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Grève chez Exceldor : la mort inutile de 500 000 poulets dénoncée

Des poussins dans un poulailler.

Les producteurs avicoles s'inquiètent de l'impact de la grève sur la chaîne d'approvisionnement.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

La grève à l’abattoir Exceldor de Saint-Anselme mènera à l’euthanasie inutile de centaines de milliers de poulets, déplorent les producteurs avicoles. Plusieurs voix demandent au gouvernement d’intervenir dès maintenant pour éviter davantage de gaspillage alimentaire.

Les 600 employés de l’usine Exceldor de Saint-Anselme sont sans convention collective depuis juillet. Après plusieurs mois de négociations, ils ont refusé l’offre patronale et ont déclenché une grève il y a maintenant plus d’une semaine.

Les activités de l'usine ayant cessé, l’entreprise estime que des centaines de milliers de volailles ont déjà dû être euthanasiées, faute d’endroit pour les abattre. Elle croit que ce chiffre s’élèvera à 500 000 dimanche s’il n’y a pas de retour au travail.

Gaspillage alimentaire et bien-être des animaux

La possibilité qu’autant de poulets soient euthanasiés inutilement en inquiète plusieurs. Environ 70 000 poussins sont arrivés la semaine dernière à la ferme avicole de Marie-Christine Larose, en Beauce.

L’élevage dure généralement un peu plus d’une trentaine de jours, donc elle estime qu’ils seraient prêts à se rendre à l’abattoir vers le début juillet.

Le couple pose à l'intérieur d'un de ses poulaillers.

La productrice avicole Marie-Christine Larose et son conjoint, Mathieu Grégoire, craignent les impacts du conflit de travail sur les poussins qu'ils viennent tout juste de recevoir.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Elle espère ainsi que le conflit sera réglé d’ici là. Ce n’est pas un enjeu monétaire présentement. Pour nous, les producteurs, c'est nos valeurs, c’est de voir que tout notre travail va être fait pour rien. Jeter à la poubelle de la viande comme ça, c’est contre nos valeurs, témoigne-t-elle.

L’inquiétude est partagée par le président de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, Gaston Rioux. Ces poulets-là ne méritent pas une fin de vie comme ça, soutient-il.

Monsieur Rioux se soucie particulièrement du processus d’euthanasie. Il affirme d’ailleurs que l’Ordre s’est engagé à procéder à des vérifications pour s’assurer qu’il respecte la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal.

Médiatrice spéciale

Pour tenter de régler le conflit le plus rapidement possible, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a nommé une médiatrice spéciale au dossier. Hélène Poulin aura comme mandat d’aider les parties dans la négociation de la convention collective.

L'arrêt de travail à l'usine d'Exceldor a des impacts économiques importants tant pour l'approvisionnement de nos supermarchés que pour nos restaurateurs, qui reprennent leurs activités graduellement. Cela dit, nous respectons le droit de grève des travailleurs, souligne-t-elle, ajoutant qu'elle croit toutefois à la valeur d'une entente négociée entre les parties pour régler ce litige.

Réaction mitigée chez la direction

La direction de l'usine accueille positivement l'initiative gouvernementale et espère que l'implication de la médiatrice permettra de dénouer l'impasse.

Elle craint toutefois l'impact de la grève sur la chaîne d'approvisionnement, et croit que le gouvernement peut en faire plus. On vient de traverser une pandémie. Une entreprise comme Exceldor a été considérée comme un service essentiel. Et là, du jour au lendemain, dans un contexte de grève, ça change et on peut fermer l'usine, déplore le porte-parole de l'entreprise, Jordan Ouellet.

M. Boulet en conférence de presse.

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Pas de retour au travail pour l'instant

Au syndicat représentant les employés, on estime que la situation était inévitable et que la seule solution raisonnable serait la reprise rapide des négociations.

Des travailleurs en grève tiennent des pancartes et des drapeaux syndicaux dans les airs.

Les 600 employés de l'usine comptent rester en grève tant que la nouvelle convention collection ne sera pas signée.

Photo : Radio-Canada

Le représentant au syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) Réal Ménard demande aux citoyens de faire preuve de compassion envers les employés. J'invite la population à considérer les demandes des travailleurs. Pas juste la question des poulets ou de la chaîne d'approvisionnement. On parle des conditions de travail des travailleurs et des salaires. C'est important, ajoute M. Ménard.

Le syndicat ne prévoit pas un retour au travail avant qu’une nouvelle convention collective ne soit signée par les membres.

Avec des informations de Marc-Antoine Lavoie

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