•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« J'ai peur pour nos enfants » : des musulmans horrifiés par l'attaque de London

Un homme et un garçon déposent des fleurs et des peluches autour d'un feu de circulation.

Des bouquets de fleurs et des peluches ont été déposés sur le lieu de l'attaque.

Photo : CBC

L'heure était au recueillement lundi soir à London parmi les membres de la communauté musulmane sous le choc après l'attaque dont a fait l'objet une famille dimanche dans le nord-ouest de London.

Ma famille, ma petite sœur, mes parents, nous marchons ici tout le temps. Et penser que quelque chose d'aussi horrible puisse se produire si près de chez soi... c'est vraiment déchirant, explique Ijlal Hossein, qui habite dans les environs.

Lundi, la police a retenu quatre chefs d'accusation de meurtre et un chef d'accusation de tentative de meurtre contre un homme de vingt ans dans ce qu'elle considère comme un acte planifié et prémédité contre une famille de cinq personnes en raison de leur foi musulmane.

Un garçon de neuf ans, qui a survécu, reste à l'hôpital avec des blessures graves, mais sa vie n'est pas en danger.

Lundi soir, une veillée a été organisée près de l'endroit où la famille a été attaquée dimanche. Des dizaines de bouquets de fleurs, des messages et des peluches ont été déposés en silence.

Saboor Khan, responsable de l'Association des musulmans de London, était proche des victimes. Je suis dévastée, je ne suis pas capable de me concentrer, confie-t-elle. J'ai peur pour nos enfants, j'ai peur pour ma communauté, pour toute personne qui porte le hijab, toute personne qui s'habille de manière traditionnelle musulmane.

C'était un acte de terreur, et cela a vraiment, vraiment, franchement terrorisé notre communauté.

Une citation de :Saboor Khan, responsable de l'Association des musulmans de London

Ikram Khaouani partage ce sentiment d'horreur.

Je suis horrifiée par ce qui se passe actuellement. Pour moi, le Canada, c'est le pays du respect de l'autre et de la diversité, explique-t-elle.

La voix inquiète, elle se demande si elle pourra à nouveau sortir toute seule.

J'ai dit à mon mari : "peut-être que, toi, si tu sors seul, personne ne va te faire du mal, mais moi, maintenant, je me pose des questions.

Une citation de :Ikram Khaouani, habitante de London

Enrayer le racisme

Présente à la veillée à titre personnel, la conseillère municipale du quartier 13 de London, Arielle Kayabaga, avait une pensée pour l'enfant de neuf ans encore à l'hôpital.

Quel est l'avenir de cet enfant-là? Je pense à la famille qui a quitté son pays pour trouver la paix dans ce pays et de se faire arracher la vie de cette manière, c'est proche et ça fait mal, a-t-elle exprimé.

En entrevue mardi matin, Mme Kayabaga a par ailleurs exprimé sa tristesse et sa honte qu'un tel événement ait frappé la communauté de London.

Surprise, non, ce n'est pas la première fois que des actes racistes sont commis ici, a-t-elle indiqué.

Elle appelle maintenant à l'action.

Je pense que c'est le temps que la communauté non racialisée commence à avoir ces discussions-là, qu'on puisse décider des solutions ensemble parce que, nous, on peut proposer plusieurs solutions, mais s'il y a toujours des gens qui ne sont pas prêts à faire le pas, ça ne va rien changer, a-t-elle expliqué.

Un panneau dit en anglais : « Quand est-ce que cela va s'arrêter. C'est assez ».

Des leaders communautaires dénoncent le racisme et l'islamophobie qui règnent à London et au Canada.

Photo : CBC

Des mesures préventives doivent être prises pour empêcher les crimes haineux de se produire, notamment en dénonçant la discrimination, le racisme, l'islamophobie, toute autre forme de xénophobie, pour ce qu'elle est, a aussi déclaré un leader religieux de la communauté.

Les répercussions de cette affaire vont être vastes et étendues sur notre communauté, rien qu'en fait de choc provoqué par un crime aussi flagrant dans notre ville, a affirmé l'imam Abd Alfatah Twakkal.

Pour sa part, Siham Kadi voit ce geste comme un acte d'ignorance qui ne représente pas la communauté de London.

Je ne peux pas dire que je vis dans une communauté islamophobe, non, je ne vois pas London comme ça. Je ne me suis jamais sentie repoussée par mon entourage. On est différents, mais on s'accepte comme on est, c'est tout.

Mobilisation de la communauté

L'aide s'organise par ailleurs pour soutenir la communauté et ses membres, notamment les plus jeunes.

L'école musulmane de London a annulé les cours pour les élèves mardi.

Nous voulons permettre au processus de deuil de se dérouler... [Ce] sera une journée de planification afin de commencer à fournir des services à nos étudiants, à nos familles et à notre personnel pour les aider à faire leur deuil, a indiqué Hassan Mostafa, qui fait partie du conseil d'administration de l'établissement.

Du soutien est également proposé aux élèves musulmans du conseil scolaire public anglais, a précisé M. Mostafa.

Une campagne de financement a été lancée sur la plateforme GoFundMe pour aider financièrement la famille.

Mardi matin, plus de 210 225 $ avaient été amassés.

L'enquête se poursuit

En entrevue à CBC mardi matin, le chef de la police de London, Stephen Williams, a indiqué que l'enquête en cours allait être longue et que d'autres accusations pourraient être déposées selon les preuves recueillies.

C'est une question de parler aux témoins, savoir ce qu'ils ont vu ou entendu. Est-ce qu’il y a des images qui ont été prises sur téléphone ou par des caméras de surveillance, a-t-il expliqué.

Il a rappelé que la police considérait l'acte comme un crime haineux et que la famille avait été ciblée parce qu'elle est musulmane.

Une veillée communautaire est prévue pour mardi à 19 h à l'extérieur de la mosquée de London.

Selon M. Mostafa, la mosquée s'attend à ce que plusieurs milliers de personnes y participent.

Avec des informations de Colin Côté-Paulette et de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !