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Le NPD de l'Alberta, le parti qui a su retomber sur ses pattes

Rachel Notley, lors de son discours de défaite en 2019 à Edmonton.

Rachel Notley est restée chef du NPD après sa défaite aux élections de 2019.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

Deux ans après avoir perdu le pouvoir, le Nouveau Parti démocratique (NPD) albertain est en excellente santé politique. Ses intentions de vote, son financement et la popularité de sa chef atteignent tous des sommets, au point de faire espérer aux partisans réunis pour son congrès, cette fin de semaine, qu’ils pourraient reprendre la tête de l’Alberta en 2023.

Rachel Notley a causé la surprise en annonçant, le soir même de sa défaite en avril 2019, qu’elle demeurerait à la tête du NPD. Voir une première ministre demeurer à la tête de l’opposition est une rareté en politique canadienne, selon les observateurs politiques.

Les néo-démocrates ont poussé un soupir de soulagement. Rachel Notley demeure un des meilleurs atouts du parti et aucun successeur n’était apparent.

L'état du NPD en 2021

  • 24 sièges, ce qui arrive en 2e position de ses meilleurs scores
  • 1 186 245 $ récoltés au 1er trimestre de 2021
  • Un taux d'approbation de Rachel Notley au-dessus de 60 % depuis 2018

Sources : Élections Alberta, Trend Research et Janet Brown Opinion Research

Toutefois, au lendemain de sa défaite, il y a deux ans, la chef néo-démocrate était ébranlée. On aurait dit qu’elle était en état de choc, explique le politologue du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily.

Elle se comportait de façon puérile, avec des tentatives comme d’écrire à la lieutenante-gouverneure pour faire mettre de côté des décisions du gouvernement conservateur uni, se rappelle-t-il.

La pandémie a cependant permis au NPD de se remettre en selle. Ses critiques de la gestion de la pandémie de COVID-19 par le gouvernement Jason Kenney ont fait mouche. Au premier trimestre de 2021, le NPD a récolté le double du financement du Parti conservateur uni (PCU), du jamais vu.

Les cinq sondages les plus récents placent le NPD devant le PCU en termes d’intentions de vote. Si elles s’approfondissent, les fractures au sein du PCU peuvent paver la voie à une victoire néo-démocrate, comme en 2015.

Deux ans de défis

Le NPD perdra-t-il son élan lorsque la pandémie de COVID-19 sera chose du passé? Selon Zain Velji, stratège politique qui a notamment travaillé sur la campagne du NPD en 2019, le grand défi du parti sera d’offrir une vision nouvelle aux électeurs.

L’un des plus grands défis est d’offrir autre chose aux électeurs que de simplement leur demander un deuxième mandat.

Une citation de :Zain Velji, stratège politique

Il faut leur expliquer en quoi on ferait les choses différemment, explique-t-il.

La directrice de campagne de la firme Metric Strategies et ancienne directrice des communications de Rachel Notley, Leah Ward, croit que le parti devra avoir un message économique différent.

Une des erreurs que nous avons faites a été de nous concentrer trop sur la santé et l’éducation comme piliers d’une bonne économie. Les électeurs nous ont clairement dit qu’ils voulaient voir un plan économique élaboré selon des termes plus traditionnels, affirme Leah Ward. Toutefois, cela l'encourage de constater que le parti modifie son message en ce sens.

Le NPD doit donner des indications plus ou moins précises sur sa manière de gérer la dette et le déficit. C’est ça qui a plombé le message néo-démocrate lors de la dernière élection.

Une citation de :Frédéric Boily, professeur de sciences politiques, Campus Saint-Jean, Université de l'Alberta

Le congrès de cette fin de semaine sera d’ailleurs l’occasion de le faire, grâce aux résolutions présentées par ses associations de circonscription.

Ce message économique servira à persuader les Calgariens, où le parti commence à faire des percées. S’il veut gagner en 2023, il doit aussi reconquérir des régions rurales qu'il a perdues en 2019.

Rachel Notley qui porte un casque de construction devant des tuyaux de pipeline.

Lors de son mandat, Rachel Notley s'était fermement positionnée en faveur des pipelines et de l'industrie pétrolière albertaine.

Photo : Reuters

Zain Velji estime que la tâche de Rachel Notley pour les deux prochaines années est simple : parler des enjeux importants pour le NPD dans un langage qui n’est pas celui de sa base électorale. On appelle ça la politique de croisement, explique le stratège.

J’aimerais beaucoup voir le NPD parler de la responsabilité des Albertains d’être des meneurs dans le dossier des changements climatiques, mais avec un angle religieux. Ce serait fascinant. C’est ce qu’a fait Alexandria Ocasio-Cortez aux États-Unis, ajoute-t-il.

Leah Ward croit que le retour des campagnes en personne avec la fin de la pandémie permettra au parti de solidifier ses gains des derniers mois en allant à la rencontre des électeurs. Cela a toujours été une des forces de Rachel Notley, conclut-elle.

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