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Des dirigeants d'Air Canada remettront leurs primes de rendement

Des avions d'Air Canada attendent sur le tarmac de l'aéroport Pearson, à Toronto.

Des avions d'Air Canada attendent sur le tarmac de l'aéroport Pearson, à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

De hauts dirigeants d'Air Canada rendront les primes de rendement qui leur ont été versées, après que cette mesure eut créé l'indignation.

La direction d’Air Canada en a fait l’annonce en soirée par voie de communiqué. Elle dit prendre acte de la déception manifestée en public à l'égard de ses programmes de rémunération pour 2020 s'adressant aux hauts dirigeants.

Constatation faite et pour contribuer à remédier à cette conséquence non souhaitée, les vice-présidents généraux et le président et chef de la direction actuels d'Air Canada ont choisi de volontairement rendre leurs primes et leurs droits à la plus-value d'actions de 2020, déclare l’entreprise.

L'ancien président et chef de la direction d'Air Canada, Calin Rovinescu, qui a pris sa retraite en février 2021, remettra la valeur de sa prime et de ses droits à la plus-value d'actions pour 2020 à la Fondation Air Canada, ajoute le transporteur aérien dans son communiqué.

Le patron d'Air Canada, Calin Rovinescu

Calin Rovinescu est l'ancien président d'Air Canada.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Ces primes de rendement ont été accordées sous le vocable de primes de motivation liée à la COVID-19 et octroyées uniquement à ses dirigeants.

Dans son communiqué, Air Canada explique que le programme de primes de 10 millions de dollars visait à motiver et à fidéliser plus de 900 employés. Plus de 8 millions de ces 10 millions ont été attribués à des cadres intermédiaires (exclusion faite des dirigeants) en reconnaissance de leur travail durant une période de grands bouleversements et de risques élevés pour l'organisation, précise-t-on.

Les cadres intermédiaires qui ont travaillé très fort et assuré la survie de la société durant une période de grands bouleversements et de risques élevés pour l’organisation conservent leur prime, a indiqué par courriel Pascale Déry, directrice des relations avec les médias d’Air Canada.

La direction avait défendu et justifié cette décision en invoquant le fait que les programmes de rémunération variable représentent une pratique normale dans l’industrie.

Ces montants alloués sont plus petits que les montants qui auraient été payés sous le régime annulé et qui ne seraient pas liés à la performance financière de la compagnie. Les programmes de rémunération variable sont depuis des années une forme normale de reconnaissance envers un groupe limité pour leurs efforts, soutenait Pascale Déry.

« Un pas dans la bonne direction »

Dans une déclaration commune, la ministre des Finances Chrystia Freeland et le ministre des Transports Omar Alghabra saluent cette volte-face et invitent la direction à opter pour plus de bienséance à l'avenir.

Malgré le fait que cette situation aurait pu être complètement évitée par Air Canada, nous reconnaissons qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction de la part des cinq cadres supérieurs quant au remboursement des primes et des unités d'appréciation des actions qu'ils ont reçues pour l’année 2020, affirment-ils.

Les Canadiens ont raison de s'attendre à ce que les entreprises se comportent de manière responsable – surtout en ce qui a trait à la rémunération des cadres – lorsqu’elles reçoivent un soutien financier de la part du gouvernement pendant la pandémie, ajoutent-ils.

Chrystia Freeland parle en étendant les mains devant elle.

La ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La ministre Freeland n’avait pas caché que le comportement de l’entreprise l’avait irritée. Je suis très déçue, c'est inapproprié, a-t-elle dit. Je dis ça en tant qu'une des actionnaires principales de la compagnie, à la suite du plan de sauvetage de six milliards de dollars du gouvernement Trudeau.

L’accord prévoyait aussi une limite maximale de 1 million de dollars aux primes versées aux dirigeants jusqu’à 12 mois après le remboursement total du prêt. Le gouvernement a aussi investi 500 millions pour acquérir une part de 6 % de l’entreprise.

Elle ne comptait pas exiger de remboursement, mais elle a assuré qu’Ottawa ferait part de son mécontentement à l’entreprise.

Une vague l'indignation

La décision du conseil d'administration de donner des primes aux hauts dirigeants de la compagnie a entraîné une vague d’indignation au pays.

Le syndicat des agents de bord d’Air Canada a dénoncé cette pratique, rappelant la mise à pied en 2020 de plus de la moitié des 21 700 employés, sans subvention salariale fédérale, suivant des pertes financières de 5 milliards de dollars.

Les partis d’opposition à la Chambre des communes ont aussi vivement critiqué la décision du transporteur et réclamé des réponses. Plusieurs députés ont qualifié l’octroi de ces primes comme étant ignoble, immoral, indécent et scandaleux.

Les parlementaires ont d'ailleurs condamné la décision de la haute direction d’Air Canada de s'allouer des primes. Le Bloc québécois a déposé une motion jeudi demandant expressément que «[la] Chambre dénonce la décision de la haute direction d’Air Canada de s’attribuer des primes de 20 millions de dollars, alors que la compagnie a reçu près de 6 milliards de dollars en aide publique.

La veille, le premier ministre Justin Trudeau avait qualifié la situation d’inacceptable et déclaré que les Canadiens étaient en droit de demander des explications solides à la compagnie. Il s'est dit choqué de voir que tandis que le transporteur était en train de négocier ses contrats avec nous, Air Canada donnait des bonis énormes aux cadres.

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