•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Attaque de London : Labeaume veut un débat pour en finir avec l'intolérance

Régis Labeaume donne un point de presse à l'extérieur. Il se tient debout, derrière un lutrin.

Selon Régis Labeaume, la lutte contre l'intolérance passe d'abord et avant tout par l'ouverture d'un débat « très large » sur le vivre-ensemble.

Photo : Radio-Canada

Le maire de Québec, Régis Labeaume, réclame l'ouverture d'un débat « très large » sur la tolérance et le vivre-ensemble dans la foulée de l'attaque islamophobe qui a tué quatre personnes à London, en Ontario.

Vous savez, il n'y a pas de remède magique pour l’intolérance. Moi, je pense encore qu'il faut ouvrir un débat totalement, parce que de ne pas ouvrir un débat totalement sur l'intolérance, c'est un peu aussi être hypocrite. C'est-à-dire ne pas oser le faire pour des raisons souvent très politiques là, soyons honnêtes, a déclaré M. Labeaume, mardi, lors d’un point de presse.

L'attaque de London, qui survient près de quatre ans et demi après l'attentat de Québec, a rappelé de douloureux souvenirs au maire. Il a rappelé qu’à la suite des événements du 29 janvier 2017, la Municipalité avait ouvert le dialogue pour favoriser le vivre-ensemble.

À date, je trouve qu’il y a une belle acceptation de ce qu'on est en train de faire avec les communautés culturelles, mais il faut en parler, il faut absolument en parler. C'est la seule façon de s'en sortir.

Une citation de :Régis Labeaume, maire de Québec
Des policiers fouillent une scène de crime.

Quatre membres d'une même famille sont morts après avoir été fauchés par un véhicule dimanche soir à London. Ils auraient été pris pour cibles en raison de leur appartenance religieuse (archives).

Photo : La Presse canadienne / Geoff Robins

Une catharsis

Le maire a d’ailleurs fait un lien entre le sort réservé aux Canadiens de confession musulmane et le traitement subi par les populations autochtones.

Il a souligné que l'attaque de London survenait quelques jours après la découverte des corps de 215 enfants sur le site d'un ancien pensionnat autochtone de Kamloops. Régis Labeaume a dit être totalement d’accord avec les mots génocide culturel utilisés pour décrire les souffrances infligées aux Premières Nations.

Il va falloir qu'on procède à une catharsis, entre autres pour les Autochtones [...] Il va falloir qu'on aille beaucoup plus loin qu'être gênés puis qu'être horrifiés par les événements comme [dimanche] soir [à London]. Il va falloir qu'on ouvre un débat très large et à Québec, nous autres, on est en train de le faire, mais il va falloir aller plus loin , a insisté le maire.

Labidi a cru à une mauvaise blague

Le drame de London a réveillé de douloureux souvenirs chez Mohamed Labidi, cofondateur et ex-président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), qui dit avoir été surpris par ce geste imprévisible.

Je n’y ai pas cru au début. J’ai pensé que c’était une mauvaise blague, a-t-il confié en entrevue à Radio-Canada.

Mohamed Labidi accorde une entrevue à Radio-Canada devant le Centre culturel islamique de Québec et un monument à la mémoire des victimes de l'attentat du 29 janvier 2017.

Mohamed Labidi, co-fondateur et ex-président du Centre culturel islamique de Québec.

Photo : Radio-Canada

Tout en précisant qu’il s’agit selon lui d’un acte isolé, M. Labidi a mentionné que cette nouvelle attaque contre des citoyens de confession musulmane au pays rappelle qu’une frange de la population entretient de la haine à l’égard de sa communauté.

Demande d’enquête

Il reproche aux médias sociaux de contribuer à propager les discours racistes et haineux. Le cofondateur du CCIQ invite la société à travailler main dans la main pour éradiquer ce fléau.

Mohamed Labidi appuie également la démarche de la Table de concertation des mosquées des villes de Québec et du grand Lévis, qui invite le gouvernement fédéral à mettre sur pied une commission d’enquête publique sur l’islamophobie.

L'enquête, c'est pour élucider ce qui est derrière cette haine, c'est quoi qui alimente cette haine. Il faut couper les sources de cette alimentation et, comme ça, éviter que d'autres drames se [produisent], a-t-il expliqué.

Avec la collaboration de Louise Boisvert et Kassandra Nadeau-Lamarche

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !