•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À quand un plan post-pandémique pour les soins de première ligne?

Un patient attend les mains croisées en jaquette bleue.

Trop de patients sont dirigés à l'urgence après téléconsultation, sans avoir consulté leur médecin de famille.

Photo : Radio-Canada / ICI Estrie/Carl Marchand

Le taux d'occupation des urgences continue de dépasser 100 % dans plusieurs régions du Québec, et ce, malgré la baisse des cas de COVID-19. C'est parce qu'encore trop de patients sont dirigés aux urgences après une téléconsultation, et ce, sans avoir été vus par leur médecin de famille.

Presque trois mois après que le Regroupement des chefs d’urgence du Québec a sonné l’alarme par rapport aux téléconsultations, peu de choses semblent avoir changé dans les hôpitaux du Québec. Les urgentologues sont toujours aussi débordés par le flot de patients qui auraient normalement dû consulter un médecin en clinique.

À 15 h 28 lundi, le site IndexSanté.ca (Nouvelle fenêtre) affichait un taux d’occupation moyen de 104 % dans les salles d’urgence de la province.

Les mois de mai et juin sont les mois les moins occupés historiquement. Cette année, on a passé tout le mois à 100 % ou plus, déplore le Dr Gilbert Boucher de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec. Pourtant, les cas quotidiens de COVID-19 sont en baisse constante depuis plusieurs semaines.

Les patients qui se retrouvent dans nos salles d’attente ont des problèmes relativement légers, mais après une téléconsultation ou deux, leur problème n’est pas réglé et ils se retrouvent chez nous. Ils savent qu’ils n’ont pas besoin d’être à l’urgence, mais malheureusement, c’est le seul moyen qu’ils ont de se faire examiner.

Une citation de :Dr Gilbert Boucher, Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec

Lorsqu’un patient doit se faire examiner par son médecin de famille, la clinique lui demande de remplir un formulaire ou lui pose des questions sur son état de santé pour savoir s’il ressent des symptômes liés à la COVID-19.

Si le patient répond par l'affirmative à l’une ou l'autre des questions, le médecin ne pourra pas effectuer la consultation en clinique pour éviter qu’il ne contamine d’autres patients. Une téléconsultation lui sera alors proposée.

Que ce soit pour une gastro-entérite, une rhinite, ou toutes les allergies qui causent des problèmes ces jours-ci, dès que les patients font un peu de fièvre, ils ne peuvent pas consulter en première ligne et se retrouvent aux urgences, explique le Dr Boucher.

Une nouvelle directive réclamée

Plusieurs patients finissent par s’inquiéter de ne pas voir un médecin en personne, ajoute le Dr Boucher. On leur demande : "Pourquoi êtes-vous ici, monsieur? Pourquoi avez-vous attendu douze heures pour ça?" Parce que je voulais voir un docteur, je voulais me faire examiner et ma clinique ne me donnait pas cette possibilité-là…

La population se retrouve un peu en otage! Parfois, c’est très approprié de les voir, de leur parler, de les examiner correctement. Il va falloir que ça change dans les prochaines semaines […], il va falloir trouver une solution parce que les salles d’urgence ne pourront pas suffire à voir tous ces cas-là.

Il rappelle que le manque de personnel demeure criant et que les équipes sont épuisées.

L’Association des spécialistes en médecine d’urgence réclame un plan post-pandémique au gouvernement portant spécifiquement sur l’accès aux soins de première ligne.

Dans les derniers mois, des cliniques désignées d’évaluation (CDE) ont été mises sur pied pour évaluer les patients qui avaient des symptômes d’infection sans qu’ils aient à se rendre dans des cliniques de médecine familiale ou à l’urgence.

Dans certaines régions, leur nombre demeure insuffisant. Par exemple, la Capitale-Nationale n’en compte que deux pour sa population. On ne sait pas encore combien de temps ces cliniques demeureront actives.

Le Dr Boucher suggère que le gouvernement envoie une directive aux cliniques de médecine familiales pour qu’elles diminuent les téléconsultations et qu’elles se gardent des plages horaires quotidiennes pour voir les patients avec certains symptômes en personne.

Avec le déconfinement, il s’attend à une propagation d’autres virus que celui qui cause la COVID-19, ce qui aura pour effet de maintenir élevés les taux d’occupation dans les urgences.

Taux d’occupation de certaine urgences lundi

  • Hôtel-Dieu de Lévis (Chaudière-Appalaches) : 124 %
  • Hôpital de Thetford Mines (Chaudière-Appalaches) : 150 %
  • Hôpital Fleurimont (Estrie) : 132 %
  • Hôpital Pierre-Le Gardeur (Lanaudière) : 108 %
  • Hôpital régional de Saint-Jérôme (Laurentides) : 151 %
  • Hôpital de la Cité-de-la-Santé (Laval) : 133 %
  • Hôpital Santa Cabrini (Montréal) : 116 %
  • Hôpital Saint-François-D’Assise (Capitale-Nationale) : 118 %

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !