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Sécheresse et chaleur : des défis pour les agriculteurs et les vignerons

Un vignoble.

Les producteurs sont d’avis que leurs problèmes sont la conséquence des changements climatiques.

Photo : Radio-Canada / David Richard

Radio-Canada

Après le gel, il y a une dizaine de jours, c’est au tour de la vague de chaleur qui sévit en Outaouais et en Ontario de donner des maux de tête et des défis aux agriculteurs, ainsi qu’aux vignerons. Plusieurs attribuent cette problématique aux changements climatiques.

Pour le producteur de grandes cultures de Saint-Isidore, dans l’est ontarien, Markus Haerle, les dernières semaines ont été bien difficiles. Le peu de pluie et le temps chaud ont littéralement ruiné ses plants de soja.

Quand on regarde le son que j’ai dans ma main, il est en poussière. On a perdu 80 à 90 % de nos plants existants, a-t-il soulevé lors du passage de Radio-Canada sur ses terres.

Même son de cloche chez son homologue Marc Bercier.

Un manque d’eau, ça ne pardonne pas. Il va falloir trouver des façons plus efficaces de conserver nos eaux, dit celui qui cultive le blé, le soja, le maïs-grain et le chanvre.

Gros plan dans le vignoble Grappes et Délices.

«Un manque d’eau, ça ne pardonne pas», dit l'un des producteurs rencontrés.

Photo : Radio-Canada / David Richard

Marc Saumure est le directeur de territoire chez Prograin, une compagnie québécoise qui se spécialise, entre autres, dans la commercialisation du soja. M. Saumure parcourt actuellement l’est ontarien et l’ouest du Québec pour livrer de nouvelles semences de soja à des dizaines d’agriculteurs.

Plusieurs de ses clients doivent semer à nouveau. Nous sommes le 8 juin, dans les limites de temps de resemis. Il y a des décisions qui doivent se prendre rapidement en attendant que [tombe] cette pluie critique.

Le gel de la fin mai

Il n’y a pas longtemps, à la fin du mois de mai, ce n’était pas la chaleur le problème, mais bien le gel qui a occasionné des défis et des pertes aux agriculteurs et aux vignerons. Au vignoble Grappes et Délices, 95 % des plantations n’ont pas survécu.

La copropriétaire, Sylvie Rossignol, s’en serait bien passé.

La seule chose qu’on a, c’est la boutique avec nos produits. Pour ce qui est du vignoble, ce sont des pertes énormes [à tous les niveaux], raconte-t-elle, impuissante.

Les propriétaires du vignoble Grappes et Délices prennent la pose.

Au vignoble Grappes et Délices, 95% des plantations n’ont pas survécu.

Photo : Radio-Canada / David Richard

S’il avait le choix, le propriétaire de la Ferme aux pleines saveurs, Martin Turcot, avoue qu’il aimerait mieux gérer une sécheresse qu’une période marquée par des gels.

On produit des fraises, entre autres. C’est certain que ce sont des pertes majeures de petits fruits, dit-il, ajoutant que la sécheresse est un défi qui revient chaque année.

La différence, cette année, est qu’elle survient beaucoup plus tôt qu’à l’habitude et que les membres de sa profession sont de nature résiliente.

D’ailleurs, Martin Turcot demande aux consommateurs de ne pas se plaindre s’ils remarquent une hausse des prix au cours des prochaines semaines.

Ce sont des coûts additionnels pour nous, des coûts financiers et humains. Si vous voyez un impact sur les prix, dites-vous qu’on n’est pas nécessairement plus riches! Ayez une petite pensée pour nous, a-t-il demandé.

Photo du vignoble Grappes et Délices.

Il y a eu le gel à la fin du mois de mai, et la chaleur au cours des derniers jours.

Photo : Radio-Canada / David Richard

Les producteurs sont d’avis que leurs problèmes sont la conséquence des changements climatiques.

Si les gens doutent des changements climatiques, nous, nous n’avons aucun doute des défis à relever pour les prochaines générations, illustre Marc Bercier.

Ça fait 25 ans que je suis producteur, et nous avons eu plus de défis ces trois dernières années. La météo a changé, surtout au printemps, a observé Markus Haerle.

Les changements climatiques, on les subit, on les vit à fond, mentionne Martin Turcot, qui prévoit, à long terme, devoir réduire ses surfaces cultivées pour tenir compte des ressources en eau.

Avec les informations de Denis Babin et d’Ismaël Sy

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