•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des agences de publicité redéfinissent leurs espaces de bureaux

Les agences lg2, Cossette et TACT ont réaménagé leurs espaces de bureaux à Montréal pour les rendre complémentaires au télétravail.

Les employés de lg2 intégreront leurs nouveaux espaces de bureaux dans le Technopôle Angus à Montréal lorsque les conditions sanitaires le permettront. À la lumière du succès du télétravail pour le travail individuel, cette salle a été reconfigurée pour permettre aux employés d'y venir dans le but, d'abord, de collaborer en équipe.

Les employés de lg2 intégreront leurs nouveaux espaces de bureaux dans le Technopôle Angus à Montréal lorsque les conditions sanitaires le permettront. À la lumière du succès du télétravail pour le travail individuel, cette salle a été reconfigurée pour permettre aux employés d'y venir dans le but, d'abord, de collaborer en équipe.

Photo : Radio-Canada

Les entreprises de services entrevoient peu à peu le jour où leurs employés pourront revenir au bureau après plus d'une année de télétravail. Mais chez des agences de communication marketing les plus en vue à Montréal, l'environnement de travail ne sera plus jamais le même. La pandémie aura été une occasion de le redéfinir.

Encore quelques travaux de finition et l'agence lg2 sera prête à accueillir ses 260 employés dans ses nouveaux bureaux du Technopôle Angus à Montréal, une fois les restrictions sanitaires levées. Mais les plans présentés avant la pandémie ne sont plus les mêmes, à la demande du chef de la direction Claude Auchu.

Visiblement, dit-il, on s'est rendu compte que l'après n'était plus pour être pareil. J’ai dit à notre architecte Hélène [Fortin] : il faut qu'on revoie nos plans et que ça réponde à un objectif. Pourquoi les employés vont revenir au bureau? Parce que là, on le voit, ça marche, et les gens peuvent travailler chez eux.

Le télétravail a convaincu la direction de diminuer les espaces envisagés de 45 000 à 40 000 pieds carrés. Son usage a aussi été repensé pour éliminer les bureaux assignés.

L’architecte de lg2, Hélène Fortin, explique que l’organisation du travail était autrefois divisée par groupes et expertises. C'était un problème pour nous, soutient-elle, parce qu'on essaie de créer des équipes multidisciplinaires pour que notre produit soit meilleur.

Les employés auront donc le choix de s'asseoir où bon leur semble selon l'ambiance du moment. Le hall d'entrée prendra les allures d'un café. Dans la salle principale, de grandes tables entourées de quelques chaises favoriseront la collaboration entre expertises. En périphérie se trouvent des salles pour se réunir formellement, de petits locaux pour se concentrer ou s'isoler, des sofas pour se rencontrer en mode décontracté, des îlots pour faire des remue-méninges et une terrasse pour travailler au grand air.

L'idée, c'était de répondre à tous les états d'esprit pour lesquels les gens voudraient venir au bureau.

Une citation de :Hélène Fortin, architecte, lg2

De nombreux endroits demeurent néanmoins étroits. Que faire en temps de pandémie? Au jour un de l’intégration des bureaux, il est prévu qu’ils soient octroyés à un nombre limité de personnes.

Autre agence, autre modèle

L’agence Cossette s’installera pour sa part avec ses 300 employés à compter de décembre dans les espaces locatifs de WeWork au centre-ville. Un peu comme à l'hôtel, le temps d'un projet pilote.

La société new-yorkaise WeWork, qui tente de se remettre de difficultés financières, offre des espaces de bureaux partagés en tout-inclus aux entreprises partout sur la planète – à quatre endroits à Montréal.

C'est une solution clé en main que nous offre WeWork, souligne Louis Duchesne, le président Québec et Est du Canada.

Ici aussi, il sera possible pour les employés de simplement choisir leur environnement en fonction du travail à accomplir, lors de leur passage.

En effet, face à l'incertitude et à l'engouement pour le travail à domicile, Cossette a ainsi choisi de ne pas renouveler son bail actuel, d'abaisser de 40 % son empreinte immobilière à Montréal et de miser sur la flexibilité de WeWork. Flexibilité dans la durée, dans l’espace dont on a besoin et dans les horaires de travail pour nos employés, précise M. Duchesne. Bref, de réduire son risque.

Il rappelle qu’on ne peut pas prédire avec exactitude quelle sera la nouvelle réalité du travail. D'après lui, le déménagement dans un immeuble où presque rien n'appartient à Cossette n'aura pas de conséquences sur l'affiliation au lieu de travail.

Le sentiment d'appartenance, ce n'est pas à des espaces physiques, mais à des gens. […] Après ça, que ce soit un édifice qui a le logo de Cossette ou pas à l'extérieur, je ne pense pas que c'est ça qui fait la grande différence.

Une citation de :Louis Duchesne, président Québec et Est du Canada, Cossette

D’abord, un lieu de rencontres

lg2 et Cossette ne sont pas les seules à avoir repensé à l’occupation de leurs espaces de bureaux. La firme de relations publiques TACT était aussi en réflexion sur l’avenir de ses installations dans le Vieux-Montréal quand la pandémie a frappé.

L’associé fondateur, Daniel Matte, révèle avoir sondé son personnel et compris qu’il y aurait une formule hybride qui continuerait après, donc des gens à la fois en télétravail et en présentiel.

L’idée d’avoir des bureaux individuels a conséquemment été abandonnée dans ce contexte : On a alors voulu un lieu de rencontres et de collaboration.

Les gens qui vont être ici à temps plein auront une place assignée, mais ceux qui viendront une fois par semaine ou aux deux semaines prendront une place disponible.

Une citation de :Daniel Matte, associé fondateur, TACT

Si des aires ouvertes constitueront la majeure partie du nouvel aménagement présentement en construction, des salles individuelles permettront à ceux qui ont besoin de tranquillité ou de confidentialité de s’y installer.

Espoir pour le centre-ville

L'histoire démontre, aux dires de l'expert en aménagement de l'Université de Montréal Jean-Philippe Meloche, que le télétravail finit toujours par devenir complémentaire au travail en présence.

Ceux qui l'ont testé ont fait des mouvements avance-recule, rapporte-t-il. On peut parler de réduction ou de transformation du travail, mais en même temps, il y a des fondamentaux qui vont rester, dont l'attache à des locations centrales dans les centres-villes.

M. Meloche ajoute que les meilleurs locaux, s’ils sont libérés, vont plaire à des gens qui vont venir les occuper à nouveau. Une suroffre pourrait éventuellement entraîner une baisse des loyers, mais il serait étonnant que les tours à bureaux se vident complètement.

Le centre-ville est moins exposé parce qu'avoir un bureau au centre-ville a un avantage que les bureaux de périphérie [en banlieue] n'ont pas. À ce moment-là, c'est plus facile à valoriser que des bureaux qui seraient moins bien situés.

Une citation de :Jean-Philippe Meloche, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal

Louis Duchesne de Cossette croit d’ailleurs qu’on peut très bien accomplir des tâches à la maison, se diriger au bureau plutôt vers 10 h, peut-être quitter à 14 h, parce qu'on aura organisé ses tâches en conséquence.

De quoi redonner foi à un retour à la vie progressif au cœur de la métropole.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !