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Le quartier chinois de Montréal est menacé par l'embourgeoisement

Le boulevard Saint-Laurent à la hauteur de la porte d'entrée du quartier chinois, où des cônes orange et des voitures se côtoient.

Les autorités municipales et provinciales sont sous pression pour éviter le développement incontrôlé du quartier chinois.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Des hôtels et des copropriétés de luxe ont vu le jour autour de la porte ornée de rouge et d'or qui marque l'entrée sud du quartier chinois de Montréal, dominant les restaurants chinois et les magasins familiaux.

Selon Jonathan Cha, urbanologue montréalais et expert du quartier chinois, les inquiétudes concernant l'avenir du quartier du centre-ville ont récemment atteint un nouveau sommet lorsqu'un promoteur a acheté des bâtiments sur l'un de ses îlots historiques, notamment le bâtiment Wing, du nom d'un fabricant de nouilles qui s'y était installé depuis longtemps. Un futur tramway pourrait également passer par là, une pression de plus sur le quartier.

M. Cha dit que Montréal n'a pas de règles spécifiques pour contrôler le développement dans le quartier chinois, ce qui entraîne la prolifération de copropriétés de luxe, l'embourgeoisement et la hausse des loyers, menaçant la vie communautaire dynamique de ses habitants. Le principal danger est que le quartier chinois, en particulier la rue De La Gauchetière, devienne simplement une zone de restauration touristique avec de jolies lanternes et quelques couleurs et décorations [...]. Le quartier chinois, ce n'est pas que cela.

Nous voulons nous assurer que nous préserverons les bâtiments où les gens se rencontrent et se rassemblent, où ils ont un temple bouddhiste, une association familiale, des équipements communautaires et des lieux culturels, ajoute-t-il.

La Ville de Montréal s'est engagée à présenter un plan d'action pour le quartier chinois au cours des prochaines semaines, à la suite de consultations amorcées il y a deux ans. La mairesse Valérie Plante et le gouvernement du Québec ont également annoncé le mois dernier la création d'un comité dont l'objectif est de protéger le patrimoine du quartier.

La semaine dernière, Mme Plante faisait partie des politiciens présents à un forum organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui a réuni les trois ordres de gouvernement et des membres de la communauté.

Double impact de la pandémie

Les personnes présentes ont convenu que la pandémie de COVID-19 a durement frappé le quartier chinois. Si les commerces ont souffert partout, le quartier a dû faire face non seulement à une forte baisse du tourisme et de la circulation des employés de bureau, mais aussi à une vague de racisme anti-asiatique.

M. Cha et d'autres membres du Groupe de travail sur le quartier chinois de Montréal demandent depuis longtemps aux gouvernements provincial et municipal d'accorder à ce lieu et à certains de ses bâtiments la désignation patrimoniale, ce qui n'a pas encore été fait. Ils disent également que des règles doivent être établies pour garantir que les nouveaux projets de développement respectent l'histoire de l'endroit.

Bien qu'il ait bon espoir de voir des changements, M. Cha affirme que les problèmes avec lesquels le quartier chinois doit composer surviennent après des décennies de négligence – ou pire – de la part des responsables de la Ville. Une grande partie du quartier a déjà été démolie dans les années 1960 et 1970 pour faire place à de grands projets.

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