•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La communauté musulmane de Charlottetown inquiète après le drame de London

Des participants à la vigile à Charlottetown,

Des participants à la vigile à Charlottetown,

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Radio-Canada

La communauté musulmane de l’Île-du-Prince-Édouard a tenu une activité de recueillement au parc Victoria à Charlottetown, mercredi midi, en mémoire des victimes de l’attentat de London, en Ontario.

Cela démontre qu'il y a un soutien et une solidarité envers les musulmans mais aussi une solidarité commune, un front commun contre l'islamophobie et le racisme et la discrimination et la haine, affirme le porte-parole de la Société musulmane de l'Île-du-Prince-Édouard, Zain Essaigher.

Najam Chishti, président de la Société musulmane de l’île, dit que sa communauté est effrayée. Il ajoute que de nombreux gestes antimusulmans ne sont pas signalés aux autorités.

C'est arrivé à Fredericton, il y avait une fille qui portait un hijab et quelqu'un lui a arraché son hijab dans le bus et lui a dit : "rentrez chez vous", raconte-t-il.

Quand on va traverser la rue, on va faire attention, on ne prend jamais rien pour acquis mais d'un autre côté on ne veut pas se laisser intimider non plus, dit pour sa part, Zain Essaigher. 

Cela aurait pu être nous, cela aurait pu être n'importe qui, ajoute la résidente de Stratford et mère de famille, Sofia Karmon.

Les deux hommes debout devant le bâtiment.

Zain Esseghaier et Najam Chishti, membres de la Société musulmane de l'île, devant la mosquée Masjid Dar As-Salam à Charlottetown.

Photo :  CBC / Laura Meader

Selon la police, ce crime à London a été motivé par la haine envers la communauté musulmane.

Dimanche dernier, trois adultes et un adolescent, tous membres d'une seule famille, sont morts après avoir été heurtés par un camion-bélier alors qu’ils faisaient une promenade en soirée, à London, en Ontario.

Le conducteur du camion, Nathaniel Veltman, qui a été arrêté à environ 10 minutes de la scène le soir même, a planifié l’attaque et ciblé les membres de cette famille en raison de leur foi musulmane, selon la police.

Le plus jeune membre de la famille, un garçon de neuf ans, a survécu et est resté à l’hôpital dans un état grave.

Nathaniel Veltman fait pour l’instant face à quatre chefs d’accusation de meurtre au premier degré et d’un chef de tentative de meurtre.

Ma femme porte le hijab. Et depuis l’incident, je me dis que si elle sortait et traversait la rue, lui arriverait-il quelque chose ? Donc, oui, il y a cette anxiété en nous.

Une citation de :Zain Esseghaier, porte-parole de la Société musulmane de l’île

Zain Esseghaier, porte-parole de la Société musulmane de l’île, a déclaré que sa communauté est très inquiète et craint pour la sécurité de ses membres.

Un événement choquant, mais pas surprenant

Membre de la communauté musulmane et présidente de BIPOC, un groupe de soutien et de défense des communautés noires, autochtones, personnes de couleur de l’île, Sobia Ali-Faisal dit que l’attaque est un événement dévastateur, mais pas surprenant.

Elle souligne qu’elle a suivi la montée du sentiment antimusulman au Canada au cours des 10 ou 15 dernières années.

l'intérieur de la mosquée de Charlottetown à L’Île-du-Prince-Édouard.

L'intérieur de la mosquée de Charlottetown qui a ouvert ses portes à l'été 2012.

Photo : Radio-Canada

En 2012, les membres de la mosquée de Charlottetown ont déposé une plainte auprès de la police à la suite d’une série de menaces.

Alors que la mosquée venait d’ouvrir ses portes, des affiches ont été déposées devant le bâtiment avec des phrases contre l’Islam.

Selon la Société musulmane de l’île, une tête de porc a été clouée à un poteau et placée sur le site de la mosquée de la capitale insulaire, qui était alors en construction, en 2011.

Un camion appartenant à un entrepreneur qui travaillait sur le chantier de construction aurait été incendié.

Pour Sobia Ali-Faisal, il est nécessaire de commencer à comprendre l’origine de l’islamophobie et son lien avec les autres formes de racismes.

Si nous voulons démanteler l’islamophobie, nous devons démanteler toutes les autres formes de racisme., affirme-t-elle.

Certains musulmans insulaires attendent maintenant un geste de la part du gouvernement fédéral.

Nous, ce que l'on voudrait voir, c'est de l'action. C'est bien d'être conscientisé, mais il faut passer à autre chose. Il faut passer à l'action, dit Zain Essaigher.

Avec des renseignements d’Isabelle Gallant, de CBC  et de Julien Lecacheur

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !