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Présidentielle au Pérou : les candidats assurent qu'ils respecteront les résultats

 Un homme masqué avec un chapeau salue ses partisans.

Le candidat Pedro Castillo après avoir voté à Tacabamba.

Photo : AP / Martin Mejia

Agence France-Presse

Le candidat de la gauche radicale Pedro Castillo et la représentante de la droite populiste Keiko Fujimori, les deux finalistes surprises du second tour de la présidentielle au Pérou, ont assuré dimanche qu'ils respecteront le verdict des 25 millions d'électeurs appelés à les départager.

Nous serons respectueux du décompte des voix, a déclaré l'instituteur de 51 ans, vêtu d'une veste marron et du chapeau blanc typique de sa région d'origine de Cajamarca (nord), où il a voté dans la ville de Tacabamba, suivi dans les rues par des centaines de partisans.

M. Castillo a précisé qu'il ne se rendrait pas dans la capitale, Lima, pour attendre les résultats.

Quel que soit le résultat, je respecterai la volonté populaire, a renchéri Keiko Fujimori, 46 ans, qui devait aller voter dans l'après-midi dans un quartier de Lima.

 Une femme salue des deux mains les partisans qui l'entourent.

La candidate Keiko Fujimori après avoir voté à Lima.

Photo : AP / Guadalupe Pardo

La fille de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), qui purge une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l'humanité, se hisse pour la troisième fois au second tour, après deux défaites successives en 2012 et 2016.

Elle n'avait pas reconnu sa défaite lors de la dernière présidentielle remportée par l'ex-président Pedro Pablo Kuczynski, avant de reconnaître une erreur.

Les Péruviens se rendent aux urnes depuis 7 h, heure locale. En raison de la pandémie, les 11 400 bureaux de vote resteront ouverts pendant 12 heures, 4 de plus qu'habituellement. Les premiers résultats officiels sont attendus à 23 h 30.

Électeurs à contrecoeur

Dans un pays où le vote est obligatoire sous peine d'amende, la majorité des gens se rendent dans les centres de vote à contrecoeur.

Écartelés par deux extrêmes dans lesquels ils ne se reconnaissent pas, ils sont surtout préoccupés par les chiffres alarmants de la pandémie de coronavirus qui a déjà fait plus de 184 000 morts. L'État andin arrive ainsi au cinquième rang des pays les plus endeuillés du monde et au premier rang si on tient compte du nombre d'habitants (33 millions).

Je n'ai même pas envie de voter. Pour moi, aucun des deux ne mérite mon vote, mais j'ai peur de Castillo, alors j'appuie Keiko, a déclaré Johnny Samaniego, 51 ans, un chauffeur routier de Lima.

Quel qu'il soit, le futur chef de l'État aura d'énormes défis à relever.

Récession et instabilité institutionnelle

Le prochain président devra prendre des mesures urgentes pour surmonter la pandémie, la récession économique et l'instabilité institutionnelle chronique du pays.

Il devra aussi s'accommoder d'un Parlement fragmenté, issu des législatives d'avril, et coutumier d'alliances de circonstances qui ont conduit à la destitution de deux présidents : Pedro Pablo Kuczynski en 2018 et son successeur Martin Vizcarra en 2020.

Les deux candidats franchement antagonistes sont au coude à coude dans les sondages à l'issue d'une campagne de second tour où chaque camp a alimenté les peurs.

Mme Fujimori et ses partisans n'ont eu de cesse d'agiter le chiffon rouge au-dessus du candidat de la gauche radicale, affirmant qu'il allait transformer le Pérou en une sorte de Corée du Nord ou de Venezuela et mener le pays à la ruine et à la dictature.

Pedro Castillo a quant à lui répété à l'envi qu'avec sa rivale ce sera plus de pauvres dans un pays riche et que perdurera la corruption, en référence au scandale Odebrecht, du nom du géant brésilien du bâtiment, qui a éclaboussé de déshonneur la classe politique péruvienne.

Pas moins de quatre ex-présidents, dont un s'est suicidé, ont été impliqués dans ce scandale.

Et Keiko Fujimori, qui a déjà passé 16 mois en détention provisoire pour blanchiment d'argent présumé dans cette affaire, a vu le parquet requérir contre elle 30 années de prison.

En cas de victoire, celle qui deviendra la première femme présidente du Pérou ne pourra être jugée qu'à l'issue de son mandat de cinq ans.

Défendre les valeurs traditionnelles

Si les deux candidats ont des programmes politiques à l'extrême opposé – étatisme et nationalisations d'un côté, libre concurrence et réduction des impôts de l'autre –, ils s'accordent sur certaines questions de société.

Dans ce pays très catholique, tous deux sont contre l'avortement, défendent la famille traditionnelle et n'accordent pas d'importance aux droits de la communauté LGBTQ.

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