•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

160 morts dans l'attaque la plus meurtrière au Burkina Faso

Des soldats au Burkina Faso.

Le Burkina Faso est régulièrement la cible d'attaques meurtrières.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

L'attaque la plus meurtrière menée au Burkina Faso depuis le début des violences djihadistes, il y a six ans, a fait 160 morts, selon un dernier bilan donné dimanche, et illustre la descente aux enfers de ce pays et de ses voisins sahéliens.

Le bilan de l'attaque menée par de présumés djihadistes dans la nuit de vendredi à samedi à Solhan, commune rurale du nord-est du Burkina, n'a cessé de grimper : d'une centaine, il est passé à 138, puis à 160, selon des sources locales.

Une vingtaine d'enfants

Au total, 160 corps ont été inhumés [samedi] dans trois fosses communes par les populations locales [...], dont une vingtaine d'enfants, a déclaré un élu de la région.

Un bilan confirmé par une autre source locale qui a précisé que 50 corps ont été enterrés dans chacune des deux fosses communes et 60 corps dans le troisième fossé.

Les populations elles-mêmes ont procédé à l'enlèvement et à l'enterrement des corps après les avoir rassemblés et transportés sur des triporteurs, a ajouté cette source.

L'élu local a affirmé que la situation est encore volatile dans la zone malgré l'annonce d'opérations militaires et que les populations continuent à fuir Solhan pour les agglomérations proches de Sebba et Dori. Beaucoup ont tout perdu après l'incendie de leurs biens et de leurs habitations, a-t-il dit.

Solhan est une petite localité située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha qui a enregistré ces dernières années de nombreuses attaques attribuées à des djihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Cette zone est proche des frontières avec le Mali et le Niger.

Les groupes djihadistes entre trois pays

Depuis l'invasion du nord du Mali, en 2012, par des groupes djihadistes, la situation s'y est aggravée en dépit de l'intervention militaire française – d'abord Serval, puis Barkhane, plus étendue – et a fait tache d'huile, les groupes djihadistes frappant désormais le Burkina et le Niger, essentiellement dans ou près de la zone dite des trois frontières entre ces pays.

Les attaques sont régulières depuis près de dix ans au Mali et déstabilisent gravement ce pays qui vient de connaître un second coup d'État en moins d'un an, entraînant la suspension de la coopération militaire de la France.

Assimi Goïta est entouré de militaires lors d'un point de presse.

Le colonel Assimi Goïta est devenu le chef de l'État malien.

Photo : Getty Images / MICHELE CATTANI

Le Burkina, épargné par les violences du temps de Blaise Compaoré (1987-2014), accusé d'avoir négocié avec les groupes djihadistes pour préserver son pays, en est la victime depuis 2015 : au moins 1400 morts et un million de déplacés.

Le nouveau président Roch Marc Christian Kaboré, qui a succédé en 2015 à Blaise Compaoré, a fait de la lutte antiterroriste sa priorité et a été réélu en 2020 en grande partie sur la promesse de ramener la paix dans son pays.

Des attaques de plus en plus nombreuses

L'armée burkinabè, faible et mal équipée, ne parvient cependant pas à contrer les attaques de plus en plus nombreuses et doit s'appuyer sur des supplétifs civils, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), qui paient un lourd tribut à la lutte antidjihadiste.

Au Niger, le nouveau chef de l'État Mohamed Bazoum estime que son pays est avant tout victime de la situation au Mali d'où, selon lui, viennent les groupes djihadistes qui le frappent. Le Niger a lui aussi été victime le 21 mars d'attaques massives contre des villages de la région de Tilla, proche de la frontière malienne, qui ont fait 141 morts.

La communauté internationale condamne systématiquement ces attaques barbares sans sembler être en mesure de les contrer.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a annoncé dimanche un voyage cette semaine au Burkina Faso, au cours duquel il exprimera à nouveau la solidarité de la France, ancienne puissance coloniale.

Dénonciation internationale

En condamnant samedi l'attaque de Solhan, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a souligné la nécessité urgente que la communauté internationale renforce son soutien à l'un de ses membres dans son combat contre la violence extrémiste et son bilan humain inacceptable.

Le pape a dit avoir prié pour les victimes du massacre de Solhan. L'Afrique a besoin de paix, pas de violence, a-t-il estimé.

L'Union européenne (UE) a également condamné ces attaques lâches et barbares, appelant à tout mettre en oeuvre pour que leurs auteurs répondent de leurs actes.

L'attaque massive de Solhan en a suivi de près une autre, menée tard vendredi soir, sur un village de la même région, Tadaryat, au cours de laquelle au moins 14 personnes ont été tuées.

Ces attaques surviennent une semaine après deux autres, dans la même zone, qui ont fait quatre morts.

Les 17 et 18 mai, 15 villageois et un soldat avaient été tués lors de deux assauts contre un village et une patrouille dans le nord-est du pays.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !