•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jean-Marc Crevier demande la nationalisation des barrages de Rio Tinto

Jean-Marc Crevier est assis à une table rouge avec d'autres conseillers.

Le conseiller municipal Jean-Marc Crevier a fait une sortie remarquée dans le dossier de Rio Tinto.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Le conseiller municipal du district #6 à Saguenay, Jean-Marc Crevier, réclame la nationalisation des barrages de Rio Tinto afin que soit établi un véritable rapport de force entre la région et la multinationale.

Il a longuement pris la parole, à la suite du dépôt d’une résolution par sa collègue Julie Dufour, qui souhaite que Saguenay demande au nouveau ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Éric Girard, de forcer Rio Tinto à investir pour la construction d’une nouvelle usine de remplacement à Jonquière.

Plus tôt en journée, la présidente de l’arrondissement de Jonquière a tenu une conférence de presse aux côtés d’autres élus de Saguenay pour faire part de sa démarche. Selon Julie Dufour et ses sept collègues répartis sur le territoire des trois arrondissements, les salles de cuves précuites du Complexe Jonquière, dont la fermeture est prévue en 2025, doivent être remplacées par de nouveaux investissements que Rio Tinto doit garantir.

Jean-Marc Crevier était le seul élu de Jonquière à ne pas participer à la conférence de presse de Julie Dufour. Il dit avoir été invité tardivement et qu'il n’a pas aimé le caractère politique de la sortie initiée par la conseillère.

J’ai comme perçu que c’était quelque chose qui virait davantage au niveau de la politique […]. Si Josée Néron m’avait demandé de faire un point de presse tout seul avec elle ou avec d’autres conseillers, je n’y serais pas allé , a-t-il dit, d’entrée de jeu.

Jean-Marc Crevier se demande d’ailleurs où était le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA) au moment de la conférence de presse.

J’ai comme l’impression que je radote, mais si la production d’aluminium qui est faite au niveau de la région était produite avec l’électricité d’Hydro-Québec avec le tarif L, ça lui coûterait, pour produire de l’aluminium, 600 millions de dollars de plus par année. On ne leur demande pas de nous donner de l’argent pour qu’on le mette dans nos poches, on leur demande de créer des jobs , a martelé l’ancien représentant régional de la FTQ et ex-employé d’Alcan.

La centrale Isle-Maligne de Rio Tinto, à Alma.

La centrale Isle-Maligne de Rio Tinto, à Alma.

Photo : Avec l'autorisation de Rio Tinto

Jean-Marc Crevier a dit qu’il ne pouvait être contre la résolution de Julie Dufour, mais croit que l’union fait la force et qu’il ne sert à rien de faire cavalier seul.

Il a rappelé qu’il existe déjà une table de concertation dans la région, à laquelle il siège, tout comme le SNEAA et le syndicat des Métallos d'Alma, et qui est présidée par la mairesse Néron. Le maire d'Alma, Marc Asselin, est aussi présent.

Ça fait des mois et des années qu’on discute de ça et là, j’ai l’impression qu’il y a du monde qui se réveille. On est rendu à un autre niveau pour faire pression sur cette entreprise-là, a enchaîné Jean-Marc Crevier.

Josée Néron a rappelé à Julie Dufour que la table régionale de concertation, créée à sa demande, travaille d’arrache-pied depuis trois ans pour faire en sorte que Rio Tinto investisse dans la région.

On ne peut pas voter contre ça, c’est la reconnaissance de tout le travail qu’on fait depuis trois ans alors oui, moi je suis d’accord avec la résolution, je n’ai aucun problème avec ça , a dit Josée Néron.

Michel Potvin, qui soutient la candidature de Julie Dufour à la mairie, a convenu qu’il faut établir un rapport de force avec Rio Tinto, qui veut le beurre et l’argent du beurre et que ce n’est jamais assez .

En ce moment, de la pression, il n’y en a pas. C’est zéro, point zéro, point zéro, zéro , a opiné Michel Potvin.

Julie Dufour ne s’attendait manifestement pas à ce que Jean-Marc Crevier propose de réclamer la nationalisation des barrages, une mesure qu’elle juge plutôt intense pour le nouveau ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec.

Lors de la nationalisation des barrages dans les années 60 au profit d'Hydro-Québec, la compagnie Alcan, achetée par Rio Tinto en 2007, avait obtenu une exemption pour conserver ses ouvrages de production hydroélectrique.

La résolution a été adoptée à l'unanimité, car aucun vote n'a été demandé.

Une partie de la façade de l'église.

Une partie de la façade de l'église Saint-Joachim

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Démolition de l’église Saint-Joachim

Au cours de la séance, les membres du conseil ont voté en faveur de l’adoption d’un règlement d’emprunt de 600 000 $ dans le but de démolir l’église Saint-Joachim de Chicoutimi, à l’abandon et décrépite depuis plusieurs années.

L’immeuble représentait un danger public et plusieurs citoyens du district, représenté par la conseillère Brigitte Bergeron, souhaitaient la voir disparaître. Le propriétaire avait signé un acte d’abandon, à la suite d’un projet de salle de spectacle qui ne s’est jamais réalisé.

Le conseiller de Chicoutimi, Simon-Olivier Côté, a voulu connaître les intentions de la Ville dans ce dossier. La greffière de Saguenay, Caroline Dion, a expliqué :

On est en train de procéder à l’acquisition de l’église. Des discussions sont en cours avec l’ancien propriétaire et Revenu Québec, a expliqué Me Dion.

Une fois le décret obtenu, la Ville décidera si elle veut vendre le terrain de gré à gré ou procéder par appel de propositions.

Le conseiller Simon-Olivier Côté s’est manifesté pour dire que l’arrondissement de Chicoutimi ait son mot à dire plutôt que de laisser le comité exécutif prendre une décision.

À peine cinq personnes ont assisté à la première séance du conseil tenue en présence depuis l’automne dernier. La capacité d’accueil maximale de la salle Pierrette-Gaudreault était fixée à 68. Les élus devaient porter le masque de procédure en tout temps, sauf lorsqu’ils intervenaient.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !