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Vers des logiciels de visioconférence plus inclusifs

Illustration de 9 personnes connectées sur un logiciel de visioconférence.

Les plateformes de visioconférence ont été montrées du doigt à maintes reprises pour leur manque d'inclusivité.

Photo : Getty Images / Blake Callahan

Radio-Canada

Les services de visioconférence se vantent souvent de l'utilisation « intuitive » de leur technologie, ou de son « intégration » avec d'autres outils. Aujourd'hui, des fournisseurs tels que Google et Cisco se vantent d’un autre attribut : l’inclusivité.

La plus importante utilisation du mot inclusif et le développement des logiciels qui l'accompagne montrent comment les entreprises technologiques s’affairent à garantir, notamment aux internautes de la communauté noire, des applications qui ne les laisseront pas sur la touche.

Les changements découlent en partie de la nouvelle vague du mouvement Black Lives Matter (la vie des personnes noires compte), qui a incité les fournisseurs et leur clientèle à penser au-delà des besoins d'un public blanc et anglophone. La pandémie a aussi joué son rôle en forçant une importante partie de la population au télétravail, créant une forte dépendance à la technologie.

Des initiatives de toutes parts

D’ici la fin du mois de juin, le géant Google, une filiale d'Alphabet, prévoit de déployer une fonction d'intelligence artificielle (IA) qui répond au problème de la sous-exposition des peaux plus foncées dans les visioconférences.

En janvier, Cisco a lancé une fonction de reconnaissance des gestes pour afficher un pouce en l’air dans son application de visioconférence Webex, en prenant soin de s'assurer que les différentes couleurs de peau ne sont pas un obstacle.

GoToMeeting de LogMeIn, Teams de Microsoft et Workplace de Facebook comptent maintenant des options de traduction ou de prononciation, ce que ces entreprises décrivent comme un effort d'équité.

Aujourd'hui, la technologie n'est pas aussi inclusive qu'on le voudrait, croit Jeetu Patel, vice-président senior et directeur général de la sécurité et de la collaboration de Cisco.

Il est devenu essentiel de définir les valeurs et les principes qu'un produit doit défendre, ajoute-t-il.

De mauvais bilans

L'industrie technologique est depuis longtemps sous le feu des critiques pour ses mauvais résultats en matière de diversité sur le lieu de travail. Son incapacité à reconnaître les façons dont la conception de ses logiciels peut perpétuer la discrimination est aussi montrée du doigt.

Les inquiétudes concernant l’inclusivité dans les vidéoconférences ont été sous le feu des projecteurs en septembre dernier, notamment après que Colin Madland, un doctorant de l'Université de Victoria, en Colombie-Britannique, a publié sur Twitter une capture d'écran d'un collègue noir apparaissant sans tête avec un arrière-plan virtuel sur Zoom.

Des études portant sur d'autres systèmes de recadrage de l'IA ont montré qu'ils généraient plus d'erreurs avec les peaux foncées, en partie parce que les données utilisées pour entraîner les algorithmes incluent surtout des exemples de peaux plus claires.

Le biais n'était pas en jeu, mais plutôt une combinaison de la distance entre l'internaute et la caméra, de l'utilisation d'écouteurs et de la position assise, a défendu le responsable de la diversité de Zoom, Damien Hooper-Campbell.

Le problème s'est atténué après que le collègue de Colin Madland a acheté un écran vert et un éclairage tape-à-l'œil, selon le doctorant. 

Pour Zoom et ses plateformes rivales, le fait d'assurer l'inclusion pourrait constituer un avantage dans la course aux contrats post-pandémie, avec une clientèle qui cherche elle aussi à rendre des comptes en matière de diversité.

Selon le cabinet de conseils en technologie Gartner, les dépenses mondiales en visioconférence basées sur le nuage devraient atteindre 5,41 milliards de dollars américains cette année, contre 5,02 milliards en 2020.

Une représentation inégale

Les personnes au teint foncé ne sont pas représentées de manière égale, et nous voulons construire des produits pour tout le monde, affirme Niklas Blum, chef de produit de Google impliqué dans Meet.

La prochaine fonctionnalité de Google Meet s'attaque au problème des personnes qui apparaissent plus foncées en raison de leur environnement, par exemple lorsqu'elles sont assises devant une fenêtre, selon ce qu’avance Niklas Blum.

L'IA séparera les personnes de leur arrière-plan, déterminera si elles sont sous-exposées, peu importe leur couleur de peau, éclaircira l'image en conséquence, et, enfin, fusionnera l'arrière-plan et le premier plan.

La salle d'attente virtuelle de Meet invitera quant à elle les utilisateurs et utilisatrices à ajuster la lumière de leur caméra lorsque le logiciel détectera un éclairage déficient, selon Stéphane Hulaud, chef de produit pour la qualité et le traitement vidéo de Meet.

Les problèmes d’inclusivité de Google Meet ont été recensés bien avant la pandémie, selon Niklas Blum et Stéphane Hulaud. Le développement d’une fonctionnalité pour améliorer la qualité des appels vidéo en faible luminosité sur les téléphones intelligents leur a mis la puce à l’oreille. Si l’équipe a pris beaucoup de temps à élaborer une solution pour inclure toutes les couleurs de peaux, ça a permis d’établir des procédures de test d'inclusion et les rendre obligatoires pour tous les outils en développement de Google Meet.

Le logo de Google Meet. Il s'agit d'une illustration de caméra minimaliste dans une bulle de dialogue.

Google Meet était jusqu’en avril 2020 destiné exclusivement aux entreprises.

Photo : Google

Les recherches de solutions inclusives de Google ne s’arrêtent pas là : Meet propose aux fabricants d'ordinateurs portables et aux systèmes d'exploitation un meilleur contrôle de la balance des blancs et de l'exposition des caméras. En interne, le géant a adopté des exigences minimales de réflectivité de la lumière pour la conception de ses salles de conférence.

Pour Cisco, la nouvelle option de reconnaissance des gestes, lorsqu'elle est activée, permet aux utilisateurs et utilisatrices de générer un pouce en l’air virtuel lorsqu’un pouce est montré devant la caméra pendant environ une seconde

Cisco a construit l’IA de son logiciel de visioconférence Webex pour qu'elle se concentre sur la forme, le contour et le mouvement du geste dans le temps et l'espace, réduisant ainsi les problèmes potentiels liés à la teinte de la peau, selon ce qu’a expliqué Keith Griffin, un ingénieur de l’entreprise.

Les mains qui prient pour dire merci font partie des gestes qui seront intégrés prochainement, avec une fonction qui interprète le langage des signes comme objectif à terme. Webex prévoit également d'ajouter des options de couleur de peau autres que le jaune pour ses émojis.

Avec les informations de Reuters

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