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Pensionnats autochtones : des experts de l’ONU réclament justice

Le Canada et le Vatican doivent mener des enquêtes exhaustives pour tous les pensionnats autochtones au pays, selon des experts du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

Les marches du Palais législatif de Regina, en Saskatchewan, avec 215 paires de souliers en l'honneur des corps des enfants retrouvés près du pensionnat autochtone de Kamloops.

Partout au pays et dans le monde, des gens réclament que des mesures concrètes et rapides soient prises pour retrouver les corps d'autres enfants disparus.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

S’ils sont encore en vie, les responsables des méfaits commis envers des enfants autochtones hébergés dans les pensionnats canadiens doivent être traduits en justice et sanctionnés, croient des experts de l'Organisation des Nations unies (ONU).

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme exhorte le Canada et le Vatican à enquêter sur les circonstances entourant les décès d’enfants autochtones, dont les restes ont été retrouvés près d’un ancien pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Des violations des droits de la personne ont été commises à grande échelle contre des enfants appartenant à des communautés autochtones. Il est inconcevable que le Canada et le Saint-Siège laissent des crimes aussi odieux sans réponse et sans réparation, lit-on dans un communiqué.

« C’est absolument inacceptable. C’est une situation qui choque tout le monde », croit le rapporteur spécial de l’ONU et l’un des signataires de la déclaration, l’Argentin Fabián Salvioli. Selon lui, il faut maintenant établir quelles sont les personnes et les institutions responsables.

Des chaussures sur les marches de l'Assemblée législative à Victoria, en Colombie-Britannique.

La découverte près du pensionnat de Kamloops ravive une profonde douleur chez les Autochtones au pays.

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur

Enquête dans tous les pensionnats au pays

Les experts de l'ONU demandent en outre à l'Église catholique de fournir aux autorités judiciaires un accès complet aux archives des pensionnats gérés par l'institution, de mener des enquêtes sur ces allégations et de divulguer publiquement le résultat de ces enquêtes.

« Il faut continuer à chercher la vérité totale et complète », croit Fabián Salvioli, puisque la situation à Kamloops démontre qu’il y a « encore beaucoup de choses à découvrir ».

Les signataires somment le gouvernement canadien de procéder à des études médicolégales pour que les restes humains soient identifiés et réclament qu’il entreprenne des enquêtes semblables dans tous les autres pensionnats autochtones du pays.

Au Canada, plus de 150 000 enfants autochtones ont été envoyés de force dans 139 pensionnats gérés par des organisations religieuses entre 1870 et 1990.

Les experts de l'ONU rappellent qu'en 2015 la Commission de vérité et réconciliation, qui a étudié plus de 5 millions de dossiers fournis par le gouvernement fédéral, a démontré que les pensionnaires étaient victimes de violences, de malnutrition et de viol, et qu'au moins 4000 enfants sont morts de maladie, de négligence, d'accidents ou de violences.

Le Canada doit mettre pleinement en œuvre les recommandations contenues dans le rapport, selon eux.

Depuis bien trop d'années, les victimes et leurs familles attendent justice et réparation.

Une citation de :Déclaration d'experts du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme
Un membre de la nation Squamish, en Colombie-Britannique, vu de dos devant une église.

Un membre de la nation Squamish, en Colombie-Britannique, se recueille pour honorer la mémoire des 215 enfants dont les restes ont été découverts dans un pensionnat de Kamloops.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Des fouilles attendues dans plusieurs provinces

Mercredi, Ottawa a annoncé une subvention de 27 millions de dollars pour soutenir les communautés autochtones qui souhaitent engager des recherches autour des sites qui ont autrefois abrité les pensionnats.

Si plusieurs provinces, notamment l'Alberta, le Québec et l'Ontario, ont signalé leur intention de procéder à de telles fouilles, la Colombie-Britannique n'a encore rien annoncé en ce sens.

Bannière-image du dossier.

Indignation mondiale

À l'instar des experts de l'ONU, Amnistie internationale a fait part de son indignation. Les personnes et les établissements qui se sont rendus coupables de tels crimes doivent maintenant rendre des comptes. Justice doit être rendue, et la réparation doit être effective , a-t-elle affirmé.

Le gouvernement canadien était parfaitement au fait de ces violations de la personne, documentées depuis des années, souligne le volet Canada francophone, dans un communiqué.

En début de semaine, une porte-parole de l'ONU réclamait que le gouvernement canadien redouble d'efforts pour retrouver les enfants disparus, notamment en fouillant les tombes anonymes.

Jeudi, des avocats canadiens ont demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d'enquêter pour établir s'il y a eu crime contre l'humanité.

Aide et soutien

  • Une ligne téléphonique bilingue d'aide aux anciens des pensionnats autochtones et aux personnes touchées par les pensionnats offre du soutien psychologique et fournit des références pour l'obtention d'aide. Elle est disponible 24 heures sur 24, au 1 866 925-4419.
  • La Ligne d'écoute d'espoir pour le mieux-être (Nouvelle fenêtre) apporte une aide immédiate à tous les membres des peuples autochtones, avec des conseillers sensibilisés aux réalités culturelles, au téléphone (1 855 242-3310) ou par clavardage. De l'aide est également disponible sur demande en cri, en ojibwé ou en inuktitut.
  • La Colombie-Britannique propose également deux services de soutien, en anglais. La ligne téléphonique KUU-US est offerte aux membres des Premières Nations, en tout temps, par téléphone, au 1 800 588-8717, ou sur le web, au kuu-uscrisisline.com (Nouvelle fenêtre). L'Indian Residential School Survivors Society, en Colombie-Britannique, offre également une ligne de crise, au 1 866 925-4419.

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