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Migrants : Kamala Harris veut porter un message d'« espoir » au Mexique et au Guatemala

Kamala Harris et Pedro Brolo sur un tarmac devant un avion, saluant de la main.

Après un problème technique qui a forcé son avion à faire demi-tour juste après le décollage, Kamala Harris s'est finalement posée sur la base aérienne où elle a été accueillie par le ministre des Affaires étrangères du Guatemala, Pedro Brolo.

Photo : AP / Jacquelyn Martin

Agence France-Presse

Kamala Harris est arrivée dimanche au Guatemala, avant de se rendre au Mexique, un premier voyage international pour la vice-présidente américaine qui affirme vouloir « donner de l'espoir » à une région d'où viennent la majorité des migrants arrivant à la frontière sud des États-Unis.

Chargée par Joe Biden en mars du dossier sensible de l'immigration clandestine, l'ex-candidate à la présidentielle est restée jusqu'ici en retrait sur cette épineuse question, et plus généralement discrète depuis son arrivée à la Maison-Blanche le 20 janvier.

Elle veut désormais élaborer une stratégie globale pour s'attaquer aux causes de l'afflux de milliers de migrants qui complique le début de mandat du président démocrate.

Nous devons donner aux gens un sentiment d'espoir que l'aide est en train d'arriver, que s'ils restent (dans leurs pays d'origine), cela va s'améliorer, insiste l'ex-sénatrice de Californie.

Après un problème technique qui a forcé son avion à faire demi-tour juste après le décollage, la vice-présidente s'est finalement posée sur la base aérienne située au sud de Guatemala, où elle a été accueillie par le ministre des Affaires étrangères guatémaltèque Pedro Brolo, avant une rencontre prévue lundi avec le président Alejandro Giammattei.

À l'extérieur de la base, une trentaine de personnes, majoritairement d'anciens militaires de droite, sympathisants de l'ancien président Donald Trump, ont manifesté contre cette visite aux cris de Kamala, dehors ou Kamala, mêle-toi de tes affaires.

Des manifestants tenant des pancartes et des drapeaux.

Des manifestants invitant la vice-présidente des États-Unis à « se mêler de ses affaires » l'attendaient à son arrivée au Guatemala.

Photo : Reuters / STRINGER

Rencontre avec le président du Mexique

Mardi, la vice-présidente sera au Mexique pour rencontrer le président Andres Manuel Lopez Obrador.

Elle s'entretiendra aussi avec des représentants de la société civile et des dirigeants syndicaux et patronaux, précise son équipe.

Kamala Harris veut avoir des conversations très franches et honnêtes à propos de la nécessité de lutter contre la corruption, les crimes et la violence au Guatemala, en particulier lorsque ces maux visent certaines des populations les plus vulnérables.

Elle dit ce qu'elle pense, ce qui est bien. Elle est franche, a reconnu le président guatémaltèque sur CBS, dans un entretien diffusé dimanche.

Pour le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, il s'agira principalement de trouver des accords pour accélérer la croissance des investissements et du bien-être social dans le sud du Mexique, ainsi qu'au Guatemala, au Honduras et au Salvador, pour que l'émigration ne soit qu'une option et pas une obligation du fait de la pauvreté et l'insécurité.

Un sommet en 15 ans

Le nombre de migrants sans papiers arrêtés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis a atteint en avril son plus haut niveau depuis 15 ans.

Parmi ces plus de 178 600 migrants, dont des mineurs arrivés seuls, 82 % venaient du Mexique et du triangle nord de l'Amérique centrale : Guatemala, Honduras et Salvador.

Les millions de doses de vaccins contre la COVID-19 promises par Washington à l'Amérique latine devraient aussi être évoquées.

Kamala Harris a prévenu directement par téléphone les chefs d'État guatémaltèque et mexicain jeudi, juste avant que Joe Biden annonce qu'une première tranche de six millions de doses serait distribuée en Amérique latine et aux Caraïbes par le biais du mécanisme COVAX, et que six autres millions seraient livrées directement par Washington à des pays partenaires comme le Mexique, le Canada ou encore l'Égypte.

Politique migratoire plus « humaine »

La tournée de la vice-présidente s'inscrit dans le cadre de la promesse de Joe Biden d'adopter une politique migratoire plus humaine après l'approche sévère de son prédécesseur Donald Trump.

Les défis que connaît Kamala Harris semblent plus complexes que ceux rencontrés par le président démocrate lorsqu'il était chargé du même dossier, en tant que numéro deux de Barack Obama.

Plusieurs responsables politiques du triangle nord ont été désignés en mai par l'administration Biden comme des fonctionnaires corrompus.

Le président hondurien Juan Orlando Hernandez a été mis en cause par un tribunal de New York dans le cadre de la condamnation de son frère pour trafic de cocaïne aux États-Unis.

L'opposition républicaine, elle, accuse Joe Biden d'être responsable d'une catastrophe frontalière, affirmant qu'il a créé un véritable appel d'air en assouplissant les politiques migratoires de son prédécesseur.

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