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L’enquête à Kamloops ne fait que commencer, dit la Nation Tk'emlups te Secwépemc

Des chaussures sur les marches de l'Assemblée législative à Victoria, en Colombie-Britannique.

La découverte près du pensionnat de Kamloops ravive une profonde douleur chez les Autochtones au pays.

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur

Se disant profondément blessée par la découverte des restes d’enfants près d’un ancien pensionnat autochtone à Kamloops, en Colombie-Britannique, la Nation Tk'emlups te Secwépemc rappelle que l’enquête n’en est qu’à ses débuts.

La découverte, à l’aide de radars pénétrants, de ce qui semble être les restes d’environ 215 enfants, est encore toute récente et le traumatisme qui l’accompagne est encore bien présent, souligne la chef de la Première Nation, Rosanne Casimir.

La Nation Tk'emlups te Secwépemc communiquera les détails et les coûts de l’enquête lorsqu’ils seront connus, assure-t-elle, mais déjà, elle précise qu’il ne s’agit pas de fosses communes, mais bien de lieux de sépulture non marqués.

La communauté Tk'emlups te Secwépemc permet à la Gendarmerie royale du Canada de collaborer à l’enquête qu’elle entend diriger elle-même, dit Rosanne Casimir. Il faut se rappeler du contexte : la GRC a enlevé de force des enfants pour les amener dans les pensionnats.

Au Canada, plus de 150 000 enfants autochtones ont été envoyés dans 139 pensionnats gérés par des organisations religieuses entre 1870 et 1990. Des élèves y ont été victimes de violences physique, sexuelle et psychologique.

« Réduits au silence »

Dans cette épreuve douloureuse, Rosanne Casimir remercie la population pour son soutien, mais demande le respect.

Pendant si longtemps, nous avons été réduits au silence ou ignorés. La blessure, profonde, ne doit pas laisser place à la colère, précise-t-elle. Le temps est venu d'être doux avec nous-mêmes et envers les autres.

Des gens posent des fleurs devant un momument commémoratif à la mémoire des anciens pensionnaires autochtones à Kamloops.

Il ne faut jamais oublier cet aspect de l'histoire, dit la chef Rosanne Casimir.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Des excuses attendues

La Première Nation Tk'emlups te Secwépemc réclame une fois de plus des excuses publiques de l’Église catholique.

La congrégation religieuse qui a administré le pensionnat de Kamloops jusqu'en 1969, les Oblats de Marie Immaculée, n’a jamais donné accès à ses archives, a répété Rosanne Casimir lors d’un point de presse. Il faut tenir l’Église catholique pour responsable. Elle n’a jamais présenté ses excuses.

Cette semaine, l’archevêque catholique de Vancouver s'est excusé auprès des communautés autochtones pour le rôle de l'archidiocèse dans la gestion de pensionnats et a promis de soutenir les survivants dans leur quête de vérité.

Bannière-image du dossier.

D’autres fouilles

Mercredi, Ottawa a annoncé une subvention de 27 millions de dollars pour soutenir les communautés autochtones qui souhaitent effectuer des recherches autour de sites qui ont autrefois abrité les pensionnats.

Cette enveloppe n’est pas nouvelle, dit Rosanne Casimir. Elle fait partie de la subvention accordée pour mettre en œuvre les recommandations du rapport de la Commission de vérité et réconciliation et n’a jamais été dépensée.

Par ailleurs, plusieurs provinces, notamment l'Alberta, le Québec et l'Ontario, ont signalé leur intention de procéder à de telles fouilles. La Colombie-Britannique n'a encore rien annoncé en ce sens.

Bien des pensionnats autochtones ont été détruits au Canada, souvent à la demande des communautés. À Kamloops, l’établissement restera bien visible, assure Rosanne Casimir.

Pour nous, il s’agit d’un pan d’une sombre histoire qui ne doit jamais être oublié, explique-t-elle.

Aide et soutien

  • Une ligne téléphonique bilingue d'aide aux anciens des pensionnats autochtones et aux personnes touchées par les pensionnats offre du soutien psychologique et fournit des références pour l'obtention d'aides. Elle est disponible 24 heures sur 24, au 1 866 925-4419.
  • La Ligne d'écoute d'espoir pour le mieux-être (Nouvelle fenêtre) apporte une aide immédiate à tous les membres des peuples autochtones, avec des conseillers sensibilisés aux réalités culturelles, au téléphone (1 855 242-3310) ou par clavardage. De l'aide est également disponible sur demande en cri, en ojibwé ou en inuktitut.
  • La Colombie-Britannique propose également deux services de soutien, en anglais. La ligne téléphonique KUU-US est offerte aux membres des Premières Nations, en tout temps, par téléphone, au 1 800 588-8717, ou sur le web, au kuu-uscrisisline.com (Nouvelle fenêtre). L'Indian Residential School Survivors Society, en Colombie-Britannique, offre également une ligne de crise, au 1 866 925-4419.

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