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L'accusation contre le Dr Ngola est retirée, Higgs refuse de s'excuser

Le Dr Ngola réclame des excuses publiques du premier ministre du N.-B., mais Blaine Higgs estime ne pas avoir besoin de s'excuser.

Montage de deux photos du docteur Ngola et du premier ministre Higgs.

Le docteur Jean-Robert Ngola, médecin (à gauche) et Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick (à droite).

Photo : Mia Sheldon (CBC) et Andrew Vaughan (La Presse canadienne)

Radio-Canada

Le procès contre le Dr Jean Robert Ngola est annulé. La Couronne a retiré l'accusation contre le médecin, qui était accusé d'une infraction relativement aux mesures d’urgence pendant la pandémie de COVID-19 au Nouveau-Brunswick.

Celui qui était médecin de famille dans le Restigouche avant d'accepter un poste au Québec était cité à comparaître en cour pour avoir omis de s’isoler pendant 14 jours en rentrant au Nouveau-Brunswick, en mai 2020.

L'accusation a été portée contre lui en vertu de la Loi sur les mesures d’urgence. Il s’agit d’une affaire non criminelle qui est traitée comme une infraction. La cause était entendue au palais de justice de Campbellton.

Enfin, la justice est rendue, a confié le Dr Ngola en entrevue à Radio-Canada.

Vive le Canada. Nous vivons dans un grand pays. L'un des pays les plus beaux de la Terre et nous avons ces privilèges et cette chance où la loi ne peut pas être discriminatoire, a ajouté le médecin.

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L'avocat Christian Michaud

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Les avocats du Dr Ngola, Joël Étienne et Christian Michaud, se réjouissent de la décision de la Couronne et affirment que leur client a toujours été innocent.

Des excuses réclamées

Ils disent toutefois, par l'entremise d'un communiqué de presse, déplorer les déclarations du premier ministre Blaine Higgs et réclament des excuses publiques de sa part.

Le premier ministre savait ou aurait dû savoir que ce qu'il faisait en jetant le blâme sur le Dr Ngola : il a trompé les gens du Nouveau-Brunswick dès le début et il a été malhonnête avec le public en insinuant que le Dr Ngola ne s’était pas isolé après être entré dans la province, a déclaré Me Michaud.

Lors d'un point de presse le 27 mai 2020, le premier ministre du Nouveau-Brunswick avait qualifié d’irresponsable un travailleur de la santé qui n'avait pas été honnête sur les raisons de son déplacement et s’était publiquement demandé si des accusations étaient de mise dans cette affaire.

Aucune accusation criminelle n'a été déposée contre le Dr Ngola et M. Higgs a toujours refusé d'offrir des excuses publiquement.

Blaine Higgs refuse de s'excuser

Les avocats du médecin soutiennent que leur client souffre depuis plus d'un an. Ils disent aussi vouloir explorer les différentes solutions possibles qui pourraient mener à une résolution respectueuse et appropriée du présent dossier.

Jean Robert Ngola affirme qu'il doit maintenant vivre avec les conséquences des événements qui ont mené jusqu'au procès. Les conséquences ont été majeures autant sur sa personne que pour ses patients, dit-il.

Blaine Higgs affirme ne pas avoir besoin de s'excuser publiquement. Il soutient n'avoir jamais nommé publiquement le médecin.

Je pense que concernant cette situation, je ne vais pas avoir besoin de m'excuser pour quoi que ce soit, a déclaré vendredi M. Higgs.

Plusieurs réactions en faveur du Dr Ngola

Le député libéral et porte-parole en matière d'affaires relevant du procureur général Rob McKee réagit à cette affaire, vendredi, et répète que le premier ministre a agi de façon irresponsable.

Comme nous l'avons indiqué dès le départ, le premier ministre a agi de façon irresponsable en portant cette accusation qui a fait du Dr Ngola la cible de la colère et du harcèlement, dit Rob McKee.

Puisque l'accusation a été retirée, il semblerait que la Couronne pense qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour prouver l'accusation, dit-il.

Pour sa part, le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, Dr Jeff Steeves, se réjouit d'apprendre que les accusations ont été abandonnées.

Le Dr Ngola a été la cible de racisme et d'attaques personnelles au cours de la dernière année, ce qui ne peut et ne doit pas être toléré. Nous sommes heureux pour le Dr Ngola et nous lui souhaitons, ainsi qu'à sa famille, tout ce qu’il y a de mieux, a affirmé Dr Jeff Steeves dans une déclaration écrite.

Le Dr Ngola et ses avocats ont donné une semaine au premier ministre de la province pour présenter des excuses sans quoi des démarches juridiques seront entreprises pour faire avancer les choses.

Chronologie des événements

Au cours de la semaine du 10 mai 2020, le Dr Ngola fait un aller-retour au Québec.

Dans la mise à jour provinciale au sujet de la COVID-19 du 27 mai 2020, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, annonce un nouveau cas de COVID-19 et affirme qu’un professionnel de la santé irresponsable n’a pas été honnête quant aux raisons de son déplacement.

Le Dr Ngola est alors accusé par plusieurs d’être à l’origine d’une éclosion de COVID-19 dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Le 28 mai 2020, l’employeur du Dr Ngola, le Réseau de santé Vitalité, le suspend de ses fonctions.

Dans les semaines qui suivent, l'éclosion frappe un foyer de soins à Atholville puis l'Hôpital régional de Campbellton, infectant une quarantaine de personnes et causant deux décès.

Le Dr Ngola est sous protection policière et affirme être victime d'insultes raciales, d'attaques et de discours de haine.

Fin mai, la GRC indique mener une enquête pour déterminer s’il y a eu infraction en vertu de la Loi sur les mesures d’urgence.

Le Dr Ngola communique avec le cabinet EME le 1er juin 2020 et le cabinet embauche la firme d’enquête privée Haywood Hunt & Associates pour mener une enquête.

L’avocat du médecin suspendu demande au gouvernement, le 10 juin 2020, de se rétracter et d’offrir des excuses publiques.

Avec des informations du journaliste Nicolas Steinbach

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