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COVID-19 : une 4e vague est à craindre en Alberta

Une personne prépare une injection de vaccin contre le SRAS-CoV-2.

Le plan de déconfinement est risqué jugent des médecins.

Photo : Radio-Canada / CBC/Evan Mitsui

Stéphanie Rousseau

Malgré la baisse des cas d'infection au virus qui cause la COVID-19 en Alberta, des experts de santé publique s’inquiètent d'une quatrième vague en raison du relâchement des règles sanitaires. Ils le jugent précipité et notent que le nouveau variant delta, répertorié pour la première fois en Inde, gagne du terrain dans la province.

Nous sommes surpris de la rapidité avec laquelle le gouvernement prévoit la réouverture et le retour à des événements de grande ampleur, dit la pédiatre Tehseen Ladha. Le groupe dont elle fait partie, l'Association médicale de la zone d'Edmonton a fait part de nombreuses préoccupations au sujet du plan de déconfinement.

C’est le plan de réouverture le plus rapide du pays et il vient avec le risque très réel d'une quatrième vague et personne ne veut vivre cela, ajoute-t-elle.

Le plan de l’Alberta est très rapide, trouve aussi le pneumologue Alain Tremblay de l’Hôpital Foothills et professeur de médecine de l’Université de Calgary.

Moi, ce qui m’inquiète le plus, c’est la troisième phase, qui pourrait être là dans moins de trois semaines, ajoute Alain Tremblay. Passé la fin juin, il ne semble plus y avoir aucune mesure, à moins d’avoir la COVID, pas besoin d’isolation ou de quarantaine. Le plan ne semble pas prendre en compte que la COVID-19 sera encore avec nous après le 1er juillet et que le virus va continuer à changer, surtout quand on va avoir plus de voyages et d’autres variants dans le futur.

Sans plan, on va être en mode réaction et s’il y a une chose qu’on a apprise, dit-il, c’est qu’avec la COVID-19, plus on attend, plus c’est difficile et il faut imposer des restrictions sévères.

Il aimerait que le gouvernement mette plus d’emphase sur l’importance d’obtenir une deuxième dose de vaccin. Il croit que le plan de déconfinement qui se base sur une seule dose pourrait envoyer le message que la deuxième n’est pas essentielle, alors que de nouvelles études montrent que certains variants sont beaucoup plus résistants.

Il faut que les gens continuent avec leur deuxième dose. Ça commence à être clair, surtout pour le delta qui a été détecté en Inde : la protection est de, seulement à peu près, un tiers efficace avec une seule dose, explique le Dr Tremblay. Alors il faut vraiment suivre avec une deuxième dose.

Un médecin rend visite à un patient dans un hôpital en Inde.

Les cas de COVID-19 sont devenus incontrôlables en Inde, où cette variante a été découverte pour la première fois, et la dernière vague a déjà submergé les hôpitaux.

Photo : Getty Images / Anindito Mukherjee

Le variant delta

Tehseen Ladha ajoute que l’Alberta devrait regarder ce qui se passe en Europe, en Angleterre notamment qui connaît une recrudescence des cas liés au variant delta ou B.1.617.2.

Une étude publiée en Angleterre a montré qu’une première dose de vaccin protège seulement à 34 % contre le variant originaire de l’Inde. Nous devrions nous baser sur ce qui se fait ailleurs parce que cela évolue rapidement, dit-elle.

En Israël, avant d’ouvrir pour de gros événements, ils se sont assurés que 50 % de la population avait reçu leur deuxième dose de vaccin et nous devrions apprendre de ce qui se passe ailleurs, juge-t-elle.

Une contagion encore possible : même vacciné

Le Dr Alain Tremblay croit que le fait que l’Alberta ait basé son plan de déconfinement sur le nombre de premières doses administrées envoie un mauvais message aux Albertains.

On dit aux gens maintenant, si vous êtes dans les 30 % de non vaccinés, vous pouvez faire ce que vous voulez, mais ça n'a aucun sens, déclare-t-il. Si vous n’êtes pas vaccinés, vous ne devez pas aller visiter quelqu’un dans un centre d’accueil ou à l’hôpital. C’est impensable de faire cela!

Les variants vont se transmettre, affirme le Dr Tremblay. Même si vous allez voir quelqu’un qui est vacciné, si vous n’êtes pas vaccinés, vous allez amener des variants dans ces centres.

On le voit à l’hôpital. Il y a des gens qui sont malades, qui sont plus âgés et qui même s’ils sont vaccinés tombent malades avec le delta. Il y a des choses que si vous n’êtes pas vacciné, vous ne devriez pas faire.

Une citation de :Dr Alain Tremblay, pneumologue, Hôpital Foothills

Vous ne devriez pas voyager dans les avions, vous ne devriez pas voyager à travers le monde ou aller dans de gros événements publics, ajoute-t-il. Je pense qu’on a peur de dire cela au Canada, que si vous faites ce choix-là, vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez, que ce n’est pas scientifiquement raisonnable.

Dans les prochains mois, il s’attend à voir des éclosions dans les endroits où les taux de vaccination seront faibles.

J’espère qu’on ne verra pas de grosse vague, mais qu’on va voir de petites éclosions ici et là qui vont continuer, note-t-il.

Je pense qu’il faudrait un plan en cas de petite épidémie, pour avoir un plan de traçage. Si j’ai bien compris au 1er juillet, même un cas contact n’aura plus besoin de s’isoler sauf s’ils sont positifs, ça n’a aucun sens.

Une citation de :Dr Alain Tremblay, pneumologue, Hôpital Foothills
Deux hommes de dos devant des feux d'artifice.

Le Stampede sera de retour cette année, malgré la pandémie.

Photo : Bill Marsh

Le risque des grands événements

La Dre Tehseen Ladha s’inquiète particulièrement du risque causé par le retour d’événements de grande ampleur comme le Stampede de Calgary et les festivals cet été.

Généralement les événements extérieurs sont plus sécuritaires, dit-elle, mais pendant le Stampede, les gens boivent de l’alcool, ils sont en groupe, viennent de différentes maisonnées et ne respectent pas forcément la distanciation sociale ou les mesures de santé publique, ajoutant que l’événement attire aussi des gens de l’extérieur de la province.

Nous sommes très inquiets que le Stampede puisse servir d'événement propagateur dans la communauté et que les cas repartent à la hausse, ajoute-t-elle.

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