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Perspectives et histoire autochtone : le rôle de l'éducation

Un enfant lève le doigt dans une salle de classe.

Une salle de classe.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Une semaine après la découverte de ce qui pourrait être les restes de 215 enfants près d’un ancien pensionnat autochtone à Kamloops, l’heure est au bilan et plusieurs demandent qu’une place plus importante soit accordée à l’histoire et aux perspectives autochtones dans le programme scolaire.

Depuis 2016, en Colombie-Britannique, les perspectives autochtones sont intégrées dans toutes les matières enseignées, de la maternelle à la douzième année.

Je pense que la Colombie-Britannique demeure un leader en éducation autochtone [au Canada], croit la professeure adjointe en éducation à l’Université de la Colombie-Britannique et spécialiste de la décolonisation de l’éducation, Shannon Leddy.

La province peut cependant aller plus loin pour décoloniser l’éducation reçue autant par les jeunes Britanno-Colombiens que par leurs futurs enseignants, ajoute-t-elle.

Je pense qu’on a besoin que les enseignants se concentrent sur les territoires traditionnels sur lesquels ils se trouvent. Il n’y a pas un centimètre carré au Canada qui ne fait pas partie d’un territoire traditionnel, souligne Shannon Leddy.

Les choses s’améliorent, convient cependant l'enseignante à la Faculté d'éducation de l’Université Simon Fraser (SFU), Isabelle Côté, qui prépare un doctorat sur le sujet.

Nos futurs enseignants, lorsqu'ils arrivent à leur stage dans les écoles, sont souvent plus informés que des enseignants qui sont déjà en poste depuis plusieurs années, explique-t-elle, en ajoutant qu’il y a également plus de formation et de ressources disponibles pour ceux qui sont déjà en poste.

Elle évoque aussi le fait que plusieurs conseils et districts scolaires se sont dotés de personnes responsables d’intégrer les perspectives autochtones dans les écoles.

On va de l'avant, mais il y a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup à faire.

Une citation de :Isabelle Côté, enseignante à la Faculté d'éducation de l'Université Simon Fraser

La structure même des écoles pose problème, explique Isabelle Côté, puisqu'une grande partie de l'apprentissage des perspectives autochtones se fait à l'extérieur.

Quand on a des classes, au secondaire, de 55 minutes, on ne peut pas passer une journée à l'extérieur pour aller, par exemple, sur le fleuve et apprendre à intégrer la biologie, les études environnementales et l'histoire, illustre-t-elle.

De son côté, le ministère de l’Éducation s’engage à constamment améliorer le programme scolaire pour les élèves de la maternelle à la 12e année afin de s’assurer que celui-ci reflète fidèlement et respectueusement la riche histoire des peuples autochtones de la Colombie-Britannique.

Nous continuerons de travailler de concert avec le Comité directeur de l'éducation des Premières Nations ainsi qu’avec tous les titulaires de droits alors que nous déterminons le chemin à suivre, indique le ministère dans une déclaration.

Ailleurs au Canada

En Alberta, le gouvernement de Jason Kenney a proposé, il y a quelques mois, une refonte de son programme d’éducation. Depuis, des consultations ont lieu pour mettre au point ce nouveau programme. Son implantation officielle est prévue pour septembre 2022.

La proposition initiale du programme scolaire de la maternelle à la 4e année ne mentionne notamment pas les conséquences négatives de la colonisation ni les pensionnats autochtones, jugeant que l’histoire des pensionnats est trop triste pour de jeunes enfants.

Une décision décriée par les Premières Nations

Nous savons tous que les politiques d'extermination du gouvernement fédéral, comme les pensionnats, découlent de la Loi sur les Indiens, alors si nous voulons réparer les torts, c'est le point de départ, écrit Billy Joe Laboucan, le Grand Chef en éducation du Traité no 8, qui regroupe les Dénés et les Cris, dans un communiqué.

Au Québec, le ministère de l’Éducation assure que le sujet est bien enseigné et que les cours ont été révisés en réponse aux recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

La liste non exhaustive des modifications apportées inclut notamment des modifications dans la liste des faits historiques pour inclure une plus grande prise en compte de la perspective autochtone quant à certains événements marquants, comme la période des pensionnats, écrit un porte-parole du ministère.

Selon le programme d’éducation, les élèves abordent la période des pensionnats à compter de la troisième et de la quatrième année du secondaire.

Avec des informations de Raluca Tomulescu et de François Joly

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