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L’ACFAS demande de l’aide financière pour la recherche académique en français

Une chercheure présente le fruit de ses recherches lors d'un événement de l'ACFAS

L'Association francophone pour le savoir (ACFAS) présente une étude brossant un portrait sombre de l'état de la recherche en milieu francophone minoritaire.

Photo : Hombeline Dumas / ACFAS

Radio-Canada

L’ACFAS demande à Ottawa d’investir pour donner de l’oxygène au milieu académique francophone en situation minoritaire, notamment en créant une structure d’aide pour celui-ci.

Dans une étude publiée lundi, l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) dénonce des conditions difficiles pour la recherche scientifique en français dans les milieux minoritaires.

Manque de soutien et de reconnaissance, tâches administratives et d'enseignement plus lourd, difficulté à organiser des événements scientifiques en français, peut-on lire dans l’étude Portrait et défis de la recherche en français en contexte minoritaire au Canada.

En plus de détailler les difficultés qui pourraient avoir mené à un déclin du nombre de publications scientifiques en français à travers le pays, l’étude fait aussi une série de recommandations pour venir en aide à ce secteur académique.

La plus importante recommandation dans le rapport est la création du Service d’aide à la recherche en français (SARF), un organisme national dont l’objectif serait d’appuyer et de valoriser la recherche en français au Canada.

Le SARF sera appelé à exercer un leadership et à jouer un rôle de premier plan pour mobiliser les organismes responsables dans le secteur de la recherche afin d’assurer l’épanouissement de l’espace de recherche en français, peut-on lire dans le rapport.

On indique que la création du SARF pourrait s’inscrire dans la réforme de la Loi sur les langues officielles qu’a entamée le gouvernement fédéral.

Un déclin remarquable pour le français

Les chiffres mis de l’avant par l’étude de l’ACFAS sont préoccupants pour le milieu académique en situation minoritaire.

Parmi les chercheurs qui ont participé à un sondage dans le cadre de l’étude, 55% disent qu'il est très ou plutôt difficile d'avoir accès à un-e assistant-e de recherche maîtrisant le français aux cycles supérieurs. Ce pourcentage s'élève à 72 % dans l'Ouest, à 55 % en Atlantique et à 44 % en Ontario, selon un communiqué de presse de l’ACFAS.

En ce qui a trait à la publication d’articles scientifiques, l‘étude marque un déclin du français comme langue de publication.

Environ 90 % des nouvelles revues qui ont vu le jour au Canada depuis 2005 sont de langue anglaise, ce qui laisse très peu de place aux revues bilingues et encore moins aux revues de langue française.

Une citation de :Extrait d’un communiqué de presse de l’ACFAS.

Au niveau du financement, un aspect important de la recherche scientifique, le constat est le même, indique l’étude.

Seulement de 5 % à 10 % des demandes auprès des organismes subventionnaires des domaines des sciences de la santé et naturelles sont rédigées en français. En sciences sociales, en arts et en sciences humaines, le pourcentage des demandes en français est passé de 25 % en 1990 à moins de 15 % de nos jours, indique l’ACFAS.

Un homme dans son bureau.

Jonathan Paquette, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa, affirme que les réalités soulignées dans le rapport on un effet réel sur la vie des chercheurs en milieu minoritaire.

Photo : Radio-Canada

Pour Jonathan Paquette, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa, ces chiffres témoignent d’une réalité que vivent les professeurs francophones en milieux minoritaires.

Savoir dans quelle langue on va publier nos travaux, comment ceux-ci vont être valorisés, ce ne sont pas que des préoccupations théoriques, ce sont de vrais enjeux quand on est un chercheur en milieu minoritaire, indique-t-il.

Selon lui, dans le cadre d’une publication commune avec la collaboration entre des francophones et des anglophones, la tentation est forte de renoncer à travailler en français afin de ne pas nuire aux collègues en demandant de publier en français.

Un rapport qui traduit la réalité des milieux minoritaires

Selon la politologue Stéphanie Chouinard, le rapport traduit une réalité méconnue dans le domaine de la recherche en français.

Enfin une étude qui validait mon expérience qui démontre avec des données probantes à l'appui que plusieurs de mes observations étaient largement partagées par mes collègues, explique-t-elle.

Une femme en complet, portant des lunettes, répond à des questions à la caméra.

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de sciences politiques du Collège royal militaire du Canada.

Photo : Radio-Canada

Mme Chouinard souligne que la lecture du rapport a été un soulagement pour elle.

Dans la préface de l’étude, Valérie Lapointe-Gagnon, professeure au campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, explique sa perception de l’importance des universités francophones en milieu minoritaire pour la communauté.

Ils façonnent un espace de vie intellectuelle, culturel, sont un vecteur d’enrichissement et un lieu de dialogue en français en contexte minoritaire. Ils sont également un lieu d’accueil et d’intégration des nouveaux arrivants qui parlent le français et ne maîtrisent pas toujours l’anglais, indique-t-elle.

La majorité des recommandations dans l’étude, outre la création du SARF, demandent une injection de fonds supplémentaires dans la recherche et dans les cours en français dans des universités francophones en milieux minoritaires.

Avec les informations d'Ezra Belotte-Cousineau.

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