•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des centaines d'enseignants mécontents de la gestion de la pandémie par le Manitoba

Une enseignante, qui porte un masque, tient un livre dans ses mains devant une classe.

Près du deux tiers des 1000 enseignants manitobains qui ont répondu au questionnaire de CBC sont convaincus que la province n'a pas fait de l'éducation une priorité lors de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Marina von Stackelberg

Radio-Canada

Les deux tiers des 1000 travailleurs de l'éducation du Manitoba qui ont rempli à un questionnaire croient fermement que la province n'a pas fait de l'éducation une priorité durant la pandémie.

Plus de 80 % des personnes ayant répondu à un questionnaire élaboré par CBC ne pensent pas que le gouvernement a bien géré la situation dans les écoles depuis le début de la crise sanitaire. Plus de 90 % des répondants ont déclaré que les messages du gouvernement étaient confus.

CBC a envoyé une invitation à remplir un questionnaire, de façon volontaire et anonyme, aux éducateurs de tout le Canada. Au Manitoba, 833 titulaires de classe, 125 membres du personnel de soutien à l'enseignement et 63 administrateurs, dont des directeurs et des directeurs adjoints, y ont répondu, entre le 26 et le 28 avril.

Le personnel scolaire a laissé des centaines de commentaires écrits critiquant la façon dont le gouvernement provincial a géré l'éducation de la maternelle à la 12e année pendant la pandémie.

La façon dont le gouvernement a apporté des changements a été absolument ridicule et impossible à mettre en œuvre. C'est comme s'ils n'avaient jamais mis les pieds dans une salle de classe. Ils devraient avoir honte.

Une citation de :Un enseignant ayant répondu au questionnaire

Cela a été la pire année de toute ma carrière et j'envisage de changer de profession, a mentionné un autre répondant.

Des élèves sont dans une classe et portent des masques.

Les élèves de l’école R.F. Morrison étaient en classe en avril, avant que le gouvernement du Manitoba impose l'enseignement a distance pour les écoles de Winnipeg. Selon plus de 90 % des membres du personnel scolaire qui ont répondu au questionnaire de CBC, les messages du gouvernement pendant la pandémie ont été confus.

Photo : Radio-Canada / Marina von Stackelberg

Un autre enseignant a déclaré qu'il pensait que le gouvernement n'avait pas donné la parole aux enseignants dans la planification de la pandémie. Notre jugement professionnel a été complètement négligé, mentionne-t-il.

De nombreux enseignants ont affirmé qu'une frustration constante était de devoir s'adapter avec peu de préavis à des directives de santé publique toujours en évolution. Par exemple, en mai, les écoles de Winnipeg, de Brandon et de plusieurs autres divisions scolaires ont été remises à l'enseignement à distance avec seulement quelques jours de préavis, en raison de l'augmentation du nombre de cas de COVID-19.

Réforme de l'éducation pendant la pandémie : un « couteau dans le dos »

Par ailleurs, des dizaines d'enseignants ont fait part de leurs préoccupations à l'égard du projet de loi 64 sur la modernisation de l'éducation, qui est un vaste plan de réforme de l'enseignement public au Manitoba. Ce plan propose de dissoudre les conseils scolaires anglophones et de centraliser le processus décisionnel au sein du gouvernement.

Je crois que le gouvernement de Brian Pallister a été sournois, utilisant la pandémie pour aller de l'avant avec des mesures qui mettront en danger l'éducation publique, a écrit un enseignant.

Le projet de loi 64 est un couteau dans le dos de tous les éducateurs de la province. Les non-réponses et le langage détourné du premier ministre n'y changeront rien, a déclaré un autre.

Plusieurs répondants ont affirmé que le stress du projet de loi 64 est pire que d'enseigner pendant la pandémie.

La réforme de l'éducation était en cours avant la pandémie, selon le ministre 

Le ministre de l'Éducation du Manitoba, Cliff Cullen, affirme que le gouvernement a reçu son rapport sur la façon de réformer le système de la maternelle à la 12e année au moment même où la pandémie a commencé, et que le processus prendra des années à se mettre en place.

M. Cullen déclare que des consultations ont lieu en ce moment même, dont 40 réunions directes avec des enseignants.

Nous reconnaissons que chaque fois que nous envisageons un changement, cela crée une certaine anxiété. Mais la réalité est qu'ils devraient voir peu de changement dans l'activité en classe, dans le travail quotidien des enseignants.

Une citation de :Cliff Cullen, ministre de l’Éducation du Manitoba

Selon M. Cullen, le projet de loi 64 vise à réduire le système administratif. Notre objectif est de déplacer les ressources de l'administration vers la salle de classe, de sorte que nous ayons plus de ressources disponibles pour les enseignants, a-t-il déclaré.

M. Cullen ajoute que le gouvernement a fait de son mieux pour tenir le personnel scolaire informé tout au long de la pandémie, tout en étant respectueux dans sa prise de décision.

Méthodologie employée :

CBC a envoyé un questionnaire à 52 351 adresses électroniques de travailleurs scolaires dans huit provinces différentes, dans près de 200 districts scolaires. Les adresses électroniques ont été extraites des sites Web des écoles qui les répertorient publiquement. Le questionnaire a été envoyé à l'aide de SurveyMonkey. Près de 9500 éducateurs ont répondu.

L’analyse des données a été effectuée par Roberto Rocha et Dexter McMillan.

CBC a choisi les provinces et les districts scolaires en fonction de l'intérêt manifesté par ses stations régionales et de la disponibilité des adresses électroniques. En tant que tel, ce questionnaire n'est pas une enquête représentative des éducateurs au Canada. Aucune des questions n'était obligatoire, et tous les répondants n'ont pas répondu à toutes les questions.

Ce reportage fait partie d'une série de CBC qui examine les effets des tensions créées par la pandémie sur les éducateurs et le système scolaire durant cette année scolaire extraordinaire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !