente.

Elle ajoute que, chaque jour, environ 4 personnes meurent de surdose dans la province.

Cette crise exige qu’on s’y attaque à l’échelle de la province, dit-elle.

Lori Sigurdson accuse également la province de minimiser l’importance d’une stratégie de réduction des méfaits, comme la mise sur pied de plus de centres de consommation supervisée afin de prévenir les surdoses.

Le Parti conservateur uni continue de fermer des services de réduction des méfaits alors qu’ils devraient en fournir davantage, dit-elle.

Les investissements ne sont pas faits au bon endroit et c’est pourquoi les gens continuent de mourir, déplore quant à elle Elaine Hyshka.

Avec les informations de Travis McEwan

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