•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Certains gènes des chiots influent sur leurs interactions avec l'humain

Un bébé beagle dans la rue.

Un bébé beagle.

Photo : iStock

Agence France-Presse

Les chiens sont bien connus pour leur capacité à saisir des indications humaines subtiles, mais les scientifiques tentent de comprendre si ce don est inné ou acquis par l'observation et l'entraînement.

Une nouvelle étude, publiée dans Current Biology, révèle que la génétique joue un rôle primordial dans les compétences de communication-coopération des chiens, et que certains démarrent leur existence avec un avantage sur d'autres dans ce domaine.

Le test clé consiste à mesurer à quel point les animaux comprennent les gestes, lorsqu'un humain pointe son doigt vers une direction ou un objet, a expliqué à l'AFP Emily Bray, chercheuse à l'Université d'Arizona et principale auteure de l'étude.

Des études passées ont montré que les chiens comprennent ces gestes bien mieux que les chimpanzés, les animaux les plus proches de l'homme.

Mais est-ce par la domestication, ou bien parce que, comme le dit Emily Bray, les chiens sont les premiers témoins de toutes nos interactions?

Pour répondre à la question, son équipe a testé l'hypothèse suivante : si ce trait de caractère est inné, il doit se trouver chez de jeunes chiots peu exposés à des humains.

Une organisation fournissant notamment des chiens aux personnes handicapées leur a procuré 375 labradors et golden retrievers. Nous connaissions ainsi leurs liens, ce qui nous a permis d'examiner la partie génétique, explique l'éthologue.

Comportement inné ou acquis?

Sur quelques années, l'équipe a procédé à des tests avec des chiots âgés de huit semaines et vivant encore avec leurs congénères.

Dans un des scénarios, un chiot était placé face à deux gobelets opaques retournés, dont un seul cachait une récompense alimentaire. La chercheuse commençait le test en lui disant : Petit chien, regarde tout en établissant un contact visuel avec lui, avant de pointer son doigt vers le bon gobelet.

Les animaux ont fait le bon choix deux fois sur trois (67 %), au-delà des 50 % qui seraient dus à la chance. Ils ont fait encore mieux (72 %) quand l'expérimentatrice plaçait un cube de couleur près du bon gobelet plutôt que de pointer son doigt dans sa direction.

Les chercheurs ont exclu la possibilité que l'animal se repose sur son seul odorat pour réussir, en constatant que quand ils restaient silencieux et immobiles, le chiot trouvait la récompense une fois sur deux, c'est-à-dire au hasard.

L'équipe a aussi mené des expériences d'intérêt pour l'humain lors d'un premier contact prolongé.

Les chiots se sont animés et ont approché l'expérimentatrice quand elle utilisait une voix haut perchée, identique à celle des parents avec un jeune enfant, avec des paroles d'encouragement telles que : Est-ce que tu es un bon chiot? Mais bien sûr!

Une analyse statistique a ensuite établi que les facteurs génétiques comptaient pour 43 % dans les différences d'aptitude des chiots à réussir le test. Un chiffre comparable à celui constaté chez les humains pour l'intelligence.

L'étude contribue à la compréhension de l'évolution d'un animal domestiqué il y a quelques dizaines de milliers d'années, selon son auteure.

Mais on ne sait toujours pas si nos ancêtres ont élevé des chiens pour leurs qualités spécifiques, ou si ces animaux ont naturellement accompagné les humains dans leur histoire, à la différence des loups.

La recherche devra aussi expliquer quels mécanismes sont à l'œuvre chez le chien pour expliquer comment l'animal paraît comprendre un geste, une parole ou même un regard.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !