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La famille de Chantel Moore compte poursuivre le policier et la Ville d’Edmundston

La mère de Chantel Moore participe à un rassemblement à Fredericton

La mère de Chantel Moore, Martha Martin (vêtue de blanc au centre), participe à un rassemblement mardi à Fredericton, pour demander que justice soit faite après la mort de sa fille.

Photo : Radio-Canada

L’avocat qui représente la famille de Chantel Moore dit qu'elle va intenter une poursuite pour homicide délictuel contre la municipalité d’Edmundston et le policier qui a tiré les coups de feu fatals, l’an dernier, au Nouveau-Brunswick.

La femme autochtone de 26 ans est tombée sous les balles d’un agent de la Force policière d’Edmundston, lors d’une vérification de bien-être le 4 juin 2020.

T.J. Burke a affirmé mardi que la famille lui a demandé d’entamer des procédures judiciaires, à la suite du dévoilement des conclusions d’un rapport sur sa mort.

Lundi, les procureurs ont annoncé qu’aucune accusation criminelle ne serait déposée contre le policier impliqué dans la tragédie.

Autoportrait de Chantel Moore, une femme autochtone. Elle sourit à la caméra et elle est assise dans l'herbe.

Chantel Moore, une Tla-o-qui-aht de 26 ans, est morte lors d'une intervention policière à Edmunston, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Facebook : Chantel Moore

La Couronne a dit croire que le policier avait des motifs raisonnables de se sentir menacé et qu’il a tiré dans le but de se protéger. Ses actions étaient donc raisonnables dans les circonstances, selon la Couronne. Les enquêteurs ont déterminé que les tirs avaient eu lieu après que Chantel Moore se soit approché de l’agent avec un couteau à la main.

Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'accusation criminelle que la Ville d'Edmundston et l'agent sont tirés d'affaire pour ce qui est de la culpabilité civile, a déclaré T.J. Burke. Il indique qu'il compte déposer une poursuite dans les prochaines semaines.

Une enquête du coroner sur la mort de Chantel Moore doit débuter le 6 décembre prochain, dans la région d’Edmundston.

Un homicide délictuel signifie qu'il a été causé par la faute de son auteur et que ce dernier a une responsabilité. Il est donc différent d'un homicide involontaire, qui peut être commis par imprudence.

Famille et communauté ébranlées

Des membres de différentes communautés autochtones néo-brunswickoises ont participé à un rassemblement en appui à la famille, mardi à Fredericton.

La mère de Chantel Moore, Martha Martin, qui était présente au rassemblement, raconte qu'elle attendait les résultats de l'enquête depuis des mois.

Je suis déçue, je suis en colère. Hier, j'ai dû traverser les émotions. Comment arrive-t-on à comprendre ça? Ma fille n'aura plus jamais de moment avec sa fille. Nous ne retrouverons plus jamais ces moments. Lui il peut vivre sa vie, il peut marcher, il peut respirer.

Une citation de :Martha Martin, mère de Chantel Moore

Elle veut que des changements soient apportés au système pour que sa petite-fille se sente en sécurité.

Martha Martin, la mère de Chantel Moore

Martha Martin, la mère de Chantel Moore

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Pas d'accusation : des chefs autochtones déçus

Des leaders de plusieurs communautés autochtones au Nouveau-Brunswick et ailleurs au Canada dénoncent la décision de ne pas déposer d’accusation criminelle contre le policier.

La cheffe Patricia Bernard de la Première Nation malécite du Madawaska a déclaré que le premier ministre Blaine Higgs semble malheureusement plus intéressé à balayer la tragédie sous le tapis qu'à lutter contre le racisme systémique dans le système de justice.

Si ce gouvernement avait voulu s'attaquer sérieusement à ce problème, il aurait accepté une enquête publique appropriée sur le racisme systémique. Nous voici un an plus tard sans aucun progrès dans la résolution de ce problème au Nouveau-Brunswick, ajoute Patricia Bernard.

Le chef de la communauté malécite de Woodstock, Tim Paul, dénonce aussi l’inaction du gouvernement provincial. La mort de Chantel Moore aurait dû être un appel à l'action pour ce gouvernement. Au lieu de cela, ils continuent d'ignorer ces problèmes et de marginaliser les communautés des Premières Nations du Nouveau-Brunswick, a-t-il dit.

Le chef Alan Polchies de la communauté de St. Mary's raconte que des parents craignent pour la sécurité de leurs enfants, s’ils devaient avoir des interactions avec la police.

C'est la réalité et c'est inacceptable. Le public a besoin de savoir ce qui s'est passé dans la mort par balle de Chantel Moore, afin que nous puissions commencer à apporter des changements positifs. C'est peut-être un sujet inconfortable pour le premier ministre et les autorités, mais il doit être abordé. Sinon, cela pourrait se reproduire, croit Alan Polchies.

Le chef Gabriel Atwin de la communauté de Kingsclear dit lui aussi que les Autochtones continuent de craindre pour leur sécurité. Nous savons qu’il existe un racisme systémique dans nos institutions publiques envers les peuples autochtones du Nouveau-Brunswick, nous ne pouvons même pas amener ce gouvernement à collaborer avec nous pour remédier à ces injustices sans qu’ils nous disent ce qui est le mieux et prennent des décisions unilatéralement, dit-il.

En Colombie-Britannique, d'où était originaire Chantel Moore, les communautés autochtones réagissent aussi très vivement.Le Conseil tribal Nuu-chah-nulth se dit outré que le policier ne sera pas accusé. Le First Nations Leadership Council de la Colombie-Britannique se dit pour sa part profondément déçu et dérangé par la décision.

Des changements au sein de la police d'Edmundston

Une pancarte sur laquelle « No Justice, No Peace » est écrit est levée devant le bâtiment de la Force policière d'Edmundston.

Des personnes réclamant justice pour Chantel Moore se sont rassemblées devant le poste de police d'Edmundston, l'été dernier (archives).

Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer

Les agents de la Force policière d'Edmundston auront bientôt des caméras corporelles et davantage de pistolets à décharge électrique, communément appelé arme Taser.

L'organisme explique qu'il va tester l'utilisation de caméras corporelles - la force recevra deux caméras dans un premier temps - avant de procéder à un déploiement à grande échelle.

L'objectif est de doter tous les policiers en uniforme de caméras, au cours des prochains mois.

Avec des informations de Pascal Raiche-Nogue et de CBC

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