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Des critiques dénoncent le manque de lois protégeant les espèces menacées en C.-B.

Face d'un hibou petit-duc de l'Ouest.

Les petits-ducs des montagnes sont en péril en Colombie-Britannique.

Photo : Ann Nightingale

Radio-Canada

La découverte d'une espèce menacée dans une forêt au coeur d'un conflit d'exploitation forestière en Colombie-Britannique pousse les critiques à dénoncer le gouvernement provincial pour n'avoir pas tenu sa promesse électorale de 2017 d'adopter des lois pour protéger les animaux en péril.

Ce printemps, des habitants de l'île de Vancouver ont découvert des petit-ducs des montagnes, une espèce de hiboux, près du lac Cowichan, où des manifestants tentent d'empêcher l'abattage d'arbres centenaires.

Des écologistes ont appelé la province à prendre des mesures pour protéger ces oiseaux. Ils lui demandent de suspendre les activités d'exploitation forestière dans la région jusqu'à la fin de la saison de reproduction.

La Colombie-Britannique dispose de certaines politiques, comme la Loi sur la faune, pour protéger les espèces menacées. Cependant, elle n'a pas de lois spécifiques comme la plupart des autres provinces, qui incluent des mesures contraignantes telles que la protection ou la réhabilitation de l'habitat.

Par exemple, les lois actuelles pourraient protéger les arbres contre l'abattage, là où niche un petit-duc des montagnes, mais l'exploitation forestière peut toujours être autorisée autour des oiseaux.

Des scientifiques soulignent que cela ne suffit pas à les protéger.

Ottawa est parfois intervenu pour invoquer la Loi sur les espèces en péril et la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, comme il l'a fait récemment pour protéger des nids de colibris à Burnaby contre les menaces engendrées par la construction autour du pipeline Trans Mountain.

Tara Martin, professeure au Département de foresterie et de sciences de la conservation à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), affirme que la province a plus d'espèces en péril que toute autre province et a besoin de ses propres lois pour assurer adéquatement leur survie.

Nous avons 1800 espèces en déclin et le gouvernement a été élu avec le mandat d'élaborer et de mettre en œuvre une législation sur les espèces menacées conçue en Colombie-Britannique , dit-elle.

Malheureusement, il n'a pas donné suite.

Pas d’échéancier en vue

En 2017, le Nouveau parti démocratique (NPD) de la Colombie-Britannique indiquait dans sa plate-forme qu'il adopterait une loi sur les espèces en voie de disparition et harmoniserait d'autres lois pour s'assurer qu'elles œuvrent toutes à l'objectif de protéger notre belle province .

La province a commencé un processus pour promulguer une loi, qui comprenait la contribution de scientifiques comme la professeure Martin, mais elle a finalement échoué en raison de la pression de l'industrie, selon cette dernière.

Ça s'est vraiment effondré pour une raison clé, et c'était une réaction du secteur forestier au sujet de la protection des forêts anciennes pour le caribou des montagnes du Sud, explique-t-elle. 

Sonia Furstenau, chef du Parti vert de la Colombie-Britannique et députée de la vallée de Cowichan, a aidé son parti à rédiger et à déposer une loi sur les espèces en voie de disparition deux mois avant que le NPD ne soit élu en tant que gouvernement minoritaire en 2017 et n’obtienne le soutien de son parti.

Elle dit que l'attente de voir le gouvernement adopter sa propre loi s'est dissipée lorsqu'il est devenu clair que ce n'était pas une priorité.

C'est vraiment décourageant de voir encore une autre chose que ce gouvernement a promise tomber du bord de la table et être ignorée, déplore Mme Furstenau.

Les espèces en péril, « une priorité »

Dans un communiqué, le ministère de l'Environnement et de la Stratégie sur le changement climatique soutient que la protection des espèces en péril continue d'être une priorité, mais n'a pas précisé quand la législation pourrait être adoptée.

Au lieu de cela, il décrit les efforts de consultation déployés dans toute la province jusqu'en 2018 concernant la protection et la gestion des espèces en voie de disparition.

Le ministère dit que la Colombie-Britannique est en tête du pays avec le pourcentage le plus élevé d'aires protégées, dont beaucoup abritent des espèces en péril.

Il dit travailler avec les communautés autochtones et Ottawa pour développer des approches provinciales et des outils politiques plus larges afin d'obtenir des résultats positifs pour la biodiversité et le rétablissement des espèces .

Cela inclura l'examen des options législatives, précise le ministère.

Avec les informations de Chad Pawson

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