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De Montréal à Frelighsburg pour fabriquer plus de chapeaux

Mélodie Lavergne dans son commerce.

Mélodie Lavergne et son conjoint ont fait le grand saut vers Frelighsburg, quelques années plus tôt que prévu.

Photo : Radio-Canada

Marie-Claude Morin

Deux entrepreneurs de Montréal spécialisés dans la fabrication de chapeaux ont profité de la pandémie pour faire le grand saut vers la campagne. Et ils comptent bien vendre autant, sinon plus, de chapeaux qu'avant.

Le couple derrière la marque Fumile rêvait de s'installer en région dans quelques années. Finalement, Mélodie Lavergne et Alex Surprenant ont décidé de profiter de la pandémie pour devancer leur plan.

Début janvier, ils ont fermé leur boutique du centre-ville de Montréal, coin Ontario et Atateken, et ont acheté et rénové un resto-bar de Frelighsburg, dans les Cantons-de-l'Est.

Oui, c'est un peu fou de s'en aller de la ville, mais on voit déjà les avantages. On est moins perdus dans la masse et on est entourés de gens passionnés, raconte Mélodie Lavergne.

En déménageant, ils ont aussi multiplié par quatre ou cinq la superficie de l'atelier-boutique, ce qu'ils n'auraient pas eu les moyens de payer à Montréal.

Pendant cinq mois, les deux entrepreneurs ont joué du marteau. Ils ont entre autres ouvert le plafond pour que les clients voient l'atelier sur la mezzanine dès leur entrée. Une buvette et deux terrasses ont aussi été aménagées pour attirer la clientèle.

Tu viens, t'es pas pressé, tu prends le temps de prendre soit un café, soit un verre. Tu prends le temps de t'asseoir, de bien choisir ton chapeau. On veut que ce soit un tout, explique Alex Surprenant.

Mélodie Lavergne et Alex Surprenant.

Le couple a acheté et rénové un resto-bar.

Photo : Radio-Canada

L'objectif : que les clients visitent la boutique au moins une fois, afin d'avoir leurs mesures exactes. À l'aide d'un moule, les deux chapeliers créent des fiches clients détaillées, qui faciliteront les ventes en ligne par la suite. Comme les chapeaux se vendent entre 200 $ et 1000 $, ils doivent être parfaitement ajustés.

La distance ne représente pas un défi, selon eux, puisqu'une bonne partie de la clientèle venait déjà de l'extérieur de Montréal. C'est monsieur et madame Tout-le-Monde qui apprécient les belles choses, qui veulent se payer de la qualité et qui ont une ouverture pour cet accessoire, détaille Mélodie Lavergne. Et il y en a partout de ces gens-là, pas juste en ville.

Accroître la production

L'agrandissement de l'atelier permettra aussi d'augmenter et d'optimiser la production. On va produire plus de chapeaux, par exemple des chapeaux-casquettes et des chapeaux en tissu, qui sont plus faciles à vendre en gros, dit Alex Surprenant.

Le couple prévoit approcher, l'an prochain, de petites chaînes de magasins et des boutiques indépendantes pour vendre ces chapeaux abordables et qui ne nécessitent pas de mesures exactes.

On est des artistes, mais aussi des entrepreneurs, précise Mélodie Lavergne. On veut que ça fonctionne et pour ça, il faut offrir des prix compétitifs. Ce qui nécessite de produire aussi à la chaîne, de produire plus en masse.

Dans le village d'un peu plus de 1000 habitants, l'arrivée de Fumile a été accueillie avec joie. Ce qu'ils ont fait avec la place, c'est tout à fait magnifique, dit Jean Lévesque, maire de Frelighsburg. C'est un beau compliment pour le village, qui a une orientation très touristique.

Attablés à la terrasse, les anciens propriétaires du restaurant-bar La Cueillette, qui a occupé l'édifice pendant 22 ans, affichent fièrement leur nouveau chapeau et parlent avec émotion de leurs nouveaux amis. Je trouve ça extraordinaire ce qu'ils ont fait de la bâtisse, dit Madeleine Bourdeau. Ils ont mis autant d'amour que nous autres on en a mis. Fait que je suis bien contente d'eux autres.

Et déjà, le couple de chapeliers imagine de nouveaux projets sur le grand terrain derrière l'atelier-boutique. Une petite allée de pétanque, peut-être même des cours de yoga un jour... Notre activité première reste les chapeaux, mais on veut vraiment offrir une expérience totale ici, explique en riant Alex Surprenant.

On voit la croissance, on voit le futur, maintenant. Juste ça, c'est énorme. Et aussi la communauté. Il y en a une ici, conclut, tout sourire, Mélodie Lavergne.

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