•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un film sur l’affaire Chantal Daigle en préparation

Chantal Daigle lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada, le 17 juillet 1989

Chantal Daigle lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada, le 17 juillet 1989

Photo : Radio-Canada / Archives

Charles Rioux

En 1989, l’affaire Chantal Daigle a changé à jamais les contours du droit à l’avortement au Canada. La productrice Angélique Richer et le réalisateur François Péloquin (Le bruit des arbres) travaillent maintenant à porter à l’écran l’histoire de cette jeune Québécoise de 21 ans qui s’est battue pour le droit des femmes à disposer de leur corps.

Le 8 août 1989, la Cour suprême du Canada a connu l’une des journées les plus mouvementées de son histoire avec l’affaire Chantal Daigle. Le plus haut tribunal du pays a donné raison à la jeune femme, qui souhaitait avoir recours à un avortement contre la volonté de son ex-conjoint, Jean-Guy Tremblay. La Cour affirmait ainsi que le fœtus n’a pas le statut légal d’une personne au Canada.

Le jugement a notamment pour conséquence qu'une personne juridique ne peut pas invoquer la protection des droits du foetus – qui selon la Cour, ne bénéficie pas de la personalité juridique – pour obtenir une injonction contre une autre personne judridique. La saga judiciaire qui a captivé le Québec est maintenant au cœur d’un projet de film intitulé Chantale, porté par Angélique Richer, productrice et fondatrice de Mustang Productions.

Louis Lemieux se promène dans un boisé avec Chantal Daigle.

Chantal Daigle a accordé quelques entrevues au journaliste Louis Lemieux durant sa bataille juridique en 1989.

Photo : Radio-Canada

Un sujet brûlant d’actualité

L’histoire de Chantal Daigle est un sujet qui tenait à cœur à Angélique Richer, ainsi qu’à ses collègues, le réalisateur François Péloquin et la scénariste Sarah Lévesque. En effet, les trois étaient dans leur adolescence lorsque la saga a fait la manchette et se souviennent très bien de l’affaire.

Presque 30 ans plus tard, c’est encore d’actualité. On a juste à regarder ce qui se passe actuellement avec la Cour suprême aux États-Unis, avec nous-mêmes au Canada, au Nouveau-Brunswick, explique Angélique Richer, jointe par téléphone.

L’avortement pour nous au Québec est acquis, si on peut dire ça comme ça, mais dans le reste du monde, il y a encore des pays et des États qui l’interdisent. [Et] depuis plusieurs mois, on parle plus que jamais de la violence faite aux femmes, du grand mouvement #metoo, poursuit-elle.

Rester fidèle aux faits, même en fiction

Angélique Richer dit d’emblée que son film ne sera pas un documentaire, mais bien une fiction, plus précisément un thriller psychologique : C’est basé sur [l’histoire de Chantal Daigle], avec un certain réalisme, mais évidemment, c’est romancé.

Elle n’a pas reçu l’autorisation de Chantal Daigle de faire un film sur son histoire, mais elle est en contact avec un groupe de femmes qui était à l’avant-plan en 1989 pour soutenir la jeune Québécoise. Mme Daigle a changé d’identité. Elle n’accorde aucune entrevue. Sa voix passe par un groupe de femmes qui l’ont soutenue à cette époque-là, affirme Mme Richer.

L’équipe de production est également accompagnée sur le plan juridique, un soutien incontournable lorsqu’on produit un film inspiré sur des faits réels aussi délicats.

Angélique Richer n’a pas voulu s’avancer sur qui pourrait interpréter Chantal Daigle, mais elle a déjà des idées en tête. Dites-vous qu’elle avait quand même 21 ans à l’époque, donc ça ne peut pas être une actrice qui a 30 ans, à moins qu’elle ait l’air vraiment très jeune, affirme-t-elle.

Même s’il est en chantier depuis trois ans, Chantale est encore un projet en gestation, mais son développement est désormais soutenu par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC). Angélique Richer, dont ce sera le premier long métrage, croise les doigts pour qu’il se concrétise d’ici la fin de l’année.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !