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COVID-19 et santé mentale : comment retrouver le plaisir du câlin

Un jeune garçon se fait prendre dans les bras de sa grand-mère.

La présence physique, grande victime de la COVID-19, est très importante pour de nombreuses personnes.

Photo : iStock

Alors que, à travers le Canada, les provinces commencent à desserrer l’étau des restrictions sanitaires, de nombreuses personnes doivent réapprendre le contact physique avec les autres.

Pour certains, cela fait plus d’un an qu’ils n’ont pas enlacé les personnes qu’ils aiment.

Terri Leniuk, de Regina, n’avait pas pu serrer dans ses bras sa mère, Evelyn, placée en foyer de soins de longue durée, depuis novembre. Finalement, à la fin du mois de mai, elle a pu embrasser celle qui l’a mise au monde.

C'est une connexion différente, affirme Terri Leniuk. Nous avons été loin l’une de l’autre pendant si longtemps, à une époque où tout ce que nous voulions, c'était d'être ensemble, avec tant d'incertitude et tant de choses qui se passaient.

À Saint-Louis, un peu au sud de Prince Albert, Annette Labelle a perdu son mari au début de la pandémie. Si, à l’époque, elle a pu organiser ses funérailles, elle n’a cependant pas pu recevoir des câlins et d'autres signes de soutien alors qu’elle vivait un moment difficile.

Beaucoup de gens m’ont envoyé de la tendresse par courriel. Quand j’en rencontrais, on se donnait un coup de coude, raconte Annette Labelle. Mais je crois énormément dans le langage corporel.

Annette Labelle n’a également jamais rencontré sa petite-fille, née il y a 15 mois, sauf au travers des plateformes de visioconférence.

Cependant, elle a trouvé d’autres façons de transmettre son affection avec ceux qu’elle aime. J'ai toujours été capable de jaser avec les gens et de leur donner de petits noms affectueux, explique Annette Labelle. Je les appelle "mes beautés fatales", "minous d'amour", "les joies de ma vie". Toutes sortes de noms que je peux inventer.

On ne voit pas la bouche des gens [derrière le masque], mais leurs yeux sont plissés quand ils sourient, quand ils aiment ce qu'ils entendent.

Une citation de :Annette Labelle

Elle a hâte à la levée des restrictions cet été, mais elle dit aussi comprendre que certaines personnes restent hésitantes à l'idée d'embrasser leurs proches.

Pourquoi les câlins sont-ils importants?

Formatrice de premiers soins en santé mentale, Francine Proulx-Kenzle affirme que serrer quelqu’un dans ses bras constitue un geste de bienveillance.

Les câlins, dit-elle, permettent au cerveau de libérer de l'ocytocine, une des hormones du bonheur.

Cependant, la spécialiste estime que ce geste de bienveillance peut devenir une source d'anxiété après plus d'un an sans contact, une réaction qu'elle considère comme e tout à fait normale.

Francine Proulx-Kenzle sur une terrasse ensoleillée

Francine Proulx-Kenzle conseille de demander leur consentement aux gens qu'on veut enlacer. (archives)

Photo : Radio-Canada

Francine Proulx-Kenzle conseille aux personnes de communiquer entre elles avant de se toucher.

Je vais demander la permission avant de m'approcher pour un câlin et je vais faire mon possible pour être sensible à l'autre, explique la formatrice en santé mentale. Il faut être conscient qu'en ce moment l’autre personne n'est peut-être pas prête.

Francine Proulx-Kenzle rappelle l’importance de respecter l'espace des autres, de demander le consentement. Elle espère ainsi que la transition se fera en douceur.

Avec les informations de Geneviève Patterson

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