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Roman Protassevitch : des aveux extorqués par la torture, dénoncent ses proches

L’Union européenne a décidé vendredi d'interdire l'accès de son espace aérien aux compagnies du Bélarus.

Gros plan sur le visage de Roman Protassevitch durant une entrevue avec la télévision d'État bélarusse.

Roman Protassevitch a été torturé, selon ses proches.

Photo : via reuters / ONT TV CHANNEL

Radio-Canada

Les proches du journaliste bélarusse Roman Protassevitch, arrêté après l'interception de son avion par le régime de Minsk, affirment qu’il a été poussé à des aveux « sous pression ». Dans une entrevue diffusée jeudi par la télévision d’État, le journaliste militant reconnaît avoir appelé à des protestations et fait l’éloge du président Alexandre Loukachenko.

Toutes les vidéos de ce genre sont tournées sous pression. Il ne faut même pas prêter attention aux mots, car ils sont dits après la torture... La tâche des prisonniers politiques est de survivre, a déclaré vendredi la cheffe de l'opposition bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa, après la diffusion des prétendues confessions la veille.

« À l'aide de la violence, vous pouvez faire dire à une personne ce que vous voulez. »

— Une citation de  Svetlana Tikhanovskaïa, cheffe de l'opposition bélarusse

Affichant des marques aux poignets, le cofondateur et ancien rédacteur en chef de la chaîne d’opposition Nexta a avoué avoir appelé à des manifestations antigouvernementales l'année dernière.

Roman Protassevitch a indiqué qu’il comprenait maintenant qu’il [le président Loukachenko] faisait ce qu’il fallait et qu’il lui vouait un grand respect.

À la fin de l'entretien d'une heure et demie, Roman Protassevitch s'est mis à pleurer en se couvrant le visage avec ses mains et a dit qu’il espérait pouvoir un jour se marier et avoir des enfants.

Roman Protassevitch couvre son visage des mains.

Le journaliste militant Roman Protassevitch a été arrêté à la fin du mois de mai après que son avion eut été dérouté par le régime de Minsk.

Photo : via reuters / ONT TV CHANNEL

Quand son hôte lui a demandé s’il craignait être extradé, il a répondu par l’affirmative en baissant les yeux.

Le père du jeune homme de 26 ans, Dmitry Protassevitch, a déclaré jeudi que la vidéo diffusée par la chaîne publique bélarusse ONT était le résultat d'abus, de tortures et de menaces.

« Je connais très bien mon fils et je pense qu'il n'aurait jamais dit de telles choses [...] Je suis très inquiet. »

— Une citation de  Dmitry Protassevitch, père de Roman Protassevitch

Ils l'ont brisé et l'ont forcé à dire ce qu'ils voulaient, a-t-il insisté, en ajoutant que cela lui faisait mal de regarder l'entrevue.

Le journaliste et militant Roman Protassevitch et son amie russe Sofia Sapéga ont été arrêtés quand leur vol de la compagnie Ryanair reliant Athènes, en Grèce, à Vilnius, en Lituanie, a été intercepté par un avion de chasse bélarusse.

Roman Protassevitch et Sofia Sapéga sont accusés d'avoir aidé à coordonner les manifestations historiques qui ont éclaté après la réélection contestée de M. Loukachenko en août dernier. Ces accusations pourraient mener à 15 ans de prison.

Interdiction de survoler l’espace aérien de l’UE

En réaction à cette situation, l'Union européenne (UE) a décidé vendredi d'interdire l'accès de son espace aérien aux compagnies du Bélarus et finalise de nouvelles sanctions contre le régime du président Alexandre Loukachenko.

La mesure réclamée à la fin du mois de mai par les dirigeants européens a été formalisée juridiquement vendredi et doit entrer en vigueur samedi.

Un Boeing 737-800 de la compagnie Belavia s'envole près de l'aéroport de Moscou.

La mesure touche en premier lieu la compagnie nationale Belavia.

Photo : Reuters / MAXIM SHEMETOV

Les dirigeants européens ont en outre demandé des sanctions individuelles contre les responsables du déroutement, fin mai, du vol de Ryanair et des sanctions économiques sectorielles contre le régime.

Deux séries de sanctions individuelles sont en cours de finalisation et devraient être approuvées la semaine prochaine. La première série comprend huit noms de responsables ou d'entités impliqués dans la décision de dérouter l'avion de Ryanair le 23 mai. La seconde compte plusieurs dizaines de noms de personnes ou d'entités impliquées dans la répression de l'opposition.

Les sanctions pourraient consister en une interdiction de visa et un gel d'avoirs détenus dans l'UE.

Sur le plan économique, l’UE explore deux pistes, soit de s’en prendre aux exportations de potasse et au transit du gaz russe, deux importantes sources de revenus pour le Bélarus.

Des options de sanctions pourraient être soumises aux ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept lors de leur prochaine réunion le 21 juin à Luxembourg.

Plusieurs États membres ont toutefois mis en garde contre l'impact sur la population. L'unanimité est requise pour l'adoption des sanctions européennes.

Avec les informations de Agence France-Presse, et BBC

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