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Analyse

Élections ontariennes 2022 : le NPD pourra-t-il détrôner Ford?

Andrea Howarth, devant un lutrin, répond aux questions des journalistes.

Andrea Horwath, chef du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Le compte à rebours électoral a commencé en Ontario. La province est à un an du prochain scrutin. En coulisse, le NPD et sa cheffe Andrea Horwath se préparent déjà. Les troupes se disent gonflées à bloc, mais l'angoisse gagne certains membres du parti. Quelques-uns redoutent la montée des libéraux dans les sondages et ne sont pas convaincus par la performance de leur leader.

Des gens au sein du caucus sont nerveux. Ils se demandent pourquoi nous ne sommes pas en meilleure posture, indique une source haut placée au sein du parti.

Plusieurs sondages récents placent le NPD et les libéraux au coude-à-coude dans les intentions de vote. Un résultat qui peut sembler surprenant étant donné que le chef libéral, Steven Del Duca, n'est pas connu du grand public. Le parti ne détient que sept sièges à Queen's Park.

Dans le camp néo-démocrate, des stratèges d’expérience essaient de se faire rassurants. Ils expliquent le regain de popularité des libéraux par la marque libérale qui est toujours très forte en Ontario.

Un homme marchant dans une foule.

Steven Del Duca, chef du Parti libéral de l’Ontario

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Une fois que les électeurs apprendront à connaître Steven Del Duca, les stratèges sont sûrs que le NPD aura le dessus. Plus les électeurs vont le voir, moins ils voudront voter pour lui, indique une source.

Une fois que les électeurs verront Steven Del Duca et qu'ils le compareront avec Andrea, ce sera game over.

Une citation de :Un stratège néo-démocrate

À un an des élections, les têtes dirigeantes du parti ne se considèrent pas en mauvaise posture, surtout que les intentions de vote demeurent une mesure très volatile à cette étape-ci. Le NPD prêtera davantage attention aux coups de sonde à l'approche de la campagne électorale.

Candidatures de prestige

Le recrutement de candidats est déjà bien amorcé. Or, jusqu'ici, les candidats confirmés chez les néo-démocrates sont pour la plupart des députés sortants ou des personnes déjà associées au parti.

Andrea Horwath doit recruter des candidats de prestige pour tenter de gagner des sièges non traditionnels, souligne un ancien stratège néo-démocrate. Le parti devra courtiser et convaincre de grosses pointures de défendre les couleurs du NPD dans des circonscriptions qu'il ne détient pas actuellement.

Pour l'instant, c'est du réchauffé, commente l'ancien stratège au sujet des candidatures annoncées. Il est cependant habituel pour les partis d'attendre les derniers mois précédant le déclenchement de la campagne avant de dévoiler leurs candidatures vedettes.

La cheffe Andrea Horwath lors de la période de questions.

La cheffe Andrea Horwath lors de la période de questions, le 31 juillet 2018

Photo : The Canadian Press / Chris Young

Des Ontariens de renoms devraient d'ailleurs se lancer dans les prochaines semaines, à en croire une source haut placée. Des discussions se poursuivent aussi avec des candidats potentiels qui hésitent encore à faire le saut. Somme toute, la recherche de candidats se déroule très bien, selon la source.

Des circonscriptions torontoises, comme Don Valley Est et Don Valley Ouest, ainsi que certains sièges dans le Sud-Ouest, dont Lambton-Kent-Middlesex, ont déjà été identifiés comme des gains potentiels.

Si elle réussit à convaincre des personnalités connues de rejoindre les rangs du NPD, Andrea Horwath se positionnera davantage comme une solution de remplacement crédible au gouvernement Ford.

Occuper l'espace

Depuis le début de la pandémie, l'opposition a été reléguée à un rôle accessoire, un phénomène observé ailleurs au pays. Entre la volonté de collaborer avec le gouvernement et le quasi-monopole médiatique du premier ministre, il est devenu plus difficile pour le NPD de tirer son épingle du jeu. Comment critiquer, sans nuire au gouvernement ou le ralentir?

Andrea Horwath, lors de la visite du Collège Seneca de Toronto, en 2018.

Andrea Horwath, lors de la visite du Collège Seneca de Toronto, en 2018.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

D'ici au prochain scrutin, le NPD devra occuper plus d'espace et avoir plus de temps de glace, affirment les militants. Pour y arriver, la direction du parti a l'intention de lancer une campagne publicitaire pour permettre aux Ontariens de faire à nouveau connaissance avec Andrea Horwath. L'objectif est de la présenter sous un angle différent. Montrer une image plus inspirante et positive que celle d'une cheffe qui ne sait que critiquer le gouvernement.

Le NPD misera notamment sur l'expérience de sa cheffe et soulignera le feu au ventre qui l'anime.

Le parti en a les moyens : le NPD a amassé un trésor de guerre en prévision des prochaines élections. C'était une des priorités identifiées après la défaite de 2018. Cette fois-ci, pas question de manquer d'argent en cours de campagne.

Rassurer les troupes

Après plus de 10 ans à diriger les néo-démocrates ontariens, Andrea Horwath continue de diviser. La performance de la cheffe ne convainc toujours pas certains membres. À l'approche des élections, elle devra effacer le scepticisme qui perdure et rallier les Ontariens à sa cause.

Le NPD a les idées, des députés solides, mais sa cheffe est trop faible, confie une ancienne candidate et membre de longue date du parti. Elle manque de charisme. Elle ne capte pas l'attention quand elle parle.

En 2022, Andrea Horwath mènera sa quatrième campagne électorale. Chaque élection, elle améliore le résultat de son parti, remportant plus de sièges que lors du scrutin précédent. Pourtant, elle n'a encore jamais permis à son parti de former le gouvernement.

Certains militants proposent de miser davantage sur les députés qui entourent la cheffe. On mentionne les noms de Marit Stiles et de Jill Andrews.

La députée néo-démocrate Marit Stiles réagit au rapport de l'Ombudsman 2018-2019 dans une conférence de presse.

La députée néo-démocrate Marit Stiles réagit au rapport de l'Ombudsman 2018-2019.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Andrea a beaucoup de monde, de bons membres. Elle doit les utiliser.

Une citation de :Une militante néo-démocrate

Si elle subit une défaite cette fois-ci, alors que les chances du NPD sont meilleures qu’avant, elle devra partir, préviennent des membres du parti.

À peu près tout le monde au NPD s'entend pour dire qu'Andrea Horwath ferait une bonne première ministre. Elle possède une vaste expérience dans plusieurs domaines et une excellente connaissance de la politique ontarienne. Mais avant de devenir première ministre, elle devra convaincre en tant que cheffe et faire élire une majorité de députés.

Plus facile à dire qu'à faire.

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