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La COVID-19, un facteur de la montée de violence dans le Vieux-Montréal

Un couple au Vieux-Port de Montréal.

La crise sanitaire a accentué le problème de la violence, disent des résidents.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

La Presse canadienne

Le Vieux-Montréal est devenu un endroit plus dangereux, surtout la nuit, disent des résidents, des commerçants et des travailleurs. Ils espèrent que lorsque les touristes reviendront, à mesure que progressera le déconfinement, la situation s'améliorera.

Selon Fouad Filali, le propriétaire du restaurant Le Sénateur dans le Vieux-Montréal, les familles avec enfants qui fréquentaient le quartier historique ont été remplacées par des jeunes parfois violents qui peuvent harceler les femmes.

Cela a créé un climat de peur, déplore M. Filali, qui a ouvert son restaurant il y a plus de 25 ans. Maintenant, je dis à mon personnel que lorsque nous fermons [la nuit], nous verrouillons les portes et nous n'ouvrons pour personne.

En septembre, plusieurs personnes, dont un policier de Montréal, ont été blessées lors d'une fusillade dans le secteur.

En avril, des émeutiers en rogne contre le couvre-feu ont allumé des feux de poubelles dans le quartier, brisé des vitrines des magasins et affronté la police.

Plus récemment, une femme de 18 ans a été atteinte d'une balle au pied.

Et un homme de 19 ans a été poignardé lors d'une fête en plein air, le week-end dernier.

Des policiers de Montréal.

Des agents du SPVM.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Cette violence a incité la Société du Vieux-Port de Montréal à imposer un couvre-feu sur son terrain, entre les voies ferrées et le fleuve.

Son porte-parole, Jean-Philippe Rochette, dit que l'organisme veut s'assurer que les ordonnances sanitaires sont respectées.

Au cours des 14 derniers mois, beaucoup de choses m'ont surpris. Normalement, c'est un secteur touristique et familial et nous comptons le garder ainsi.

Une citation de :Jean-Philippe Rochette, porte-parole de la Société du Vieux-Port de Montréal

Véronique Pascal habite le Vieux-Montréal depuis quatre ans. Elle dit que la fête et le bruit ont toujours fait partie de la vie du quartier, mais la crise sanitaire a accentué le problème.

Le Vieux-Montréal est normalement chic, souligne-t-elle. On se dit qu'on est protégé par ce sentiment de luxe, mais la pandémie a tout changé.

Carolyn Pinto Cellere, qui y vit dans depuis 15 ans, refuse de dire que le Vieux-Montréal est un quartier luxueux. Selon elle, les fêtes constantes dans les rues depuis la fermeture des bars en octobre poussent des résidents à déménager.

Des voitures modifiées, des bagarres, des comportements fous, des ordures partout, décrit-elle. Beaucoup de gens qui utilisent nos portes d'entrée comme toilettes. C'est un peu décourageant de devoir avertir mes enfants d'éviter les flaques d'urine.

Levée du couvre-feu

Le 28 mai, le gouvernement du Québec a levé le couvre-feu et rouvert les terrasses des restaurants dans toute la province. Depuis, des vidéos de grandes fêtes de rue et de violence dans le Vieux-Montréal ont été publiées sur les réseaux sociaux.

Nelsy Raoul croit que c'est la liberté soudaine qui explique le chaos dans les rues.

C'est ce qui arrive quand les gens sont privés de quelque chose pendant si longtemps et qu'on leur redonne tout.

Une citation de :Nelsy Raoul, employée du restaurant Comptoir 400

Si elle comprend la nécessité de célébrer cette liberté, elle condamne la violence.

Mme Raoul dit qu'elle ne se sent pas en sécurité pour la première fois depuis qu'elle a commencé à travailler au restaurant, il y a quatre ans. Nous sommes toutes beaucoup plus inquiètes qu'avant, nous évitons de rentrer seules chez nous, car nous avons été témoins de plusieurs bagarres, raconte-t-elle.

Pour Mme Cellere, le couvre-feu au Vieux-Port, qui est en place jusqu'à nouvel ordre, ne fera que rejeter le problème dans les rues du Vieux-Montréal. Elle ajoute que cette mesure n'aidera pas les gens à se sentir plus en sécurité.

Quand je sors me promener, il y a des groupes de jeunes ivres qui font des commentaires grossiers et on n'a pas l'impression qu'ils vont réagir pacifiquement si on les réprimande.

L'augmentation du nombre de clubs et de restaurants au cours des dernières années le long de la rue de la Commune, a contribué à attirer les fauteurs de troubles, estime-t-elle.

Depuis la fin du couvre-feu, tous ces gens viennent faire la fête ici, mais ils n'ont pas de place pour le faire, dit Mme Cellere.

Les restaurants de Montréal devraient rouvrir complètement lundi et les terrasses des bars rouvriront le 11 juin. Les rassemblements privés à l'intérieur, cependant, sont toujours interdits.

Mme Pascale pense que lorsque les gens ont un endroit où aller, moins d'entre eux choisissent de venir faire la fête dans les rues du Vieux-Montréal.

Les gens ont été enfermés, ça va être un ajustement, avance-t-elle.

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