•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Au-delà des festivals, que représente la Fierté pour la communauté queer?

Photomontage de cinq portraits avec de gauche à droite : Ziva Gorani, Gilles Marchildon, Sam Howden, Mathieu Young et Dani Bundy.

Ziva Gorani, Gilles Marchildon, Sam Howden, Mathieu Young et Dani Bundy racontent ce que la Fierté signifie à leurs yeux.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Pour la deuxième année consécutive, les festivités de la Fierté se déroulent virtuellement à Toronto. Un mois de célébrations et de visibilité important pour la communauté LGBTQIA+, qui permet de se rassembler, mais aussi d’affirmer son identité.

Le pronom neutre iel et l'écriture inclusive sont utilisés pour respecter l'identité de genre des individus cités dans l'article.

Mathieu Young est coordinateur de l'engagement communautaire à FrancoQueer, il est gai, afro-asiatique et originaire de l’île Maurice.

Pour lui, le mois de la Fierté, c’est le moment idéal de célébrer son identité en tant qu’homme gai, mais aussi de revendiquer sa place. C’est aussi d’affirmer ma place en tant que Mauricien, en tant qu’Asiatique, en tant qu’Africain, en tant que personne de couleur, immigrant, francophone et créolophone, dit-il.

Un homme pose dans un parc.

Mathieu Young,  coordinateur de l'engagement communautaire à FrancoQueer, explique pourquoi c'est un moment important pour la communauté, mais aussi pour lui, qui est gai, afro-asiatique et originaire de l'île Maurice.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Pour moi, célébrer la Fierté, c’est important parce que c’est le moment de reconnaître l’histoire, les luttes qui ont été menées pour qu’on arrive là où on est et, aussi, c’est le moment idéal pour réfléchir à ce qu’il reste à faire, pour qu’on arrive à ce seuil d’égalité.

Une citation de :Mathieu Young

Dans son pays d'origine, l'île Maurice, l'homosexualité n'est pas acceptée. Participer au mois de la Fierté à Toronto pour lui, c'est être soutenu par une famille qu'il s'est choisie. Ça me donne l'espoir qu'un jour je pourrai retourner à l'île Maurice et revendiquer mes droits à voix haute, ajoute-t-il.


Dani Bundy, de son nom de DJ Jacki Spade, est queer, pansexuel.le, afro-autochtone et non binaire. Pour iel, la Fierté signifie la liberté d'expression et l'acceptation de soi.

Une personne de genre neutre pose dans un parc.

Pour Dani Bundy, artiste, le mois de la Fierté est une occasion de partager sa musique, mais aussi de créer de nouveaux liens avec la communauté.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

La Fierté pour moi, c'est la résistance aux forces qui essaient de nous opprimer pour nous faire taire, nous garder petits.

Une citation de :Dani Bundy

Iel ajoute que l'intersectionnalité va de pair avec ce sentiment de fierté. Cela signifie accepter tout le monde pour tout ce qu'il est, à tout moment. Ce mois permet aussi à la communauté de prendre plus d'espace, d'être plus bruyante, donc écoutée et visible, rappelle-t-iel.


Sam Howden est Métis du Territoire du Traité 1 à Winnipeg au Manitoba, pansexuel.le et non binaire. Iel rappelle que la Fierté est chargée de par son histoire et que ce mois est également devenu une fête commerciale. Ce qui a été créé par des personnes noires, racialisées, trans et non binaires en tant que mouvement est devenu plus commercial, coopté par des entreprises et des banques, explique-t-iel. Mais le fait de pouvoir se rassembler demeure important.

Une personne de genre neutre pose dans un parc

Sam Howden espère que les festivités de la Fierté seront plus inclusives dans les prochaines années.

Photo : Radio-Canada

C'est un peu ce moment unique dans le temps où on peut se retrouver et on se sent vraiment accepté. Il y a plus d'acceptation, plus d'amour, et plus de transparence autour de son identité.

Une citation de :Sam Howden

Iel espère toutefois que la Fierté deviendra plus inclusive et plus authentique à l'avenir.


Gilles Marchildon est un homme gai, franco-ontarien. Pour lui, la Fierté, c'est un sentiment d'appartenance, mais aussi l'action qui l'accompagne.

un homme avec un chapeau sourit

Pour Gilles Marchildon, activiste gai franco-ontarien, ces festivités permettent en général à la communauté de se réunir, mais aussi de continuer à revendiquer ses droits.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Si on ne fait jamais rien pour signaler cette appartenance, pour la faire vibrer, il manque quelque chose. Pour les communautés, c’est l'occasion de s'affirmer, de se célébrer et d'être visibles pour la société en général.

Une citation de :Gilles Marchildon

Selon lui, ce mois de célébration est d'autant plus important pour celles et ceux qui ne vivent pas à Toronto, et qui viennent de communautés plus petites et où il est plus difficile de s'affirmer. Parce que si on est dans une communauté plus petite où les autres jours de l'année, on ne peut pas s'afficher ouvertement, les festivités de juin à Toronto prennent davantage d'importance, estime-t-il.


Ziva Gorani est une femme transgenre, Kurde de Syrie. Elle vient d'un endroit où les personnes LGBTQIA+ sont pénalisées et même parfois punies de mort.

Une femme pose dans un parc.

Ziva Gorani est arrivée en 2016 à Toronto et se dit fière d'être aujourd'hui une voix pour celles et ceux qui n'en ont pas dans son pays d'origine.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

La Fierté c'est la libération, c'est l'identité, c'est la validation.

Une citation de :Ziva Gorani

Ziva ajoute que même si les droits des personnes LGBTQIA+ sont avancés en Amérique du Nord, il reste toujours du travail à faire, principalement pour l'acceptation des personnes trans, noires et autochtones.

De quoi es-tu fier.ère?

Mathieu répond être fier de son intersectionnalité, d'être asiatique également, surtout alors que cette dernière année a été marquée par une hausse d'actes violents envers sa communauté. C'est important de partager ton histoire, de montrer que tu peux être différent, que tu peux ne pas représenter les critères de beauté standards et que tu peux avoir une histoire à succès.

Sam, iel, estime qu'il est important de rappeler que les identités queers sont en constante évolution. C'est quelque chose qui n'est pas assez mis en évidence, et nous devrions être fiers de ce que nous sommes, dit-iel.

Ziva dit être fière de pouvoir représenter sa communauté, au Moyen-Orient, qui n'a pas toujours de voix. Je suis fière de ma résilience, de mon combat pour mieux vivre et je présente des personnes queers à d'autres personnes à travers le monde.

Gilles, lui, est fier d'être francophone et membre de la communauté LGBTQIA+. Je suis fier de faire partie d'une communauté très diversifiée. Ces deux communautés nous donnent des guides sur des manières d'être et des façons de vivre dans la diversité.

Dani quant à iel, est fier.ère de voir les gens qui l'entourent se réunir, mais aussi éveiller les consciences et ouvrir les esprits. Je suis fier.ère de ce pour quoi nous nous battons, de cette mobilisation. Et je suis vraiment fier.ère de voir les communautés se rassembler et se croiser comme jamais auparavant.

Je pense que la Fierté c'est aussi de ne pas oublier le travail et les sacrifices de ceux qui ont permis de rendre ces jours plus faciles à vivre, conclut Ziva.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !