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Memramcook : de l’autosuffisance à l’agrotourisme

Une nouvelle destination agrotouristique se dessine dans l'est du pays : Memramcook, au Nouveau-Brunswick.

À gauche, Guillaume Lépine, une pelle à la main, enlace sa copine, Isabelle, qui tient un râteau.

Guillaume Lépine et Isabelle Éthier-Séguin visent l'autosuffisance alimentaire.

Photo : Maude Montembeault

Plusieurs jeunes, amateurs d'agriculture et fervents d'autosuffisance alimentaire se sont récemment installés dans la vallée de Memramcook. Une communauté s'y tisse et rêve d'en faire un arrêt agrotouristique incontournable du Nouveau-Brunswick.

L'intégrité du paysage agricole et la rivière Petitcodiac, aux flancs des collines, qui se gonfle et se dégonfle au gré des marées, ont séduit Isabelle Éthier-Séguin et Guillaume Lépine. Le couple de Québécois s’est installé à Memramcook à la fin de 2019. C’est l’emploi de Guillaume, à l’Université de Moncton, qui explique leur déménagement.

Des terres agricoles bordent la route de campagne. Un homme à bord d'un tracteur tond sa pelouse.

Memramcook compte 4000 habitants

Photo : Pierre A. Richard

S’ils ont choisi de s’établir à la campagne, à 30 minutes de Moncton, c’est notamment pour faciliter leur désir de tendre vers l'autosuffisance alimentaire. Personnellement, ça a de moins en moins de sens d’aller acheter des produits qui viennent du Pérou dans une grande chaîne, confie Isabelle.

Guillaume et Isabelle marchent dans les rangs de leur potager pour voir l'état de leurs plants. L'ail et la rhubarbe sont bien visibles.

Guillaume Lépine et Isabelle Éthier Lépine ont notamment planté de l'ail et de la rhubarbe dans le potager derrière leur maison.

Photo : Maude Montembeault

Avec leur véhicule tout terrain qu’ils ont baptisé Réjean, ils tracent les planches d’un de leurs trois potagers. Pendant ce temps, leurs quatre poules brunes picorent aux alentours. Elles portent toutes des noms en référence à des politiciens de la province. Blainette Eggs, par exemple, est un clin d'œil au premier ministre de la province.

Gros plan d'une poule brune dans les bras d'une femme.

Guillaume Lépine et Isabelle Éthier-Séguin ont surnommé une de leurs poules Blainette Eggs

Photo : Pierre A. Richard

On a senti qu’il y a un potentiel, on a senti qu’il y avait de l’espace pour développer des projets, explique Guillaume.

En plus du potager, ils plantent des fleurs dans un jardin. Isabelle est fleuriste et caresse un rêve : elle imagine, dans quelques années, que des visiteurs puissent s’arrêter chez eux pour en cueillir.

Il y a d’autres gens qui se sont installés ici avec les mêmes intentions. Je trouve que ça a comme catalysé un désir. Notre désir de faire partie de ce genre de communauté.

Une citation de :Isabelle Éthier-Séguin, fleuriste
Guy Gautreau est assis sur un tracteur devant des rangées d'arbres fruitiers

Guy Gautreau, agriculteur de Memramcook, est copropriétaire de la ferme Jolivent

Photo : Maude Montembeault

Pour ceux qui ont grandi dans le coin, comme Guy Gautreau, la pandémie confirme leur choix pour le monde rural et l'autosuffisance. En 2018, avec l’aide de sa famille, il a planté 2000 arbres fruitiers en culture biologique : poires, prunes et pommes.

Il sent naître un réel esprit de communauté. Le père de famille, à l’aube de la quarantaine, observe de plus en plus de nouveaux arrivants intéressés par l'agriculture. Ils échangent, s’encouragent et voient le même potentiel pour Memramcook.

Gros plan sur les fleurs d'un pommier

Le verger Belliveau fait partie des entreprises agrotouristiques les plus connues de la vallée de Memramcook

Photo : Maude Montembeault

Au même titre que le Prince Edward County, en Ontario, l'île d'Orléans, au Québec, ou la vallée d’Annapolis, en Nouvelle-Écosse, ils sont nombreux à croire au potentiel agrotouristique de Memramcook comme destination incontournable.

Le coin est déjà connu localement pour ses nombreux vergers. Dans les trois dernières années, des fermes de camerises et de légumes asiatiques ont poussé, en plus de jardins de production de fleurs.

Avec son tracteur, Guy Gautreau désherbe les pieds de ses arbres.

Guy Gautreau a planifié son projet de verger en culture biologique avant de planter les premiers arbres en 2018.

Photo : Maude Montembeault

Guy Gautreau voudrait à terme être un des arrêts pour les visiteurs friands d'agrotourisme.

Non loin de chez Isabelle et Guillaume, c’est un jardin en permaculture, comprenant des dizaines de variétés d’arbres fruitiers et d’arbres à noix qui poussent. Son propriétaire, Guillaume Fortin, est climatologue de formation. Il est bien placé pour comprendre l’impact de la consommation sur les changements climatiques.

Guillaume Fortin est debout devant un rang de ciboulette. Des arbres fruitiers sont plus loin.

Guillaume Fortin et sa famille ont acheté une terre à Memramcook afin d'y tester un jardin en permaculture.

Photo : Maude Montembeault

Le scientifique vise également l'autosuffisance en matière de fruits, pour sa part. Avec ses petits fruits frais, congelés, en conserve et séchés, il produit aussi des boissons alcoolisées. Son expertise est mise à contribution.

J’aimerais faire une contribution dans la communauté, m’impliquer en partageant mes connaissances. Qu’est-ce qui fonctionne bien, qu’est-ce qui ne fonctionne pas bien? Faire des tests, confie le professeur titulaire en géographie.

Si la pandémie a encouragé un virage vers l'autosuffisance, elle a surtout fait réaliser aux citoyens de Memramcook la beauté de leur coin de pays. Ils souhaitent que ce soit au tour des autres Canadiens d'apprécier son décor et ses saveurs.

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