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Magasins hors taxes : « On paye le prix de l’hésitation vaccinale »

Le propriétaire d'un commerce au Manitoba peine à faire survivre sa boutique hors taxes en raison des restrictions de voyage.

L'extérieur de la boutique hors-taxe à Emerson, Manitoba.

La boutique hors taxes située à Emerson, près de la frontière avec les États-Unis, souffre du manque de trafic lié aux restrictions.

Photo : Gracieuseté : Simon Resch

Alexia Bille

Les restrictions de voyage en place depuis 15 mois au Canada ont fait drastiquement baisser le trafic à la frontière américaine, ce qui a des répercussions importantes sur le chiffre d'affaires de la boutique hors taxes de Simon Resch, située à Emerson au Manitoba.

M. Resch estime que l’hésitation vaccinale participe à l’allongement de la pandémie.

J’ai l’impression que les gens de l’industrie du tourisme et du voyage international payent le prix de l’hésitation vaccinale, du déploiement lent des vaccins et des problèmes de logistique, confie-t-il.

Depuis la mise en place des restrictions de voyages en raison de la COVID-19 en mars 2020, ses pertes de revenus se comptent en millions de dollars selon lui.

Nos ventes ont baissé d’environ 80 %, explique M. Resch. Les jours où il y a un peu plus de trafic routier, on atteint une baisse journalière de 75 % par rapport à la période prépandémie. Ces jours-là on se réjouit, ce qui est vraiment étrange.

Pour pouvoir continuer de faire fonctionner son commerce, il a dû demander toutes les aides fédérales et provinciales disponibles. Simon Resch bénéficie par exemple de la Subvention salariale d'urgence du Canada, de la subvention d'urgence du Canada pour le loyer et de la subvention transitoire du Manitoba.

La boutique embauche habituellement une quarantaine d’employés durant l’été, mais cette année elle n'en aura ni les moyens ni le besoin.

M. Resch a dû mettre en place certains changements pour tenter de maintenir à flot son magasin. On ne peut pas se mettre à proposer le ramassage à l’auto ou les ventes en ligne parce que la vente hors taxes est vraiment un commerce avec des règles particulières, explique-t-il.

Les seuls clients de la boutique étant actuellement les travailleurs essentiels autorisés à franchir la frontière, Simon Resch a réfléchi à ce qu’ils seraient susceptibles d’acheter. Les camionneurs peuvent acheter un parfum ou du sirop d’érable, mais ce n’est pas très courant. Donc on a commencé à proposer plus de nourriture et de boissons, ajoute M. Resch.

On prend les choses comme elles viennent, comme tous les gens qui gagnent leur vie grâce à la frontière, témoigne-t-il. Mais nos entrepôts sont pleins de produits qu’on n'a aucune possibilité de vendre.

Au Canada, 32 autres magasins hors taxes répartis de l’est à l’ouest de la frontière américaine se trouvent dans la même situation.

L'intérieur de la boutique hors taxe à Emerson, Manitoba.

Au Canada, il y a 33 magasins hors taxes à la frontière terrestre avec les États-Unis et 22 magasins situés dans un aéroport.

Photo : Gracieuseté : Simon Resch

Pourtant, pour Simon Resch, les restrictions sont nécessaires.

La COVID-19 est réelle, les morts sont réels, les gens souffrent dans le monde entier, confirme M. Resch. Nous devons faire quelque chose pour stopper ça, c'est indubitable. Mais 15 mois après, les mesures prises par le Canada et le Manitoba ne semblent pas atténuer assez efficacement la propagation du virus pour que je puisse faire marcher mon entreprise.

Je dois vraiment pouvoir recommencer à travailler.

Une citation de :Simon Resch, propriétaire d'un magasin hors taxes

Si les programmes de subventions continuent jusqu'à ce que nous retrouvions un trafic prépandémie, je ferai tout ce que je peux pour garder mon commerce ouvert, assure Simon Resch. Si ces programmes expirent avant et que je dois trouver un moyen de tout payer moi-même, je pourrais peut-être rester ouvert un mois ou deux tout au plus.

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