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Procès de François Asselin : un 2e témoin de la Couronne écarte la thèse du trouble mental

François Asselin, accusé du meurtre non prémédité de son père, à son arrivée au palais de justice de Trois-Rivières.

François Asselin, accusé du meurtre non prémédité de son père, à son arrivée au palais de justice de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada

Élyse Allard

Le procès de François Asselin, accusé des meurtres de son père et de son collègue de travail, s’est poursuivi lundi au palais de justice de Trois-Rivières. La Couronne a appelé un expert en psychiatrie légale, le Dr Sylvain Faucher, à la barre des témoins.

Le Dr Faucher a dit baser son analyse sur deux rencontres de près de trois heures réalisées avec François Asselin alors qu'il était en prison ainsi que sur certaines de ses lettres. Il a aussi passé en revue les rapports d'évaluation de collègues du milieu de la santé et du personnel carcéral ayant côtoyé l'accusé ces dernières années.

Le psychiatre légiste a de plus examiné des éléments de la preuve policière, notamment des déclarations des témoins qui l'ont croisé au moment des meurtres, en mai 2018.

Selon ses observations, le Dr Faucher arrive à la conclusion qu'il est improbable que François Asselin souffre d'un trouble psychotique, comme la schizophrénie ou un trouble schizo-affectif.

Le Dr Faucher se garde même d’affirmer qu'il a souffert d'une psychose toxique lors des deux meurtres, même s'il n'écarte pas complètement cette possibilité.

La semaine dernière, une témoin de la défense, la Dre Marie-Frédérique Allard, a déclaré que l’accusé souffre d’un trouble psychotique. Pour sa part, la doctorante en psychologie Julie Dame, aussi appelée à la barre par la défense, a détecté chez l’accusé une structure psychotique avec une tendance paranoïde.

« Son récit n’est pas habituel d’un épisode psychotique »

L’expert en psychiatrie croit plutôt que le jugement de François Asselin a été affecté par sa consommation de drogue. Il avance même que son impulsivité a pu être décuplée par les substances consommées avant son passage à l'acte.

Selon le psychiatre qui cite le DSM-5, soit le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l'Association américaine de psychiatrie, deux de quatre critères doivent être remplis pour parler de schizophrénie, un trouble psychotique.

Ces critères comprennent les idées délirantes, les hallucinations, un trouble de la désorganisation de la pensée et un trouble de comportement désorganisé.

L’expert ne croit pas que François Asselin souffre de schizophrénie. Le Dr Faucher admet toutefois que l'accusé a pu avoir des idées délirantes au moment des meurtres, mais que les trois autres critères ne sont pas assez probants.

Son récit n’est pas habituel d’un épisode psychotique.

Une citation de :Dr Sylvain Faucher, psychiatre légiste

Le médecin légiste note également que ce qui s'apparente à des symptômes de psychose chez François Asselin disparaît alors que l'effet des drogues qu'il a consommées diminue. Il serait donc plus probable, selon le Dr Faucher, que l'accusé se sente coupable des meurtres commis, ce qui aurait déclenché un mécanisme de défense : s’auto-duper de façon involontaire.

En ce sens, le psychiatre conclut que l'accusé souffre possiblement d'un trouble lié à l'usage de substances. L’intoxication de François Asselin lors des événements a influencé son niveau de conscience , indique le Dr  Faucher.

Rappelons que la défense dans ce procès entend démontrer que François Asselin n'est pas criminellement responsable des meurtres de Gilles Giasson et de François Lefebvre dont il est accusé pour cause de troubles mentaux.

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