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Joe Biden invite son homologue ukrainien à la Maison-Blanche cet été

Volodymyr Zelensky, devant un micro, la tête légèrement inclinée à sa gauche, regardant de l'autre côté.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky

Photo : Associated Press / Efrem Lukatsky

Le président américain Joe Biden s'est entretenu lundi avec son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, avant le sommet américano-russe de la semaine prochaine.

Joe Biden a dit à son interlocuteur qu'il se réjouissait de l'accueillir à la Maison-Blanche, ici à Washington, cet été, après son retour d'Europe, a affirmé son conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan au cours d'un point de presse consacré aux sommets du G7 et de l'OTAN, qui se tiendront successivement d'ici une semaine au Royaume-Uni et en Belgique.

Le président ukrainien, vedette involontaire de la procédure de destitution lancée contre Donald Trump, a ainsi obtenu du 46e président des États-Unis ce qu'il avait en vain cherché auprès de son prédécesseur.

Merci à vous, président Joe Biden, de m'avoir invité à visiter la Maison-Blanche en juillet lors de notre conversation téléphonique. Je me réjouis de cette rencontre pour discuter des moyens de développer la coopération stratégique entre l'Ukraine et les États-Unis, a écrit M. Zelensky sur Twitter.

Ce dernier n'a cependant pas réussi à convaincre Joe Biden de le rencontrer avant son sommet avec le président russe, Vladimir Poutine, le 16 juin, dans la foulée de ses engagements en Europe.

Au cours d'une entrevue accordée vendredi dernier au site d'information Axios, le leader ukrainien, signe de son empressement, s'était dit prêt à rencontrer le président américain à n'importe quel moment et à n'importe quel endroit de la planète.

Le conseiller à la sécurité nationale du président Biden a cependant assuré que les deux leaders avaient eu l'occasion de parler assez longuement de toutes les questions relatives aux relations entre les États-Unis et l'Ukraine. Le président Biden a pu dire au président Zelensky qu'il défendrait fermement la souveraineté, l'intégrité territoriale et les aspirations de l'Ukraine à l'avenir, a-t-il soutenu.

Il a par ailleurs refusé de dire si le président américain soutiendrait la demande de Kiev de se joindre à l'OTAN si la question était soulevée.

Ils ont pu parler, essentiellement, de tous les aspects importants de la relation [américano-ukrainienne], y compris en ce qui concerne le soutien des États-Unis à la sécurité de l'Ukraine. Mais pour ce qui est des détails de leurs discussions, je vais laisser les deux hommes en parler eux-mêmes.

En avril, le président ukrainien a appelé l'OTAN à accélérer l'adhésion de son pays à l'organisation afin d'envoyer un vrai signal à Moscou, qui a aussitôt protesté sur fond de tensions croissantes autour de l'est séparatiste de l'Ukraine.

Dans un communiqué, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a par la suite indiqué que les présidents américain et ukrainien avaient discuté du partenariat stratégique entre les deux pays pour soutenir le plan du président Zelensky visant à lutter contre la corruption et à mettre en œuvre un programme de réformes, fondé sur [les] valeurs démocratiques.

Le président Biden a affirmé l'engagement inébranlable des États-Unis envers la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine face à l'agression russe en cours dans le Donbas et en Crimée, disait aussi le communiqué.

La nécessité d'une coopération étroite en matière de sécurité énergétique et de lutte contre la COVID-19, notamment des plans américains pour fournir 900 000 doses de vaccin pour aider l'Ukraine à faire face à la pandémie, ont également fait partie des sujets de discussion, a indiqué Mme Psaki.

Dans son entrevue à Axios, le président Zelensky se disait déçu et surpris de la décision de Joe Biden de renoncer aux sanctions pesant sur une entreprise russe liée au projet de grande envergure Nord Stream, qui doit alimenter l’Allemagne en gaz russe.

L'Ukraine considère ce pipeline comme une menace directe à sa sécurité nationale. La Maison-Blanche y voit elle-même un projet géopolitique du Kremlin qui menace la sécurité énergétique européenne.

Retour sur une saga qui a marqué la présidence Trump

Ils sont assis côte à côte.

Peu après la publication de la retranscription de la conversation téléphonique entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, les deux dirigeants se sont rencontrés pour la première fois en septembre 2019, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Ironiquement, deux des enjeux abordés par les présidents Biden et Zelensky – corruption et annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie – ainsi que le nom de Joe Biden lui-même étaient au cœur de la saga ayant occasionné l'enquête, puis le premier procès en destitution contre Donald Trump, en 2019, puis en 2020.

Les démocrates, qui estimaient que le républicain avait compromis la sécurité nationale pour son bénéfice personnel, l'accusaient d'avoir voulu extorquer à Volodymyr Zelensky la tenue de deux enquêtes favorables à sa réélection, notamment sur Joe Biden, en utilisant comme levier une aide militaire de 391 millions de dollars.

Le président ukrainien recherchait désespérément l'appui politique et militaire des Américains envers son pays, en conflit avec la Russie de Vladimir Poutine, pour lequel Donald Trump ne cachait pas son admiration.

Sur le front est de la Crimée, des combats meurtriers ayant alors fait plus de 13 000 morts opposaient l'ancienne république soviétique à des séparatistes prorusses soutenus par Moscou.

Donald Trump, lui, accusait sans preuve Joe Biden, adversaire plausible – et avéré – pour la présidentielle de 2020, d'avoir tenté de corrompre des responsables ukrainiens.

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