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Pensionnats autochtones : Trudeau presse l'Église de prendre ses responsabilités

Justin Trudeau de profil dans un halo de lumière en conférence de presse.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, se dit déçu de l'approche adoptée jusqu'ici par l'Église catholique relativement au rôle qu'elle a joué dans les pensionnats autochtones et il appelle l'institution à faire preuve de plus d'ouverture et à se montrer « responsable ».

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a appelé sans ambages l'Église catholique du Canada, vendredi, à adopter « une approche plus ouverte et responsable » quant au rôle qu'elle a joué dans les pensionnats autochtones.

Lors d'une conférence de presse tenue à Ottawa durant laquelle il faisait le point sur la pandémie, M. Trudeau a été questionné sur le dossier délicat des pensionnats autochtones, à la suite de la découverte de restes d'enfants à Kamloops rapportée par la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc.

Si c'est nécessaire, nous prendrons des mesures plus fortes, a-t-il répondu à une journaliste qui lui demandait pourquoi Ottawa n'obligeait pas les responsables de l'Église catholique à donner accès à des documents relativement aux mauvais traitements infligés aux enfants.

Avant qu'il faille mener l'Église catholique devant les tribunaux, j'espère que les dirigeants religieux comprendront qu'il est préférable que cela se fasse en partenariat et en accord.

Une citation de :Le premier ministre Justin Trudeau

Au début de la semaine, des survivants et des dirigeants autochtones avaient réclamé des excuses de l’Église catholique. Selon eux, celle-ci doit reconnaître sa responsabilité pour les atrocités commises envers des enfants et des familles des premiers peuples au Canada.

Faire pression

Vendredi, Justin Trudeau a rappelé qu'au cours des derniers jours, l'Église catholique avait fait l'objet de pressions dans ce dossier, de la part de plusieurs catholiques comme moi, a-t-il dit.

Ces catholiques, a poursuivi le premier ministre, se demandent pourquoi l'Église reste silencieuse, pourquoi elle ne s'avance pas, pourquoi elle ne fait pas preuve de leadership.

Nous voyons encore de la résistance de la part de l'Église [catholique], possiblement de l'Église [catholique] du Canada.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le pardon, le sens des responsabilités et la capacité de reconnaître la vérité, bien franchement, c'est censé être au cœur de notre foi, a encore dit M. Trudeau.

Le premier ministre demande aux catholiques du pays de parler à leurs prêtres et évêques pour transmettre le message que l'Église catholique doit reconnaître sa responsabilité et sa part de culpabilité.

Mercredi dernier, le gouvernement fédéral a rappelé qu'il avait consacré 27 millions de dollars pour soutenir les communautés souhaitant engager des recherches sur les sites d'anciens pensionnats.

C'est misérable, selon le NPD

Troisième groupe d'opposition aux Communes, le Nouveau Parti démocratique (NPD) affirme que la sortie du premier ministre Trudeau contre l'Église catholique est misérable.

Les libéraux ne savent plus à quel saint se vouer, s'est moqué le député de Rosemont—La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice.

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Selon lui, l'Église doit s'excuser, mais ici, les libéraux font tout pour dévier les projecteurs de leur gestion pitoyable de la réconciliation avec les peuples autochtones.

Ils se traînent les pieds dans ce dossier depuis six ans, a dit le député Boulerice.

L'Église catholique mise en cause

Vendredi, l'archevêque de Regina, Donald Bolen, a présenté des excuses pour le rôle qu’a joué son diocèse dans la gestion des pensionnats autochtones.

La veille, l'archevêque de Vancouver, Michael Miller, avait fait de même.

L'Église a incontestablement eu tort en mettant en œuvre une politique colonialiste gouvernementale qui a causé des ravages parmi les enfants, les familles et les communautés, a écrit Michael Miller au nom de son archidiocèse, qui était responsable de la région de Kamloops avant la fondation du diocèse du même nom.

Tant M. Bolen que M. Miller ont assuré les peuples des Premières Nations de leur soutien dans leur quête de vérité.

Christian Lépine, archevêque de Montréal

Monseigneur Christian Lépine, archevêque de Montréal

Photo : YouTube

Dans le cadre de la Commission de vérité et réconciliation, ce qui était rappelé le plus souvent était que des enfants avaient été enlevés à leur famille, a déclaré pour sa part Christian Lépine, archevêque de Montréal, à l'émission Midi info vendredi.

À partir du moment où la politique, c'était d'enlever des enfants à leur famille, à ce moment-là, tous les dérapages sont devenus possibles.

Une citation de :Christian Lépine, archevêque de Montréal, à l'émission Midi info

Les membres de l'Église catholique et ceux des communautés religieuses se sont faits complices de ces démarches à leur époque [...], affirme Mgr Lépine. À ce sujet, des conversations sont en cours entre les peuples autochtones et l'Église, précise-t-il.

Mgr Lépine affirme que toutes les autorités catholiques sont prêtes à collaborer à une éventuelle enquête qui porterait non seulement sur la question des pensionnats, mais également sur le processus d'assimilation qu'ont subi les peuples autochtones au pays.

Une déclaration qui fait le tour du monde

Une femme debout à l'extérieur.

La cheffe de la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc, Rosanne Casimir, sur le site de l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Le 27 mai dernier, la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc avait fait état des résultats préliminaires d'un examen, mené par un expert du géoradar, sur des terres entourant l'ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Par communiqué, la Première Nation a affirmé que ces résultats lui ont apporté la confirmation de la présence des restes de 215 enfants qui étaient des élèves du pensionnat autochtone de Kamloops.

La nouvelle a causé une onde de choc dans le pays et dans le monde.

Quinze avocats canadiens demandent maintenant à la Cour pénale internationale (CPI) d'enquêter pour établir s'il y a eu crime contre l'humanité dans ce dossier.

De leur côté, des organisations mondiales comme Amnistie internationale et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme réclament des enquêtes exhaustives pour tous les pensionnats canadiens.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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