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Affaire Navalny : Moscou interdit à neuf Canadiens d'entrer en Russie

David Lametti prend la parole devant un micro

Le ministre de la Justice David Lametti se verra interdit d'accès au territoire russe (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Agence France-Presse

La Russie a annoncé lundi des sanctions contre neuf responsables du Canada – dont le ministre de la Justice –, en représailles à des mesures similaires d'Ottawa adoptées en mars pour protester contre le traitement infligé à l'opposant Alexeï Navalny.

Dans un communiqué, la diplomatie russe précise avoir interdit d'entrée en Russie ces neuf responsables pour une période indéterminée.

Parmi les personnes sanctionnées : le ministre de la Justice David Lametti, la responsable de l'administration pénitentiaire canadienne Anne Kelly, la cheffe de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) Brenda Lucki, le chef du renseignement des Forces canadiennes Scott Bishop et la sous-ministre déléguée principale à la Défense nationale Jody Thomas.

La liste compte également le ministre des Affaires intergouvernementales Dominic LeBlanc, la responsable auprès du cabinet du premier ministre Marci Surkes, le sous-commissaire à la GRC Brian Brennan et le vice-chef d'état-major de la Défense Mike Rouleau.

La diplomatie russe précise qu'il s'agit de mesures de représailles à des sanctions canadiennes contre neuf responsables russes annoncées le 24 mars.

Affaires mondiales Canada a réagi à la décision russe par un court communiqué :

« Nous sommes au courant de la décision de la Russie d'interdire à neuf Canadiens d'entrer en Russie en représailles aux sanctions imposées par le Canada le 24 mars.

  • Les sanctions imposées par la Russie à l'encontre de personnes canadiennes, y compris des membres du gouvernement, sont inacceptables et non fondées.
  • Les sanctions du Canada ont été imposées en réponse au traitement continu d'Alexeï Navalny et de ses partisans.
  • Nous restons profondément préoccupés par la détérioration de la situation des droits de l'homme en Russie et par le rétrécissement de l'espace pour la société civile et les voix indépendantes.
  • Nous soutenons les Canadiens qui ont été ciblés et nous continuerons à travailler avec nos partenaires pour défendre la démocratie.
  • Nous devons nous unir pour rappeler à ceux qui violent les droits de la personne et les droits démocratiques que le monde nous regarde. »

Ottawa avait indiqué que les mesures contre la Russie s'inscrivaient dans le cadre d'un effort diplomatique concerté visant à faire pression sur les hauts responsables de l'administration russe impliqués dans la tentative de meurtre contre Alexeï Navalny.

Les sanctions canadiennes ont visé neuf hauts fonctionnaires, dont le patron des puissants services de sécurité russes (FSB) Alexander Bortnikov, le chef des services pénitentiaires Alexandre Kalachnikov ou encore le procureur général du pays Igor Krasnov. Elles prévoient notamment le gel de leurs avoirs au Canada.

Alexeï Navalny, 45 ans, est retourné en Russie en janvier d'une convalescence en Allemagne après un grave empoisonnement dont il tient le président russe Vladimir Poutine pour responsable.

Il a été arrêté dès son arrivée et purge depuis fin février une peine de deux ans et demi de prison pour une affaire de fraude qu'il dénonce comme politique.

Des dizaines de pays, dont la France, les États-Unis et le Canada, ont critiqué la Russie pour le traitement infligé à M. Navalny et la répression de ses partisans.

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