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Réduction troublante de la taille des baleines noires

Une baleine à la surface de la mer.

Une baleine noire dans les eaux canadiennes. Une nouvelle étude fait état de retards de croissance chez les membres de l'espèce.

Photo : Équipe de surveillance aérienne, ministère des Pêches et des Océans

Radio-Canada

Les baleines noires de l’Atlantique Nord mesurent en moyenne un mètre de moins que leurs congénères durant les années 1980. Certaines mesurent jusqu’à trois mètres de moins.

Certaines baleines âgées de 10 ans n’ont que la taille que d’autres avaient à l’âge de 1 ou 2 ans il y a une quarantaine d’années.

Ces données sont tirées d’une étude réalisée par plusieurs chercheurs et qui fait l’objet d’un article dans la revue scientifique Current Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Selon Joshua Stewart, chercheur à l’agence américaine NOAA et principal auteur de l’étude, les baleines qui traînent malgré elles de l’équipement de pêche pendant des mois, voire des années, présentent un retard de croissance.

Des baleines superposées à des schémas indiquant la taille qu'elles auraient normalement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une étude récente montre une réduction importante de la taille moyenne des baleines noires de l’Atlantique Nord. Leur âge, leur taille et leur année de naissance sont indiqués.

Photo : Gracieuseté/Joshua Stewart

L'océanographe Lyne Morissette, une chercheuse en écologie des mammifères marins qui ne figure pas parmi les auteurs de l’étude, brosse un tableau des facteurs pris en compte.

Bien, évidemment, l’article a été un peu fait pour faire le lien avec les empêtrements dans les engins de pêche. C’est le seul paramètre qui est vraiment étudié. Le facteur le plus important de l’étude, parmi les facteurs qui ont été pris en compte, c’est l’année de naissance. Puis là, dans l’année de naissance, qu’est-ce qui fait qu’être né en 1980 pour une baleine c’est plus profitable que d’être née dans les années 2000? Ce n’est pas que les engins de pêche. On parle d’effets cumulés, d’empêtrements, de collision avec des navires, de bruit sous-marin et de changements dans la nourriture qui est présente ou pas, donc les proies de ces baleines-là, explique Lyne Morissette.

Les baleines ont moins d’énergie pour grandir

Les scientifiques estiment qu’il reste moins de 400 baleines noires de l'Atlantique Nord. Le fait que certaines d’entre elles sont de plus petite taille que la normale en dit long sur l’état de leur population.

Ça nous permet encore une fois de confirmer que ce sont les activités humaines qui sont au coeur du problème pour cette espèce. En fait, ce que ça nous dit aussi, ce changement de taille là, c’est qu’il y a probablement de l’énergie qui est mise pour les baleines à faire autre chose que d’investir dans la reproduction ou dans la croissance, par exemple, affirme Lyne Morissette.

Lyne Morissette rappelle que des baleines parcourent des centaines de kilomètres de plus pour aller se nourrir dans le golfe du Saint-Laurent plutôt que dans la baie de Fundy comme elles le faisaient autrefois. L’énergie qu’elles dépensent pour ce voyage ne peut servir à leur croissance ou à leur reproduction. Il en va de même pour l’énergie supplémentaire qu’elles dépensent pour guérir de leurs blessures et/ou quand elles traînent des engins de pêche dans lesquels elles se sont empêtrées. Les femelles qui sont dans cette situation ont aussi moins d’énergie pour produire du lait afin de nourrir leurs petits.

Plus de 85 % des baleines noires de l’Atlantique Nord ont des blessures ou des cicatrices de blessures causées par des engins de pêche, ce qui est un problème chronique chez cette espèce, selon une autre auteure de l’étude, Amy Knowlton, scientifique chevronnée au Anderson Cabot Center for Ocean Life, à Cambridge, au Massachusetts.

Amy Knowlton ajoute que l’utilisation de cordages de pêche qui se rompent plus facilement donnerait de meilleures chances aux baleines qui tentent de se dégager.

Des pêcheurs de crabe du Nouveau-Brunswick ont d'ailleurs testé ce printemps des casiers dépourvus de cordage.

Chaque fois qu’on va pouvoir limiter le chevauchement entre les humains et les baleines, on va donner une chance à ces baleines-là, conclut Lyne Morissette.

Avec des renseignements de l'émission Téléjournal Acadie, d'ICI Acadie, et de Shane Fowler, de CBC

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