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Report du déconfinement : vive déception des communautés frontalières

Un immeuble d'appartements devant la baie et le Québec de l'autre côté de l'eau.

Des résidents des deux côtés de la baie des Chaleurs qui espéraient l'annonce d'une bulle régionale lundi sont vivement déçus du nouveau report.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

L’ouverture reportée des bulles régionales prévues entre le Nouveau-Brunswick et les MRC d’Avignon et de Témiscouata au Québec déçoit plusieurs familles.

Le Nouveau-Brunswick compte créer cette bulle, entre autres mesures de déconfinement, lorsque 75 % de sa population admissible aura reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19. La date visée était lundi, mais ce jour-là le taux de vaccination était de 70,3 %. Le premier ministre Blaine Higgs n’a pas annoncé de nouvelle date, mais l’objectif demeure un taux de vaccination de 75 %.

Entre-temps, des résidents du Nouveau-Brunswick n'en peuvent plus d'attendre de pouvoir enfin revoir leurs proches habitant tout près au Québec.

C’est le cas d’Alain Boudreau, qui n'a pratiquement pas vu ni touché ses cinq petits-fils au Québec, sauf à Noël et pendant deux mois l'été dernier.

Ce que j'ai perdu depuis un an et demi, je l'ai perdu. Il n’y a pas de rattrapage. Mon petit-fils qui a un an et demi, la première année, oubliez ça. Il ne m'a pas vu puis je ne l'ai pas vu, déplore M. Boudreau.

Alain Boudreau,

Alain Boudreau, résident de Campbellton, n'en plus d'attendre de revoir ses proches dans la région de Pointe-à-la-Croix.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Alain Boudreau habite à Campbellton. Au cours de sa carrière, il a notamment été gérant de la succursale de la Société des alcools du Québec à Pointe-à-la-Croix. Maintenant à la retraite, il aurait eu tout le temps du monde pour s'occuper de ses proches majoritairement installés dans son village natal de la Gaspésie.

C'est sûr que quand je me suis levé ce matin, c'était très difficile encore, affirme Alain Boudreau.

Il doit encore s’armer de patience en attendant de renouer avec sa famille.

C'est inhumain.

Une citation de :Alain Boudreau, résident de Campbellton comptant plusieurs proches à Pointe-à-la-Croix

C'est sûr qu'au niveau mental, tu es assis chez vous puis veux, veux pas, à la journée tu penses à ta famille, tu penses à tes amis, tu penses à ta mère, souligne Alain Boudreau.

France Dufour, résidente de Pointe-à-la-Croix, exprime un avis similaire. Elle n'a pu voir sa mère que très furtivement pour lui apporter des denrées. Depuis le début de l'année, elle peut aller à Campbellton une fois par semaine pour faire des achats essentiels.

J'ai pu lui rendre service, mais je ne peux pas aller la voir. Je ne peux pas m'occuper d'elle pour dire, rester avec elle, explique France Dufour.

France Dufour.

France Dufour, résidente de Pointe-à-la-Croix, avait hâte d'aller voir sa mère à Campbellton.

Photo : Radio-Canada

Ah bien, je suis tellement inquiète, affirme sa mère, Ida Dufour, 88 ans, qui continue de trouver le temps long dans son logement offrant une vue directe sur le Québec.

Si elle a besoin d'aide, si elle a besoin de quoi que ce soit, je ne suis pas là. Je ne peux pas traverser. Déjà qu’on avait tellement hâte de pouvoir s'y rendre, c'est décevant.

Une citation de :France Dufour, résidente de Pointe-à-la-Croix dont la mère habite à Campbellton

Ici, ça n’existe pas, deux provinces. On est une communauté, ajoute Alain Boudreau. On en a assez enduré dans la région qu’on devrait avoir un petit peu de répit. Ça ferait du bien.

Le pont interprovincial qui relie Campbellton et Pointe-à-la-Croix n'a jamais paru aussi long à ces personnes.

L’attente est longue aussi dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick pour les gens qui ont des proches au Témiscouata, ajoute le maire d’Edmundston, Éric Marquis.

On a hâte, disons, de pouvoir aller rejoindre les gens qui restent dans la région du Témiscouata parce que ça fait tout près d’un an depuis que la région d’Edmundston n’a plus la possibilité de pouvoir s’y rendre sans nécessairement devoir se confiner, souligne Éric Marquis.

Avec des renseignements de Serge Bouchard et d’Héloïse Rodriguez

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