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Le PDG des Productions horticoles Demers s'excuse

Jacques Demers, président-directeur général des Productions horticoles Demers.

Jacques Demers, PDG des Productions horticoles Demers

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Après avoir visité les installations de ses travailleurs étrangers dans le secteur de Saint-Nicéphore, le président-directeur général des Productions horticoles Demers, Jacques Demers, se dit « ébranlé » par la situation, et présente ses excuses aux travailleurs et aux consommateurs.

Toute l’équipe de Demers est ébranlée par cette situation. [...] Je me suis excusé publiquement et nous sommes maintenant en mode solution, a-t-il fait savoir en entrevue à Radio-Canada Estrie.

Le PDG des Productions horticoles Demers explique s'être rendu dans le secteur de Saint-Nicéphore pour voir de ses propres yeux les lieux d’hébergement des travailleurs étrangers après la diffusion du reportage de Radio-Canada. Je n'étais pas content. J’ai constaté des choses qui ne sont pas à mon goût. On a manqué de vigilance sur cet aspect, lance-t-il. On a vu qu’il fallait améliorer la situation.

On est en mode action [et] le plus rapidement possible pour rétablir la situation. [...] J’en prends l’entière responsabilité.

Une citation de :Jacques Demers, PDG des Productions horticoles Demers

Le PDG des Productions horticoles Demers souligne qu’une firme spécialisée réalisera un nettoyage et que 18 travailleurs seront relogés dans un hôtel, pour accélérer la rapidité des travaux. Il assure également que l’ameublement sera changé dans tous les logements, sans toutefois préciser d'échéancier.

Jacques Demers s’engage également à accueillir une équipe de Radio-Canada, une fois les rénovations faites.

Même s'il admet qu'il aurait dû être plus vigilant, le PDG mentionne toutefois que le dernier rapport d’inspection qu’il avait entre les mains confirmait que [ses] résidences étaient conformes.

C’étaient les rapports qui venaient de nos inspecteurs externes qui, pour moi, faisaient foi de la propreté et de la convenance des logements [...] J’aurais dû aller plus loin pour les détails.

Une citation de :Jacques Demers, PDG des Productions horticoles Demers

Jacques Demers souligne par ailleurs que son entreprise a un excellent parcours avec les travailleurs étrangers depuis plus de 25 ans. Le contexte de la pandémie était assez compliqué [ainsi que] toute la gestion des travailleurs étrangers, se justifie-t-il. La gestion de l’entreprise en général durant cette pandémie a été relativement difficile.

Il réfute cependant les accusations selon lesquelles les travailleurs agricoles étrangers embauchés par son entreprise sont isolés. Des gens du syndicat nous aident à faire ce lien, assure-t-il. Un comité de vigilance a d’ailleurs été mis en place avec ceux qui représentent les travailleurs, indique-t-il.

Concernant les propos de son porte-parole rapportés dans notre reportage, Jacques Demers les trouve malheureux.

Mais il y a un contexte à tout ça. Les choses s’expliquent, lance-t-il.

On avait déjà sonné l’alerte

Roxane Larouche, représentante nationale du syndicat Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce Canada (TUAC), dit avoir sonné l’alerte l’année dernière concernant le problème de promiscuité dans les logements des travailleurs étrangers des Productions horticoles Demers à Saint-Nicéphore. Les problèmes de salubrité dans les logements avaient aussi été soulevés en cours d’année, a-t-elle ajouté au micro de Par ici l’info.

Le problème qu’on a dans le dossier, c’est que les rapports des différents ministères reviennent avec un rapport de conformité. Une fois que les gouvernements ont dit que tout est beau, on n’a pas de prise légale pour faire les démarches autres que de parler avec l’employeur pour qu’il puisse augmenter les normes, se désole-t-elle. Selon elle, ce sont les normes qui sont défaillantes.

Les normes pour les travailleurs étrangers agricoles [...] ne sont pas aussi élevées que d’autres normes.

Une citation de :Roxane Larouche, représentante nationale des TUAC

Dans le programme des travailleurs étrangers temporaires, il est mentionné qu’il doit y avoir une douche pour 10 personnes [...]. Ça suppose que la dixième personne qui va passer aura encore de l’eau chaude. Mais [on ne parle pas] d’avoir de l’eau chaude en quantité suffisante. Il faut vraiment aller au-delà de ce qui est écrit et ne laisser aucune place à l’interprétation. Il faut s’assurer d’avoir des règles claires, croit-elle.

Une inspection en cours

Dans un échange de courriels, Service Canada fait savoir qu’une inspection est en cours concernant Les productions horticoles Demers, mais ne donne pas plus de détails concernant des dossiers précis.

Une fois l’inspection effectuée, les noms et les adresses des employeurs non conformes sont publiés sur une liste publique, de même que le détail des infractions et les conséquences associées, fait-on savoir.

On s’attend des employeurs à ce qu’ils respectent certaines conditions, et soient conscients de leurs responsabilités et devoirs. Ils doivent examiner régulièrement les activités en lien avec l’emploi des travailleurs étrangers temporaires, de manière à s’assurer de respecter les conditions du programme. De plus, ils doivent prendre des mesures pour rectifier la situation en cas d’erreur ou de non-conformité, dès que l’irrégularité est découverte, mentionne-t-on.

Les employeurs qui ne respectent pas les conditions, ou qui ne coopèrent pas pendant une inspection, risquent par ailleurs de recevoir des amendes, ainsi qu’une interdiction temporaire ou permanente de participer au Programme des travailleurs étrangers temporaires.

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