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Dans une lettre, des médecins winnipégois exigent plus de soutien pour les infirmières

Des infirmières dans le couloir d'un hôpital.

Des médecins des services d'urgence de Winnipeg affirment que les soins apportés aux patients sont compromis par la surcharge de travail et le manque d'effectifs du personnel infirmier.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que le Manitoba est aux prises avec un système de soins de santé débordé à cause du coronavirus, des médecins de Winnipeg demandent au gouvernement d'intervenir afin que les infirmières ne s'épuisent pas et ne quittent pas la profession.

Des dizaines de médecins de trois hôpitaux de Winnipeg ont signé une lettre envoyée samedi au premier ministre Brian Pallister et au ministre de la Santé par intérim, Kelvin Goertzen, pour faire part de leur grande préoccupation quant à l'état du personnel infirmier dans les services d'urgence de la ville. La lettre affirme que le moral et les effectifs sont au plus bas.

Le terme "épuisement" me vient à l'esprit, mais je ne pense pas qu'il résume complètement la situation, dit Noam Katz, médecin à l'Hôpital Saint-Boniface, qui fait partie de la soixantaine de médecins qui ont signé la lettre.

Les infirmières font littéralement face à la vie et à la mort tous les jours. Une fois qu'on y ajoute la fatigue, causée à la fois par la pandémie prolongée et le nombre exceptionnellement élevé d'heures travaillées, le niveau de stress grimpe en flèche et peut nuire à leur bien-être physique et mental.

Une citation de :Noam Katz, médecin à l'Hôpital Saint-Boniface

De plus, la lettre indique que de nombreuses infirmières se sentent peu soutenues et peu appréciées, ce qui, ajouté aux autres facteurs de stress, constitue une recette pour l'épuisement professionnel.

Les infirmières des services d'urgence du Manitoba se sentent abandonnées par la province et le syndicat, n'ayant pas obtenu l'augmentation de salaire prévue dans le cadre du programme COVID-19, mentionne la lettre.

En décembre, la province a signé une entente avec le Syndicat des infirmières et infirmiers du Manitoba afin d'accorder une hausse salariale temporaire aux membres du personnel de ce corps de métier travaillant aux soins intensifs, dans les salles de COVID-19 et dans les foyers de soins personnels.

Les infirmières et infirmiers des salles d'urgence ont été exclus de l'entente. Très franchement, nous avons tous été déconcertés par cette décision, explique le Dr Katz. Tous les patients atteints de la COVID-19 passent par notre service. C'est souvent les procédures les plus risquées qui sont effectuées au service des urgences, et c'est l'environnement le plus chaotique de l'hôpital. C'est par notre service que les patients passent avant d'être stabilisés dans des endroits comme l'unité de soins intensifs ou les salles de COVID-19.

À l’aube d’une possible grève

Dimanche, les infirmières représentées par le syndicat ont commencé à voter pour savoir si elles veulent ou non faire la grève après avoir travaillé sans contrat pendant plus de quatre ans.

Le Dr Katz affirme que les soins prodigués aux patients sont compromis en raison du manque de personnel dans les services d'urgence.

Dans le seul service d'urgence de Saint-Boniface, au moins cinq lits, dont ceux destinés aux patients les plus malades, n'ont pas été utilisés au cours des derniers jours, a-t-il dit.

Nous perdons la capacité d'utiliser l'espace que nous avons déjà parce que nous n'avons pas le personnel disponible pour garder ces lits très, très précieux, précise le Dr Katz.

La lettre demande au gouvernement de reconnaître le rôle essentiel des infirmières des urgences dans les soins prodigués aux patients atteints de la COVID-19 et à d'autres patients gravement malades, et de réajuster leurs salaires et leurs avantages sociaux d'une manière conforme à leurs contributions.

Je pense que, lorsque nous parlons de héros et que nous parlons des personnes qui sont les piliers de notre système, le personnel infirmier figure tout en haut de cette liste, conclut Noam Katz.

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