•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les régions rurales de l'Alberta peinent à vacciner leur population

L'intérieur d'une pharmacie.

Quelque 16 000 habitants sont pris en compte par Services de santé Alberta dans la zone médicale d’Edson.

Photo : Radio-Canada / DANIELLE KADJO

Dans certaines communautés rurales de l’Alberta, les résidents âgés de plus de 12 ans ne sont qu'environ 20 % à avoir obtenu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, alors que la moyenne est de 67 % dans l’ensemble de la province. Entre méfiance, hésitation et accessibilité, de nombreux facteurs entrent en jeu dans ces collectivités.

À Edson, une municipalité rurale située à environ 200 kilomètres à l’ouest d’Edmonton, la communauté est partagée à l’idée de se faire vacciner ou non contre la maladie.

C’est très délicat, explique Sabia Saincher, qui y dirige une pharmacie offrant la vaccination.

J’ai du mal à convaincre ceux qui ont des idées préconçues sur la vaccination, mais nous faisons de notre mieux pour changer les mentalités.

Une citation de :Sabia Saincher, pharmacienne à Edson
Sabia Saincher, pharmacienne à Edson.

Sabia Saincher estime tout de même que la vaccination va bon train dans sa région.

Photo : Radio-Canada / DANIELLE KADJO

Disparités importantes

Quelque 16 000 habitants sont pris en compte par Services de santé Alberta (AHS) dans la zone médicale d’Edson, au centre de la province.

Mardi, 53,8 % des résidents de plus de 12 ans y avaient reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19. Ce pourcentage diminue considérablement dans les municipalités rurales situées loin des grandes villes comme Calgary ou Edmonton.

La zone de High Level, dans le nord de la province, affiche le plus bas taux de couverture vaccinale des plus de 12 ans, 18,7 % d'entre eux ayant reçu une première dose de vaccin. Ce taux tombe à 13,4 % quand on prend en compte toutes les tranches d’âges.

L’approvisionnement en vaccins n’est pas un problème 

La médecin hygiéniste en chef de la zone centre, Ifeoma Achebe, explique difficilement l'écart entre les zones urbaines et les zones rurales. Elle note cependant que la situation était similaire avant la pandémie pour ce qui est de l'administration des vaccins.

L’approvisionnement en vaccins n’est pas un problème, dit-elle. Les zones reçoivent chacune les mêmes approvisionnements en fonction de leur population. Le problème est le nombre de personnes qui veulent bien en bénéficier et se faire vacciner.

Cela varie d’un endroit à l’autre, mais le taux de vaccination n’est pas au niveau où nous aimerions qu’il soit.

Une citation de :Ifeoma Achebe, médecin hygiéniste en chef de la zone centre

Facteurs multiples

Dans la municipalité rurale d’Edson, certains habitants estiment que le vaccin a été développé trop rapidement pour être sans danger. D’autres disent rencontrer des obstacles en ce qui a trait à son accessibilité.

Ils évoquent notamment le fait de ne pas avoir de téléphone pour prendre rendez-vous ou de vivre en dehors de la municipalité dans laquelle ils doivent se rendre pour se faire vacciner dans une pharmacie qui administre les vaccins ou au centre de santé communautaire d'AHS.

C’est le cas d’un passant interrogé par hasard qui ignorait que la pharmacie dont il venait de sortir offrait le vaccin contre la COVID-19, alors qu’il expliquait ne pas savoir où aller pour se le procurer. Il y est retourné immédiatement et en est ressorti, tout sourire, avec un rendez-vous pour le lendemain.

Nous savons qu'il y a plus de travail à faire et nous continuerons d'élargir l'accès [à la vaccination], a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé, Tom McMillan.

Selon lui, la province travaille avec ses partenaires, dont les Premières Nations et le gouvernement fédéral, pour offrir davantage de cliniques temporaires et d'autres outils au cours des prochaines semaines.

La municipalité d'Edson.

Le 8 juin, 53,8 % des résidents de 12 ans et plus de la zone d'Edson avaient reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / DANIELLE KADJO

Ce n’est pas si inhabituel, dit un expert

Un professeur en sciences politiques à l’Université de Lethbridge, Lars Hallstrom, constate que cette disparité existe depuis toujours.

La vraie question, dit-il, se divise en quatre grands axes : culturel, idéologique, comportemental et social, dans le cas des régions éloignées et isolées.

Il estime que le fait que la COVID-19 a tardé à se propager dans les communautés rurales a joué un rôle important dans cette situation, ce qui a fait croire aux gens que le virus n’était pas dangereux et que la vaccination était encore moins nécessaire. Il y a encore des problèmes en ce qui concerne le port du masque, la vaccination, l’hésitation et ceux qui essaient de gagner du temps , dit Lars Hallstrom.

Nous savons que le simple fait de donner aux gens des preuves de l'efficacité et de l'innocuité des vaccins ne fonctionne pas.

Une citation de :Lars Hallstrom, professeur en sciences politiques à l’Université de Lethbridge

Problèmes structurels plus grands

Lars Hallstrom croit aussi qu'il existe des problèmes structurels plus importants, que le niveau d'éducation entre en jeu, tout comme le manque d’accès aux soins de santé, qui peut être un facteur aggravant.

Il ajoute que les habitants des régions rurales, en particulier ceux d'un certain âge, ont tendance à retarder leurs visites chez leur médecin pour demander des soins de santé ou simplement recourir au système de santé de manière plus large. Ainsi, lorsqu'on commence à additionner ces éléments, on se retrouve avec une population qui est peu encline à se lancer dans un processus de vaccination, explique M. Hallstrom.

Les communautés rurales étant généralement connues pour être petites et soudées, il croit qu’une stratégie efficace consiste, dans un premier temps, à repérer des personnes sur place pouvant défendre la vaccination et les mesures de santé publique afin de bâtir une relation de confiance plus ancrée au sein de ces collectivités.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !