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Pensionnat de Kamloops : les archives des Sœurs de Sainte-Anne sous la loupe

À la lumière de la localisation de 215 sites avec des restes humains à Kamloops, Victoria demande aux soeurs de Sainte-Anne, à Victoria, d'ouvrir leurs archives.

Un père et son fils déposent une offrande devant le bâtiment de Kamploops.

Un monument commémoratif à l'extérieur de l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Depuis l’annonce de la localisation de restes humains sur le site de l’ancien pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique, les appels se multiplient pour que les églises responsables ouvrent leurs archives.

Dans une déclaration par courriel, en fin de journée mardi, la ministre du Tourisme, des Arts, de la Culture et des Sports, Melanie Mark, a imploré les Soeurs de Sainte-Anne d'ouvrir immédiatement leurs archives.

Les Sœurs de Sainte-Anne ont l'obligation morale de donner accès à leurs archives sur les pensionnats aux communautés autochtones touchées. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer que les dossiers puissent être partagés avec le Centre provincial pour l'histoire et le dialogue des pensionnats autochtones [de l'Université de la Colombie-Britannique].

Une citation de :Melanie Mark, ministre du Tourisme, des Arts, de la Culture et des Sports de la C.-B.

Les Soeurs de Sainte-Anne administraient le quotidien du pensionnat autochtone de Kamloops entre 1890 et 1969. Celui-ci était géré par les frères Oblats. C'est sur le site de l'ancien établissement que les restes de 215 enfants ont été localisés, suscitant des réactions à l'échelle du Canada et du monde.

Dans un communiqué publié vendredi dernier, des groupes autochtones demandent que la province résilie une entente conclue en 2011 entre le Musée royal de Colombie-Britannique et les Sœurs de Sainte-Anne concernant la gestion de leurs archives.

La lettre (Nouvelle fenêtre), signée par des représentants de l’Assemblée des Premières Nations, de l’Union des chefs autochtones de Colombie-Britannique, et du Sommet des Premières Nations, réclamait aussi un accès immédiat aux archives.

En effet, la Colombie-Britannique a accepté d'héberger, dans l'espace physique public des Archives provinciales, ces dossiers complets et de faciliter le travail d'archivage interne de la congrégation religieuse, tout en s'assurant que les dossiers resteraient une "archive privée", peut-on lire.

L'entente (Nouvelle fenêtre), signée en 2012 et amendée en 2018, fait en sorte que les archives des Sœurs ne seront en possession du Musée royal de Colombie-Britannique, qui héberge les archives provinciales, qu'en 2027. Entretemps, elles sous clef et gérées par une archiviste des Soeurs de Sainte-Anne.

Un fonds d’archives problématique

Dans une déclaration faite en appui à la demande des regroupements autochtones, le Musée royal de Colombie-Britannique demandait aussi plus de collaboration de la part des Sœurs de Sainte-Anne.

Les Sœurs ont la responsabilité d'être complètement transparentes au sujet de leurs dossiers d'archives liés aux pensionnats, peut-on lire dans le communiqué du musée, qui n'est pas signé. Il est notamment demandé aux Sœurs de Sainte-Anne d'identifier clairement les documents qu'elles détiennent.

Officiellement, les Sœurs de Sainte-Anne affirment pourtant avoir transféré les archives de l’établissement au Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR), à Winnipeg.

Ils ont été fournis en novembre 2012, dans le cadre de notre accord pour rendre les archives des Sœurs de Sainte-Anne accessibles aux chercheurs, explique l’archiviste de la collection, Carey Pallister, par courriel.

L’archiviste des Sœurs de Sainte-Anne renvoie plutôt à la collection des Oblats de Marie Immaculée, cédée aux archives de la province en 2018, pour toute information liée au pensionnat de Kamloops.

Bannière-image du dossier.

Les archives des Oblats bientôt accessibles

Dans une entrevue à la Presse canadienne, la directrice par intérim des archives, Genevieve Weber, dit être en possession d’environ 250 boîtes de matériel appartenant aux missionnaires Oblats.

Environ le tiers des boîtes contient des documents concernant les pensionnats autochtones, notamment des états financiers et des comptes-rendus quotidiens. Les Oblats ont géré 10 des 18 pensionnats autochtones de Colombie-Britannique.

Le musée est entré en possession de la collection en 2019 et a rapidement pris contact avec des communautés comme Tk’emlúps te Secwepemc pour évaluer ce qui peut être rendu public.

Nous sentions qu’en raison de la nature sensible de ces documents, nous devions entrer en contact avec les communautés autochtones en premier, a souligné Genevieve Weber.

L’archiviste s’est rendue à Kamloops pour partager certaines découvertes qui ont permis d’identifier d’anciens résidents. Les documents devraient devenir accessibles d’ici 2022.

Des centaines de documents manquants

Le pensionnat de Kamloops, fondé en 1890 et fermé en 1978, est devenu, pendant un moment, le plus important pensionnat autochtone au Canada. Dans les années 1950, on y comptait jusqu’à 500 élèves par année.

Le gouvernement fédéral a pris le contrôle de l’école en 1969. Dans les archives du Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR), seuls les rapports de décès d’élèves du pensionnat de Kamloops entre 1935 et 1945 sont disponibles.

Contacté lundi, le CNVR n'a pu confirmer l'accès aux archives des Sœurs de Sainte-Anne en ce qui a trait aux pensionnats. Le CNVR a toutefois souligné à plusieurs reprises au cours des dernières années la difficulté d'obtenir les documents dont ils ont besoin de la part des communautés religieuses.

C’est une situation inhabituelle, explique l’historienne Jean Barmann, qui a déjà visité le pensionnat de Kamloops et rencontré des survivants qui lui ont parlé de ces sépultures non marquées.

Les écoles résidentielles étaient un phénomène particulier, dit-elle. Ce n’était pas des écoles publiques et ma compréhension est que les exigences en termes de conservation de données n’étaient pas les mêmes.

L’historienne doute même que toutes les archives aient été conservées après la fermeture des pensionnats.

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